Étienne Lavigne - "Pas un Dakar ne ressemble au précédent"

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Étienne Lavigne -
Par : Jean-Philippe Vennin
22 déc. 2015 à 18:00

Après être revenu sur les difficultés rencontrées pour concevoir le parcours de l'édition 2016, le Directeur du Dakar détaille dans un entretien exclusif ce qui en fera la spécificité.

Étienne Lavigne
#302 Peugeot: Stéphane Peterhansel, Jean-Paul Cottret
#315 Toyota: Bernhard Ten Brinke, Tom Colsoul
#314 Mini: Erik van Loon, Wouter Rosegaar
#504 Iveco: Hans Stacey, Serge Bruynkens, Bernard Der Kinderen
Stéphane Peterhansel avec Etienne Lavigne
#301 Mini: Nasser Al-Attiyah, Mathieu Baumel
#343 Toyota: Jun Mitsuhashi, Alain Guehennec
#1 KTM: Marc Coma
#510 Maz: Siarhei Viazovich, Pavel Haranin, Andrei Zhyhulin
Cyril Despres
#312 SMG: Philippe Gache, Jean-Pierre Garcin
#274 Honda: Kees Koolen ; #156 KTM: Sakir Senkalayci
#334 Mini: Stephan Schott, Holm Schmidt
Zone de l'équipe Kamaz Master

Avant de partir pour l'Amérique du Sud, préparer cette édition toute proche désormais mais aussi les suivantes, Étienne Lavigne a expliqué à Motorsport.com en quoi le Dakar 2016 sera différent des autres, rappelant en préambule que cette différence est un élément primordial.

Notre philosophie quand on prépare un Dakar, c'est de surprendre les concurrents. Il n'y a pas un Dakar qui ressemble au précédent,” assure-t-il. “Notre marque de fabrique, d'une année à l'autre, c'est vraiment de changer, de surprendre, – avec de nouvelles étapes, de nouvelles géographies, de nouvelles conditions de course.”

Après une telle entrée en matière, on est impatient d'en savoir plus. Écoutons le Directeur du Dakar parler de ce cru 2016.

Deux semaines différentes

Cette année, on aura un début de première semaine plutôt roulant. Ensuite, à la fin de celle-ci, on va monter en altitude. La course va se dérouler sur des plateaux andins, entre 3600 et 4600 km d'altitude. Il n'y a jamais eu de course auto à ces altitudes-là. Il y aura des environnements très particuliers, au niveau de l'altitude mais aussi du climat, ce qui va la rendre plus compliquée.”

Ça, c'est pour la première semaine. C'est quand même très nouveau pour beaucoup de concurrents. Et la deuxième semaine va être celle des étapes beaucoup plus “Dakar” avec navigation, sable, franchissements et dunes. Et c'est le mélange de ces deux semaines qui va être la vraie curiosité.”

Le maître-mot, ce sera : s'adapter. Les concurrents devront le faire à chaque journée qui sera très différente des autres. On va avoir toutes les conditions météorologiques que l'on peut rencontrer à cette époque de l'année. Du vent, du sable, de la boue, même de la neige. Tout cela va durcir la course, tous ces terrains nouveaux et en altitude. Le contexte sera donc un peu particulier.”

Des étapes de deux jours

Comme si cela ne suffisait pas, l'organisation s'est aussi attachée à renforcer ce qui fait l'esprit du Dakar à travers quelques spécificités. À commencer par des étapes marathon disputées sur deux jours.

Il y en aura deux : une pour tous dans la première semaine, et une autre pour les motards la deuxième semaine,” dit Lavigne. “Le principe est qu'il n'y a pas d'assistance le premier soir. Les ingénieurs, les mécanos ne sont plus là, les kinés et les ostéos non plus. Tous seront partis.

Le concurrent arrive, fait son plein d'essence à la fin de sa journée de course, met son véhicule en parc fermé et n'a pas le droit d'intervenir dessus. Le lendemain, il le récupère dans le même état.”

Si ce découpage risque d'être particulièrement pénible pour les amateurs, notamment ceux qui arriveront plus tard et/ou auront galéré le premier jour, il a le mérite de remettre d'une certaine façon tout le monde à égalité, ou en tout cas dans des conditions plus proches.

Catégories mélangées

Un nouveau format va également être adopté sous la forme d'un ordre de départ inédit.

Sur l'une des étapes en Argentine, on va prendre les dix meilleures voitures de la journée de la veille, les cinq meilleures motos et les cinq meilleurs camions. Et on va les faire partir dans l'ordre de leurs chronos de la veille. Ils vont donc être mélangés. On pourra avoir trois motos, une voiture, deux motos, deux autres voitures, un camion....”

Les autres prendront le départ après ce groupe de 25 concurrents. Bref, les “top guns” seront engagés en premier dans une spéciale qui sera très difficile : 270 km de sable dans un environnement extrêmement désertique, très dur, pas très chaud.”

L'objectif avoué est, selon les propres termes de l'organisateur, de perturber les tactiques de course et créer de l'incertitude au niveau sportif.

C'est une chose de courir à six heures du matin dans le sable, c'en est une autre de le faire à 11 heures, car le sable n'est pas le même en fonction de la température,” dit-il. “Pour les copilotes, il faudra découvrir l'itinéraire, la course sans traces car il n'y aura pas l'intégralité de celles des motos qui auront fait le parcours avant. Pour les camions, qui partent toujours en dernier, c'est aussi les mettre un peu sous l'éclairage des médias. Alors que ce sont des camions très performants : si on les mélange aux voitures, les meilleurs sont toujours aux alentours de la 12e place. Ils sont plus performants que beaucoup des voitures du plateau.”

C'est toute la difficulté : le Dakar est à la fois une course de vitesse et une course d'orientation et de navigation.

Étienne Lavigne, Directeur de l'épreuve

La navigation, et en particulier “à vue”, ne sera pas en reste puisque le choix a été fait cette année de lui accorder plus de place en donnant moins de précisions sur le parcours.

Le road-book n'a pas changé (il donne les kilométrages, kilométrages intermédiaires, caps, indications sur les dangers et repères) mais on va donner moins d'informations qu'avant aux pilotes et aux copilotes,” dit Lavigne. “Avant, on leur donnait des résumés, des descriptifs d'étape très détaillés. Ils auront moins de ces informations qui leur donnaient un peu la teneur de la spéciale. Ça va déjà les dérouter un peu.”

Je rappelle aussi que depuis des années, le GPS fourni aux concurrents est inerte. Il ne se met en mode GPS, ne s'oriente sur l'endroit à atteindre que quand il s'en rapproche. C'est-à-dire que 97% du temps, il ne sert pas, ce n'est qu'une boussole qui vous indique le cap que vous suivez. Il s'active à l'approche des points que vous devez rallier, dans un rayon d'un peu moins de deux kilomètres. Là, il vous emmène jusqu'au point que vous devez atteindre.”

C'est toute la difficulté : le Dakar est à la fois une course de vitesse et une course d'orientation et de navigation. C'est ce qui fait que les copilotes ont un rôle spécial.”

De fait, les concurrents auront l'obligation de passer par tous les waypoints jalonnant le tracé de chaque étape.

Ceux-ci sont indiqués dans le road-book mais pour les rejoindre, le GPS s'active, ce qui déclenche la validation de votre passage,” précise Lavigne. “Si vous passez à côté et ne validez pas, vous aurez une pénalité de temps et vous perdrez des places dans le classement.”

Propos recueillis par William Zinck

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