Entretien - ART Grand Prix, des Français en DTM

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Entretien - ART Grand Prix, des Français en DTM
Par : Emmanuel Rolland
2 mai 2015 à 06:26

Frederic Vasseur
Arrêt aux stands pour Gary Paffett, ART Grand Prix Mercedes-AMG C63 DTM
Lucas Auer, ART Grand Prix Mercedes-AMG C63 DTM
Gary Paffett, ART Grand Prix Mercedes-AMG C63 DTM
Lucas Auer, ART Grand Prix Mercedes-AMG C63 DTM
Lucas Auer, ART Grand Prix

Pour la première fois dans l'histoire de la discipline, une équipe française prendra part au championnat DTM. Après avoir tout gagné en monoplace (en Formule 3 Euroseries à l'époque, mais également en GP3 et GP2 dans laquelle elle est encore impliquée) , et après une expérience en Blancpain Endurance Series, l'écurie ART Grand Prix s'apprête à effectuer son baptême du feu ce week-end à Hockenheim. Motorsport.com s'est entretenu avec Fédéric Vasseur, le directeur de la structure bourguignonne, avant les premiers essais libres de cette manche d'ouverture.

Comment se sent-on au moment d'effectuer ses débuts en DTM en tant que team manager? Ému? Stressé? Ou simplement concentré sur le travail à accomplir?

Pas stressé, non, c'est l’avantage de l’âge! (rires) Autant j’étais stressé avant, autant je le suis moins maintenant. C’est une marche qui est importante, on a beaucoup de choses à gérer : le fait de travailler pour un constructeur, cela donne une infrastructure qui est assez lourde. A nous de le gérer et de l’appréhender, ça va prendre un petit peu de temps. A côté de ça, c’est une maison que je connais bien pour l’avoir fréquentée pendant dix ans (en Formule 3, NDLR), beaucoup de gens sont encore là, on trouve vite ses repères.

Comment s'est profilé le programme DTM pour ART Grand Prix?

On avait déjà discuté de ça en 2007, 2008, mais honnêtement je me sentais pas prêt à faire le pas. Là, Mercedes voulait revenir avec huit voitures, cela nécessitait un team de plus. Ils ont fait un appel d’offre cet été, et comme on était restés dans la maison depuis 5/6 ans, même si on a pris des routes différentes, on a été consultés, et on avait le bon profil pour eux.

L'expérience du GT, via trois saisons en Blancpain Endurance Series avec la McLaren, était-elle incontournable avant de tenter le saut en DTM?

Elle a été cruciale. C’est un peu cela qui nous avait fait reculer en 2008, on avait à l’époque peu d’expérience en berline. Là, même si le GT3 et le DTM ne sont absolument pas comparables, la philosophie est un peu la même. Le DTM est un mix entre la monoplace et le GT. C’est sûr qu’avoir fait trois saisons de GT, c’est un avantage énorme. L’origine du projet en GT était justement de dire que l’on allait montrer que l’on savait aussi faire marcher ces voitures là, pour soit faire Le Mans ou ce type de championnat. Avec le DTM, la cible est atteinte.

Concrètement, l'effectif déployé en GT se retrouve-t-il sur l'équipe DTM?

A quelques aménagements près, et quelques choix de carrière, c’est la même équipe, effectivement. On a 25 personnes sur ce programme. Plus les gens de chez Mercedes, ingénieurs ou motoristes, qui sont là pour faire la liaison entre nous et HWA.

On est là pour faire gagner Mercedes, on n'est pas là pour découvrir, on n’est pas dans un club de vacances.

Frédéric Vasseur.

Le DTM adopte cette année un tout nouveau format, avec cette fois deux courses par meeting au lieu d'une seule le dimanche. Est-ce un avantage considérant que cela introduit la nouveauté pour tout le monde ou cela rend-il au contraire la tâche plus difficile pour une équipe qui découvre la discipline? 

C’est plus compliqué. Ce n’est pas l’organisation de la course en elle-même qui va nous dérouter, mais je pense que pour nous ça va faire deux fois plus de travail que l’année dernière, et c’est un peu là où on va devoir apprendre : le déroulé du week-end. Il n’y a qu’en faisant des courses que l’on apprendra à mettre les choses dans l’ordre sur le week-end, les priorités. Mais on va faire de notre mieux, on est là pour faire gagner Mercedes, on n'est pas là pour découvrir, on n’est pas dans un club de vacances.

Un pilote d'expérience, Gary Paffett, et un jeune débutant, Lucas Auer : l'équipe parfaite pour ART Grand Prix pour ses débuts en DTM?

Gary, c'était l'un de me souhaits si tant est que je pouvais en formuler. Avec Gary, on a l’avantage de se connaître depuis 15 ans, depuis la fin des années 90 en F3 : cette barrière là est déjà enlevée. Et pour nous, avoir un pilote avec un bagage tel, c’est précieux. Je ne veux pas qu’il se comporte en team manager, il faut qu’il se concentre sur son rôle de pilote, il le fait très bien et l’a d’ailleurs montré lors des tests d’avant-saison. Mais après, lorsqu'il descend de la voiture, il est capable de nous aiguiller car il a quinze ans d’expérience en DTM et que, parfois, il sent que l’équipe ne se dirige pas forcément dans la bonne direction. On a la liberté et la franchise entre nous pour qu’il soit suffisamment à l’aise pour nous le dire. Ce n'est pas moi qui ai décidé l’attribution des pilotes mais mon souhait était d’avoir un jeune et Gary : je n’ai pas à me plaindre.

Avez-vous une obligation de résultats de la part de Mercedes?

Non, ils sont hyper cool là-dessus. On sait que ça dépendra déjà du niveau de performance de chaque marque. Si on est devant, on sera là pour faire 1 et 8, si on est derrière ce sera plus compliqué. Parmi les Mercedes, on a montré qu'on allait pas mal, après je suis conscient que nous avons plein de choses à apprendre sur les deux ou trois premiers week-ends et je m’attends à souffrir. La stratégie, le travail sur la voiture, le déroulé du week-end. Quand tu connais bien une discipline tu peux mettre un ordre de priorité aux choses. Et puis on n’a jamais fait rouler deux voitures en même temps, ce sera aussi une première pour nous ce week-end.

L'équipe ART Grand Prix s'est-elle entraînée sur l'exercice périlleux des pitstops? 

On a travaillé les pitstops mais pas autant qu’on l’aurait souhaité. En même temps on ne fait qu’un pitstop en deux courses, si on perd une seconde là-dessus, je ne suis pas certain que ça changera la face de la course non plus.

Le fait que ART Grand Prix soit une écurie française, c'est un plus pour Mercedes au niveau marketing?

Les choix ont été faits uniquement sur les critères sportifs. Il y a une réelle volonté de gagner, de revenir à la victoire cette année. S’ils avaient trouvé une équipe tchèque, russe, ou du Moyen-Orient susceptible de gagner, je pense qu’ils l’auraient prise. Maintenant que c’est fait et qu’on est là, le fait que l’on soit Français c’est bien, et ce serait dommage de ne pas l’exploiter. Mercedes France nous soutient beaucoup sur ce projet, je les trouve très enclins à s’impliquer, que ce soit au niveau de la presse ou pour pousser l’ITR pour qu’il y ait une course en France. Il y a une vraie dynamique que l’on n’avait peut-être pas dans les années passées.

Cela signifie-t-il que l'on pourrait revoir une course de DTM en France?

J’aimerais bien qu’il y ait une course en France, mais je n'ai aucune autorité là-dessus. Mercedes France aimerait bien aussi. A nous de créer une dynamique et de montrer que les Français seraient globalement intéressés d’avoir une course. 

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À propos de cet article

Séries DTM
Événement Hockenheim
Lieu Hockenheimring
Pilotes Gary Paffett , Lucas Auer
Équipes ART Grand Prix
Auteur Emmanuel Rolland
Type d'article Interview