Touché par l'hystérie des réseaux sociaux, Giniel de Villiers se défend

Au cœur de la polémique lors de la première semaine du Dakar, Giniel de Villiers a depuis été blanchi de la plus grosse des deux infractions qui lui était reprochées. Et le Sud-Africain en a profité pour mettre les choses au clair, avec beaucoup de franchise.

Touché par l'hystérie des réseaux sociaux, Giniel de Villiers se défend

En cette journée de repos à Riyad, Giniel de Villiers ne cache rien. Le Sud-Africain reconnaît qu'il vient de vivre "des jours très difficiles", au terme d'une première semaine du Dakar durant laquelle il a été impliqué dans deux incidents avec des motards, lors des deux premières étapes.

Bien malgré lui, le vainqueur de l'édition 2009 a fait les gros titres et il a été sanctionné à deux reprises : d'abord de cinq minutes de pénalité, puis de cinq heures. Une punition à première vue exemplaire mais qui avait été prononcée, pour le second incident, sans disposer de toutes les preuves. Et c'est ainsi que Toyota a pu faire annuler la sanction en faisant appel avec succès.

Avant la deuxième moitié du Dakar 2022, Giniel de Villiers et son copilote Dennis Murphy sont ainsi de retour dans le match. Ils pointent à la quatrième place du général, avec seulement trois minutes de retard sur Yazeed Al-Rajhi, dauphin de Nasser Al-Attiyah. Et c'est avec toute cette mauvaise histoire enfin derrière lui que le duo est décidé à se lancer dans les six prochaines étapes, après avoir parfois eu du mal à encaisser des critiques injustes.

"Bien sûr que c'est dur", explique Giniel de Villiers dans un entretien accordé à Motorsport.com. "Et vous savez, les insultes que l'on reçoit sur les réseaux sociaux, et même les menaces de mort, c'est incroyable. C'est la première fois que je vis quelque chose comme ça. Je dois dire que ce n'est pas vraiment agréable. Je sais que ça vient de personnes qui ne connaissent pas la situation, qui ne savent rien, qui ne sont pas là. Ils sont chez eux et c'est très facile de commenter quelque chose quand on ne connaît pas vraiment les faits. Mais c'est quand même assez contrariant de voir ça, ce n'est pas agréable. Je suis content que ce soit derrière nous. Et j'ai parlé aux deux motards, ce sont des types très sympas. Je leur ai présenté toutes mes excuses pour ce qui s'est passé. Même si parfois… là où nous courons, c'est extrêmement difficile."

Ce qui n'est pas dans l'esprit du Dakar, c'est ce qui s'est passé ces deux derniers jours. 

Giniel de Villiers

Revenant sur les deux incidents survenus lors de la première et la deuxième étape, plus particulièrement le second, Giniel de Villiers explique que le système Sentinel qui avertit les concurrents de la présence d'un autre était partiellement défaillant, et qu'il s'était d'ailleurs ému de cette situation auparavant.

"Je pense toujours que nous devons essayer d'améliorer la sécurité, encore plus s'il y a des motos et des voitures sur le même parcours dans des dunes, c'est incroyablement difficile", plaide-t-il. "Le système Sentinel sur ma voiture n'a pas fonctionné non plus, ce dont nous nous sommes plaints dès le début de la première étape. Nous avons été retardés de 12 minutes au départ de la première étape car ça ne fonctionnait pas correctement, donc nous n'entendions pas tout le temps l'alarme. Ils l'ont finalement réparé il y a deux jours. Ils se sont rendu compte qu'il ne fonctionnait pas correctement et que nous ne pouvions pas recevoir l'avertissement dans une telle situation. J'ai juste eu beaucoup de chance qu'au dernier moment, quand j'ai franchi la dune avec le deuxième gars, je l'ai instinctivement évité, car il n'y avait aucun moyen de le voir derrière la dune."

Dennis Murphy et Giniel de Villiers.

Dennis Murphy et Giniel de Villiers.

"Le plus important, c'est que tous les deux vont bien. Le premier est toujours en course. J'ai parlé avec lui, il comprend totalement. Et le deuxième, je suis désolé pour lui car sa moto a été endommagée et il ne pouvait pas continuer. Nous ferons en sorte qu'il ait une moto pour l'an prochain et nous paierons son inscription. C'est la première fois qu'il fait le Dakar et il ne peut pas aller au bout. Même si après avoir nous-mêmes mené notre enquête, il semble que d'autres voitures ont aussi roulé sur la moto. De notre côté, nous ferons en sorte de rectifier la situation et nous lui donnerons la chance d'être sur le Dakar l'an prochain. C'est le minimum que l'on puisse faire et c'est l'esprit du Dakar. Ce qui n'est pas dans l'esprit du Dakar, c'est ce qui s'est passé ces deux derniers jours, et c'est malheureux, mais nous essayons de mettre ça derrière nous et de nous concentrer."

Se recentrer enfin sur la course

Il y a dix jours, Giniel de Villiers était arrivé en Arabie saoudite in extremis, après avoir contracté le COVID-19 et attendu un test enfin négatif pour être autorisé à voyager. Entre ce presque forfait et les événements de la première semaine, le pilote de 49 ans admet malgré toute son expérience avoir vécu jusqu'à présent son Dakar le plus compliqué.

"Émotionnellement et mentalement, c'est vraiment le plus dur que j'aie jamais fait", confirme-t-il. "Avant le Dakar j'ai eu le Covid et il était très difficile de savoir si j'allais y arriver et être prêt. Heureusement, j'étais négatif une semaine avant la course. Même si j'avais toujours des symptômes lors des premiers jours de course. Maintenant ça va très bien. Et par là-dessus il y a eu toutes ces choses folles avec ces deux incidents. Ce n'était pas facile, c'est sûr."

Coéquipier d'un Nasser Al-Attiyah leader avec une marge supérieure à trois quarts d'heure, Giniel de Villiers se tourne désormais totalement vers l'enjeu sportif des prochaines étapes. Et l'ambition refait surface car rien n'est plus incertain que le rallye-raid.

"Nasser est largement en tête mais tout peut arriver dans un Dakar", prévient-il. "Nous sommes à trois minutes de la deuxième place et à une minute de Sébastien [Loeb]. Tout peut arriver. Bien sûr, nous aiderons Nasser, nous sommes une équipe. On ne peut jamais dire ce qui va se passer sur le Dakar. Il reste une très dure semaine et le plus important est que nous essayions de faire gagner Toyota."

"Nasser est le meilleur, il est rapide dans le désert et il lit le terrain mieux que quiconque. Il sait où attaquer et où ralentir. Matthieu [Baumel] est un excellent copilote aussi et ils font énormément de courses dans l'année, bien plus que nous. Tout cela les aide à être à ce niveau de performance. Mais tout peut arriver sur un Dakar. Le premier ou le deuxième jour, beaucoup de monde a perdu du temps. Nous avons perdu 25 minutes aussi, mais pas Nasser. Mais il y a deux ans, il a perdu 25 minutes sur une erreur de navigation. Ça peut arriver. Ils ont fait une course parfaite jusqu'à présent. Nous essayons de faire de notre mieux, surtout pour la deuxième semaine, maintenant que toutes ces histoires sont terminées et que nous pouvons nous concentrer sur la course."

Propos recueillis par Sergio Lillo

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