Le Mans - Les beaux travaux d'André ''Hercule'' Lotterer

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J.M.L., Le Mans - Les voici donc entrés dans le club très fermé des triples vainqueurs des 24 Heures du Mans. Benoît Tréluyer, l'enfant du pays, Alençon sa ville natale est à moins de cinquante kilomètres du circuit ; Marcel Fässler le Suisse qui passa une partie de sa jeunesse à la Filière Elf, la pépinière de champions dont est également issu Tréluyer et André Lotterer l'homme qui, presque à lui seul fit plier les cousins de Porsche.

''Ils vont entrer eux aussi dans le ''Hall of fame'' puisque vendredi, pour honorer Allan McNish, qui a trois victoires ici, les organisateurs ont décidé de ramener à trois victoires la condition pour y entrer. En voilà donc trois de plus d'un seul coup puisque désormais tous les trois ont trois victoires.'' Henri Pescarolo n'est surtout pas du genre à s'offusquer mais il remarquait non sans humour que quelquefois l'histoire du Mans s'écrit par page entière.

Loin de nous l'idée de relativiser les exploits de Marcel Fässler et de Benoît Tréluyer mais il est évident qu'André Lotterer a pris une place prépondérante dans cette troisième victoire d'un équipage qui se connaît comme larrons dans la grande foire mancelle. Personnage atypique que ce grand bonhomme de 32 ans qui est aussi une véritable idole au Japon.

Son passeport est allemand mais il vit, s'exprime et rigole (souvent) en français. André en effet a été élevé en Wallonie et sa culture est totalement francophone. Facile à vivre et joyeux compagnon, il a tissé des liens très particuliers avec ses équipiers. Mais quel pilote ! Ses cinq relais du dimanche matin ont eu raison en tête du classement des ambitions légitimes des pilotes de la Porsche 919 qui avaient réussi un bien bel exploit en se glissant, à l'heure de la messe, tout en haut de la hiérarchie. Face à Timo Bernhard, pas vraiment un lent, il le contraignit à tenter un coup d'audace en l'obligeant à prendre le risque du quatrième relais avec le même train de pneus... Le pilote Porsche dut rentrer avant la fin de son relais... ça ne passait pas. Puis, face à Webber, excusez du peu, André enfonça le clou en alignant... cinq relais ! Une sorte d'exploit qui restera sans doute dans les annales de Michelin mais aussi au tableau d'un sacré guerrier.

Ils ont dit - Benoît Tréluyer : "J’aurais aimé que mes coéquipiers finissent la course aussi, car ils ont fait tout le boulot cette nuit. J’ai eu des relais « faciles », on va dire. Toujours à assurer et à garder un bon rythme. Quand je vois comment André et Marcel ont attaqué sans faire d’erreurs toute la nuit, je leur tire mon chapeau. Ils ont fait un super boulot. Les mécaniciens ont toujours bien réagi très rapidement sur la stratégie avec les ingénieurs. Je n’ai vraiment pas l’impression d’être celui qui ait fait le meilleur travail. Bien sûr, j’y ai participé, mais je pense que la victoire, elle est d’abord à toute l’équipe. Ça fait vraiment plaisir de la partager, et c’est de là que provient l’émotion."

"Je pense que même si l’année dernière, on ne l’avait pas remportée, on avait démontré une belle vitesse, mais cette année, c’est vrai qu’on avait encore une approche différente, qui ressemblait plus à celle de 2011, et on s’est concentrés sur la course. Nous savions qu’il nous fallait une bonne voiture pour le matin, pour être prêts à réagir s’il le fallait. Je pense qu’on a bien bossé. Aujourd’hui, il faut bien sûr aussi de la chance pour gagner une course comme ça. Ça fait partie de la victoire. J’ai l’impression que cette fois, Le Mans, ça a été celui qui a eu le moins de malchance et qui a pu éviter tous les pièges qui a pu gagner."

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Séries Endurance
Pilotes André Lotterer , Henri Pescarolo , Allan McNish , Marcel Fässler , Timo Bernhard , Benoit Tréluyer
Type d'article Actualités