Patrick Pilet : "On a tout ce qu'il faut pour réussir"

Pilote officiel Porsche depuis 2008, Patrick Pilet fait partie de l'un des meilleurs équipages Porsche pour ces 24 Heures du Nürburgring. Une course particulière qui pourrait lui sourire, après quelques éditions difficiles.

G.N., Nürburgring - Engagé avec Frederic Makowiecki, Richard Lietz et Romain Dumas sur une Porsche 911 du Manthey Racing, Patrick Pilet, 35 ans, fait partie de la trentaine d'équipages qui peuvent espérer s'imposer dans le massif de l'Eifel. Trois semaines avant les 24 Heures du Mans, cela pourrait faire une belle ligne à son palmarès, déjà bien fourni.

Comment se déroulent ces premiers essais pour les 24 Heures du Nürburgring ?

Pour l'instant, on a un petit souci sur la voiture, on n'arrive pas à mettre le doigt dessus. On y travaille. On avait une très bonne voiture en VLN, et même lors des essais avant la course, on avait réussi à trouver un bon équilibre, et là on n'arrive pas à retrouver nos sensations. Forcément, ça prend du temps car on n'a pas beaucoup de séances, mais on va trouver. Je pense qu'on va mettre le doigt dessus avant la course, et même si on part loin en qualifications, cela ne va pas nous empêcher de faire un bon résultat.

Qu'est-ce qui peut expliquer ce changement au niveau des sensations ?

On a une nouvelle voiture. On a changé de châssis pour les 24 Heures, car on a eu un incident en essais. Depuis, on a ces petites difficultés. On fait la check-list, on cherche. On a l'habitude de régler des soucis comme ça.

Vous passez de la 911 RSR GTE à moteur central à la GT3, cette fois en porte-à-faux. Est-ce compliqué d'adapter son style à ces architectures ?

Ce n'est pas forcément le porte-à-faux qui change. En soit, la GTE reste une Porsche. C'est plus le comportement des GT3 en elles-mêmes. Les GTE, ce sont des voitures un peu plus pointues à conduire, avec plus d'appui. Sur la GTE, je suis plus fin sur les freins, tandis qu'on peut taper dedans avec la GT3, qui a l'ABS. Je ne suis pas forcément fan.

Cela dit, c'est très plaisant à piloter. Ça va vite, les voitures sont très performantes. Par rapport à la première fois où je suis venu ici, on a gagné de la vitesse en virage, là où on a un peu perdu en ligne droite, et ce en dépit de l'augmentation de la hauteur de caisse.

Venir aux 24 Heures du Nürburgring en tant que pilote Porsche, est-ce une pression supplémentaire par rapport à d'autres courses ?

C'est sûr que pour les constructeurs allemands, cette course se situe vraiment au niveau du Mans. D'autant qu'elle est populaire ici, c'est un événement ultra important. Sportivement, c'est clairement la course où il y a le plus de niveau. C'est la seule de l'année où vous avez une trentaine de voitures qui peuvent se battre pour la victoire au général. Même en Nascar on n'a pas autant de voitures qui peuvent s'imposer. Là, on a des équipages de haut niveau, le soutien des usines.

Pour la pression, je dirais oui et non. Oui, car Porsche n'a pas gagné ici depuis longtemps, parce qu'ils ont l'ambition de gagner à nouveau. Non, car nous ne sommes pas les favoris. Ici, Mercedes, Audi, BMW ont plus de chance. Sur un tour, la pointe de vitesse n'est pas si importante. C'est sur tout un relai qu'il faudra surveiller. Mais il faudra se méfier, nous n'avons plus les pneus développement.

Comment se gère la course sur un circuit aussi long, est-ce plus compliqué pour le pilote ?

La vraie difficulté, c'est le trafic. Sur le circuit en lui-même, pour un chrono, sans trafic, vous avez beaucoup de pilotes très proches. Là, c'est une question de curseur de prise de risque à placer. Ici, on n'a pas le droit à l'erreur. Un centimètre trop près d'une voiture, elle te touche et c'est fini, la voiture est détruite. Ici, les rails sont près, il n'y a pas d'échappatoire.

Je commence un peu à avoir de l'expérience ici, même si je n'ai jamais été très chanceux. Je pense que la clef, c'est de rester en dehors des ennuis. Après, c'est toujours pareil : si on est à l'aise, que l'on peut faire des chronos, on peut être plus en sécurité, alors que si on manque de performance, on place le curseur "risques dans le trafic" plus haut.

C'est ce compromis qu'il faut trouver en course. On a la chance d'avoir sur notre voiture un équipage ultra calé. J'ai 100% confiance en eux. On a tout ce qu'il faut pour réussir, mais il faut qu'on s'éloigne des ennuis. C'est là que ça va se jouer.

En parlant d'équipage, on retrouve deux de vos équipiers pour Le Mans, Richard Lietz et Frédéric Makowiecki. Est-ce une course de préparation ?

On se prépare à travailler ensemble, bien sûr. On a l'habitude de rouler ensemble, mais là, on a une bonne ambiance. Nous mettre ensemble sur une course comme les 24 Heures du Nürburgring, cela nous donne une sorte de répétition, ça crée surtout des liens, nous donne envie de bien faire. Et ça, Porsche le sait. Romain [Dumas] avait envie de refaire le Nürburgring, il nous apporte sa bonne humeur, et son expérience. De nous quatre, il est le seul à avoir gagné ici. C'est un package optimum, on ne pouvait rêver mieux.

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Séries Endurance , VLN
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Équipes Team Manthey
Type d'article Interview
Tags eifel, nordschleife