La FIA et FOA truquent-t-elles les championnats ?

Quand fin 2005, la FIA annonce qu’elle a décidé d’autoriser les changements de pneumatiques, personne dans le petit monde de la F1 n'était dupe

Quand fin 2005, la FIA annonce qu’elle a décidé d’autoriser les changements de pneumatiques, personne dans le petit monde de la F1 n'était dupe. En effet, après une saison catastrophe, Ferrari s’est vue relancée pour 2006 avec cette règle, qui de ce fait favorise Bridgestone, son partenaire pneumatique.

Pourtant, en ce début de saison, Bridgestone a eu plus de mal que prévu, et le trio Michelin-Renault-Alonso a dominé le championnat. Alors certes, les nouveaux pneus japonais, conçus pour Ferrari et non pour Toyota et Williams font merveille, mais ceci n’est pas très sportif. En effet, à l’époque ou il était directeur technique, Mike Gascoyne avait demandé a Bridgestone des pneus plus tendres que ceux de Ferrari, et ne les a jamais reçus. Ce qui a provoqué la colère des dirigeants japonais qui ont noué un accord avec Yokohama, le concurrent nippon de Bridgestone. Résultat, les Toyota vont mieux, car les pneus sont adaptés à la TF106B, Jean Todt voulant que Ferrari dispose de ses propres pneus.

Ce qui choque, c’est l’attribution du monopole des pneus pour 2008, car d’après GoodYear, cela n’aurait pas été tout à fait dans l’ordre des choses. Pour le N°3 mondial, le monopole n’avait rien à voir avec la technique, mais avec le sponsoring. En effet, Bridgestone dépense cette année pour apparaitre sur le bord de piste $30m à ‘All Sport’, société amie de Bernie Ecclestone, alors que Michelin n’en dépense que $15m environ. Résultat, Bridgestone dépensera $200m à partir de 2008, avec une enveloppe de $60m en sponsoring, minimum.

Donc la fameuse appelle d’offre de la FIA était presque déjà acquise pour Bridgestone, alors que GoodYear avait mis sur la table $100m d’après les estimations. Au GP d’Allemagne, la FIA décide que le 4ème amortisseur de la Renault (utilisé depuis le Brésil 2005) est illégale. Curieusement d’ailleurs, on n’a parlé que de l’équipe française, alors que Ferrari utilise le même système depuis Barhain en début de saison. Alors est ce que la Scuderia n’arrive pas à le faire fonctionner et a demandé, comme à l’époque des suspensions actives, de faire supprimer le système ?

Concernant l’aspect financier, Bernie Ecclestone a toujours dit qu’une victoire de Ferrari en championnat du monde valait pour la F1 mieux en publicité qu’une autre victoire d’une autre équipe. D’ailleurs, la victoire de Renault l’année dernière lui a donné raison, tellement le constructeur n’a pour ainsi dire pas communiqué sur son titre durant l’hiver.

De plus, les télévisions allemande et italienne dépensent respectivement $90m et $55m par an pour diffuser les GP (TF1 ne dépense que $25), et l’année dernière le duel Alonso-Räikkönen a fait chuter leur audience de 20 %, passant de 10 millions de moyenne pour ces deux pays à tout juste 8 millions de téléspectateurs (TF1 n’en a que 4 millions à 14h). Donc on peut comprendre que ces deux diffuseurs que sont RTL et la RAI n’aient pas été satisfaits par 2005 mais l’année 2006 a fait remonter les scores… surtout depuis la victoire de Schumacher à Imola.

Beaucoup de questions peuvent se poser pour comprendre le petit monde de la F1, où argent, image et pouvoir politique s’entrechoquent. Le fossé entre les fans et la F1 se creuse de plus en plus et peut-on vraiment penser, après les déclarations de Bernie Ecclestone annonçant qu’il était contre les sondages d’opinions, que ce sport a besoin de nous, spectateurs et téléspectateurs pour vivre ?

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A propos de cet article
Séries Formule 1
Pilotes Mike Gascoyne , Jean Todt , Bernie Ecclestone
Équipes Williams , Ferrari
Type d'article Actualités