Ronnie Kessel - "La Suisse peut donner beaucoup aux sports mécaniques"

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Ronnie Kessel -
Gabriele Testi
Par : Gabriele Testi , Rédacteur en chef Motorsport.com Switzerland
5 févr. 2017 à 13:08

Le dirigeant d’équipe et pilote du Tessin revient sur ses succès, collectionnés dans le monde entier et dans les différentes catégories du GT, entre autre grâce à l’héritage de son père Loris et à une équipe particulièrement unie…

Valentino Rossi
#65 Kessel Racing Ferrari 458 Italia : Alexis de Bernardi, Loris Capirossi, Nicola Cadei
#65 Kessel Racing Ferrari 458 Italia: Alexis de Bernardi, Loris Capirossi, Nicola Cadei
#11 Kessel Racing, Ferrari 488 GT3: Michal Broniszewski, Alessandro Bonacini, Andrea Rizzoli, Giacomo Piccini
#888 Kessel Racing, Ferrari F458 Italia GT3: Marco Zanuttini, Liam Talbot, Vadim Glitin, Nicola Cadei
#11 Kessel Racing Ferrari 458 Italia GT3: Michal Broniszewski, Andrea Rizzoli, Alessandro Bonacini
#11 Kessel Racing, Ferrari 488 GT3: Michal Broniszewski, Alessandro Bonacini, Andrea Rizzoli
Podium : le vainqueur Thomas Loefflad, StileF Squadra Corse; le second Rick Lovat, Kessel Racing; le troisième Matt Keegan, Ferrari of San Francisco; Manuela Gostner, Ineco - MP Racing
Rick Lovat, Kessel Racing
Fons Scheltema, Kessel Racing
Rick Lovat, Kessel Racing
Podium : le vainqueur Thomas Loefflad, StileF Squadra Corse; le deuxième, Vladimir Hladik, Baron Service; les troisièmes, Rick Lovat, Kessel Racing; Corinna Gostner, Ineco - MP Racing avec James Calado; Sam Bird; Davide Rigon
Fons Scheltema, Kessel Racing
Joshua Cartu, Kessel Racing
Rick Lovat, Kessel Racing
Fons Scheltema, Kessel Racing
Fons Scheltema, Kessel Racing
Joshua Cartu, Kessel Racing
#888 Kessel Racing, Ferrari 458 Italia GT3: Marco Zanuttini, Vadim Gitlin, Liam Talbot
Podium PRO-AM Cup: Les vainqueurs #66 Black Pearl Racing, Ferrari 458 Italia GT3: Steve Parrow, Alexander Mattschull, Daniel Keilwitz; les deuxièmes #11 Kessel Racing, Ferrari 488 GT3: Michal Broniszewski, Alessandro Bonacini, Andrea Rizzoli; les troisièmes #74 ISR, Audi R8 LMS: Philippe Giauque, Henry Hassid, Franck Perera
#11 Kessel Racing, Ferrari 488 GT3: Michal Broniszewski, Alessandro Bonacini, Andrea Rizzoli
#888 Kessel Racing, Ferrari F458 Italia GT3: Marco Zanuttini, Liam Talbot, Vadim Glitin, Nicola Cadei
#888 Kessel Racing, Ferrari F458 Italia GT3: Marco Zanuttini, Liam Talbot, Vadim Glitin, Nicola Cadei
#111 Kessel Racing, Ferrari 458 Italia GT3: Stephen Earle, Bernard Delhez, David Perel
Podium Pro Am : les vainqueurs #11 Kessel Racing Ferrari 488 GT3: Michal Broniszewski, Giacomo Piccini, les deuxièmes, #87 AKKA ASP Mercedes AMG GT3: Jean-Luc Beaubelique, Morgan Moullin-Traffort, les troisièmes, #89 Akka ASP Mercedes AMG GT3: Christophe Bourret, Jean-Philippe Belloc
#11 Kessel Racing Ferrari 488 GT3: Michal Broniszewski, Giacomo Piccini
#111 Kessel Racing Ferrari 458 Italia: Stephen Earle, Bernard Delhez, David Perel
#11 Kessel Racing, Ferrari 488 GT3: Michal Broniszewski, Andrea Rizzoli, Alessandro Bonacini
#11 Kessel Racing Ferrari 488 GT3: Michal Broniszewski, Giacomo Piccini
Podium de la catégorie Pro-AM : Les ueurs Michal Broniszewski, Andrea Rizzoli, Alessandro Bonacini sur la Ferrari 488 GT3 #11 du Kessel Racing; les deuxièmes Ishikawa Motoaki, Lorenzo Bontempelli, Giancarlo Fisichella sur la Ferrari 488 GT3 #53 AF Corse ; et les troisièmes Steve Parrow, Alexander Mattschull, Daniel Keilwitz sur la Ferrari 458 Italia GT3 #66 du Black Pearl Racing,
Un camion Kessel Racing
888 Kessel Racing Ferrari 458 Italia GT3
#11 Kessel Racing Ferrari 488 GT3: Michal Broniszewski, Giacomo Piccini
#11 Kessel Racing Ferrari 458 Italia GT3
#11 Kessel Racing Ferrari 458 Italia: Davide Rigon, Andrea Piccini, Michael Broniszewski
#11 Kessel Racing Ferrari 458 Italia: Davide Rigon, Andrea Piccini, Michael Broniszewski
#11 Kessel Racing Ferrari 458 Italia: Davide Rigon, Andrea Piccini, Michael Broniszewski

Ronnie Kessel et la constellation de sociétés qui portent son nom et celui de son père Loris, prématurément disparu en 2010, s’attend à une année 2017 chargée des meilleures perspectives et des auspices les plus optimistes. Ils comptent sur la double affirmation en une année dans les deux compétitions les plus emblématiques des voitures historiques, le Rallye et le Grand Prix de Monte-Carlo ainsi qu’une exceptionnelle année 2016 vécue dans le Grand Tourisme et le Challenge.

L’atelier, fondé à l’époque dans la périphérie de Lugano par un parent capable de rajeunir le sport mécanique helvète, et qui s’articule aujourd’hui dans les secteurs du Racing, du Concessionnaire, de l’Organisation d’Événements, de Service et Classic, compte un total d’une soixantaine d’employés. Il récolte les succès de manière étonnante, en Suisse et pas seulement, aussi bien dans les activités sportives, avec la marque Ferrari, que dans les autres opérations liées à la production de série pour les marques Bentley, Maserati et Pagani.

Le moment saisonnier, qui se situe entre une année à peine achevée à Daytona et un lendemain qui doit encore être écrit, couronné par le succès de l’Ensign N176-Ford d'Alex Caffi dans les rues de la Principauté et du succès de Ronnie Kessel et de Daniele Perfetti autour de Monaco avec une Renault Alpine A110, nous offre la possibilité d’entamer une conversation exhaustive avec l’entrepreneur du Tessin qui soufflera ses trente bougies cette année.

Tout de suite une question de nature psychologique : comment est-ce que Ronnie Kessel se décrirait lui-même, s’il n’avait à disposition que trois adjectifs, et pourquoi ?

Je dirais déterminé, ambitieux et amoureux. Déterminé parce que je ne m’arrête jamais devant les obstacles pour atteindre un objectif que je m’étais fixé. Ambitieux, parce que je crois qu’il ne faut jamais se contenter de ce qu’on a, il faut plutôt élargir ses horizons avec de nouvelles activités et de nouvelles initiatives. Amoureux, du monde des moteurs, dans toutes ses facettes.

D’un point de vue entrepreneurial, quelles sont les excellences commerciales et agonistiques du groupe de sociétés concentrées dans l’atelier historique aux portes de Lugano ?

Différentes réalités coexistent à l’intérieur de la réalité Kessel : l’Écurie Racing, la Concessionnaire Auto avec Ferrari, Maserati, Bentley et Pagani, le département Organisation d’Événements (sur la piste et dans le cadre unique du showroom), le Service, que ce soit pour les voitures de course ou pour les voitures de route, et le département Classic, dédié à la restauration des voitures historiques. Le très haut niveau de spécialisation de chacun de nos départements permet à nos clients, amoureux des quatre roues, d’avoir un point de référence à 360 degrés, avec l’assistance constante de figures de référence de haut profil et avec une très grande expérience.

Cette année, l’écurie Kessel Racing a fait le plein de titres en Blancpain Endurance Series et en Blancpain GT Series dans deux catégories différentes, PRO-AM et AM. Quelles sont vos sensations au lendemain de ce doublé ?

Monter sur le podium des vainqueurs d’un championnat comme celui de Blancpain Endurance Series est une joie immense, qui célèbre l’excellent travail accompli ces dernières années par notre équipe. De plus, voir le nom de nos pilotes et de notre écurie inscrits sur le tableau d’honneur couronne un rêve qui s’est enfin réalisé.

Est-il possible d’identifier un secret spécifique dans la conquête du championnat par le trio Michal Broniszewski-Alessandro Bonacini-Andrea Rizzoli, survenu dans la spécialité réservée aux courses de plus longue durée et dans le regroupement des pilotes mixtes ?

Le secret est le mariage entre le travail d’équipe, les sacrifices et la passion. Les pilotes affrontent la piste avec une forte concentration et un extrême effort physique et nous, en tant qu’équipe, nous nous devons de leur garantir une parfaite mise au point du véhicule et une prompte assistance. Chacun a son rôle, comme les engrenages d’une machine : si tout est huilé et synchronisé, on obtient un rendement optimal… Et cette année nous pouvons être absolument satisfaits du résultat !

Que pouvez-vous dire, par contre, de la victoire quasi simultanée de Liam Talbot, Marco Zanuttini et Vadim Gitlin parmi les Amateurs de la même série Endurance ?

Un grand résultat, atteint grâce à l’ensemble des points obtenus avant la dernière course ! Lors de la dernière épreuve, nos pilotes n’ont intelligemment jamais pris de risques, réussissant ainsi à gérer leur avantage et à remporter le titre de champion malgré la sixième place.

Qu’est-ce qui a manqué à Stephen Earle pour obtenir le laurier dans la GT Sport Club ? S’agit-il seulement d’un mauvais épisode lors de la dernière épreuve ?

Je pense que Earle méritait de recevoir le titre de l'Iron Cup, après une saison qui l’a vu lutter contre son adversaire Martin Lanting avec le couteau entre les dents. Malgré la victoire de la première course, tous nos efforts ont été malheureusement ruinés par une crevaison qui a permis à notre rival de nous doubler et de dépasser Stephen d’un seul point !

Quel bilan Ronnie Kessel fait-il de l’engagement de son équipe en Ferrari Challenge ?

Nous avons eu une année fantastique et les Finales Mondiales de Daytona ont clos à la perfection le cycle de nos succès. Rick Lovat et Fons Scheltema ont été extrêmement compétitifs et Jacques Duyver a montré, en plus de son talent, une grande détermination dans une catégorie qui n’était pas la sienne, comme celle du Trophée Pirelli AM.

Quels sont les objectifs de celle qui est considérée comme une des écuries suisses de pointe lors de la prochaine saison de championnats organisés par Stéphane Ratel ? Est-ce que vous prévoyez d’autres rendez-vous sportifs ?

Nous n’avons qu’un seul objectif : gagner ! Ces dernières années, nous avons réussi à obtenir de nombreux succès, mais ce qui est important, c’est de toujours analyser les points que nous pouvons perfectionner ultérieurement.

Que reste-t-il aujourd’hui de l’équipe qui, lors de la course de 2003, il y a maintenant 14 ans, remporta les premiers titres de son histoire et du palmarès dans les Classes N-GT en France et en Italie ?

Durant ces dernières années, les voitures ont changé et les pilotes se sont succédés, mais la passion et le dévouement pour le monde de la compétition sont restés les mêmes. Les courses sont depuis toujours dans mon ADN et dans celui de Kessel Racing, grâce à l’enthousiasme que j’ai hérité de mon père. Les circuits sont notre seconde maison.

Comment est-ce que vous raconteriez aujourd’hui la réalité que vous avez héritée de votre papa, le regretté Loris, que vous avez par la suite renforcée ? À quel point le défi que la vie vous a présenté a-t-il été difficile ?

Je ne peux pas nier que ces années ont été chargées : je me suis retrouvé à l’improviste à devoir gérer ce qu’il avait créé avec tant d’efforts et de passion. Heureusement, mon père avait établi un magnifique rapport avec ses collaborateurs les plus proches et c’est justement grâce à leur aide que j’ai réussi à sauvegarder ce qu’il avait construit et à développer notre activité. Sans eux, je n’y serais pas arrivé.

Qu’est-ce qui vous manque le plus de votre père et qu’est-ce que vous voudriez lui dire si vous pouviez lui parler, sept ans après sa disparition ?

Mon père m’a tout enseigné. Ce qui me manque surtout, ce sont ses conseils et le fait de pouvoir partager avec lui notre passion pour les quatre roues. Je voudrais lui dire qu’il me doit encore une revanche de notre première course ensemble… et cette fois-ci je ne me ferai pas battre aussi facilement.

Le rapport de longue date entre Ferrari, d’une part, et Kessel Racing et Kessel Auto, d’autre part, est solide et enrichissant : comment pourrait se développer ultérieurement cette guilde ?

L’histoire d’amour avec Ferrari a commencé en 1994, lorsque nous sommes devenus les concessionnaires officiels pour la Suisse, et elle s’est consolidée au fil des années avec la participation de l’équipe Kessel lors du Ferrari Challenge et lors des championnats Grand Tourisme. En 2006, nous avons aussi développé la création d’une version GT3 sur base Ferrari F430 Challenge, destinée à participer dans cette catégorie qui, en quelques années, est devenue une des plus titrées. En ce qui concerne le présent, nous sommes en piste avec la 488 et nous ne manquerons certainement pas de nouveautés et de développements en 2017.

Pouvons-nous imaginer de futurs rendez-vous agonistes avec d’autres marques commercialisées par la concessionnaire du Tessin, comme Bentley, Maserati ou Pagani ?

Avec Ferrari, depuis maintenant de nombreuses années, il existe un lien fort, professionnel et surtout émotionnel : c’est pour cela que nous voulons concentrer nos ressources pour continuer à construire une histoire de victoires avec le Cheval Cabré !

Valentino Rossi, il y a quelques années, et Loris Capirossi, plus récemment, ont participé à des courses GT pour Kessel Racing. Comment s’est déroulée l’aventure avec ces pilotes au top et comment expliquez-vous cette correspondance de sens amoureux avec ces champions ?

Cette collaboration avec des pilotes de première classe a été une expérience extrêmement utile pour notre équipe. Le fait de partager leurs idées et leurs opinions nous a aidés à perfectionner chaque moindre détail de la performance. Ils sont exceptionnellement rapides à apprendre, ce sont des champions même sur des véhicules auxquels ils ne sont pas habitués.

Selon vous, quel est l’état de l’art des relations diplomatiques, pour ainsi dire, entre la Suisse, le pays où vous vivez, travaillez et où vous avez vu le jour, et les sports mécaniques ? Qu’est-ce que la Confédération Helvétique pourrait donner aujourd’hui aux courses automobiles, et vice-versa ?

En Suisse, il y a beaucoup d’attention portée à la sécurité et à la tutelle des personnes et de l’environnement. Il serait utile de réussir à concilier ces principes avec l’organisation de plusieurs événements liés aux sports mécaniques. Une initiative que je voudrais pouvoir réaliser est la Formule E, et pourquoi pas justement à Lugano. La Suisse peut offrir beaucoup au monde des courses : une parfaite organisation et des itinéraires extraordinaires, pour n’en citer que quelques-uns, seraient la clé pour des événements de grand succès.

Vous avez aussi été un pilote victorieux. Êtes-vous nostalgique de l'époque où vous portiez votre combinaison, votre casque et que vous descendiez sur la piste, ainsi que des… douches de champagne ?

La réponse est bien évidemment que oui ! Avant une course, le cerveau se concentre seulement sur l’asphalte qui s’étend sous tes yeux. Tu ne penses qu’à appuyer le pied à fond sur l’accélérateur… et, parfois, te souvenir de freiner ! Un tour après l’autre, tu es emporté par des émotions indescriptibles, uniques : tu deviens un avec ta voiture. Et puis, si tout s’est bien déroulé… douche de champagne ! Maintenant, comme dirigeant d’équipe, je vis les émotions d’un autre point de vue : ce sont les pilotes et toute l’équipe qui me les offrent avec nos succès.

Qu’est-ce que vous aimez du monde des voitures historiques et quelles ont été les plus grandes satisfactions que vous pensez avoir obtenues ?

J’aime la sensation de revivre une époque où le rapport entre la voiture et le conducteur n’était pas ‘filtré’ par l’électronique. La plus grande satisfaction a certainement été de réussir à gagner, en un an, à Monte-Carlo aussi bien le Rallye Historique [auprès de Daniel Perdetti au volant d’une Renault Alpine A110, ndlr] que, avec le grand pilote Alex Caffi [à bord d’une Ensign N176-Ford, ndlr], la Formule 1 Historique. Il n’est pas nécessaire d’ajouter qu’il s’agit ici de podiums que je chérirai dans ma mémoire. Ils m’ont offert de très grandes émotions dans le cadre d’un lieu magique comme Monte-Carlo.

En-dehors du Rallye et du Grand Prix de Formule 1 qui concernent des voitures d’antan appartenant notamment à des collectionneurs, que devons-nous nous attendre dans le futur de la part de la division Kessel Classic ?

Nous continuerons certainement de participer à des compétitions d’époque et à restaurer des voitures anciennes : c’est une immense satisfaction que de pouvoir ramener ces joyaux de la mécanique à leur splendeur originale.

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Équipes Kessel Racing
Auteur Gabriele Testi
Type d'article Interview