Top 10 - Les meilleurs pilotes de F3 Europe en 2015

Malgré un certain nombre de voitures de sécurité et de drapeaux rouges, le plateau de F3 Europe était d'une grande qualité cette année. Valentin Khorounzhiy analyse la saison de ceux qui se sont démarqués.

L'envergure et le talent du plateau 2015 de F3 Europe seront difficilement égalés par d'autres formules de promotion à l'avenir.

Et pour cause, le championnat a attiré un grand nombre de redoublants bien cotés, de bons pilotes en provenance des championnats nationaux de F3 désormais éteints ainsi que des champions de catégories inférieures. La qualité du plateau n'était donc pas un problème.

Cependant, sa taille était digne de la NASCAR, et l'on a retrouvé une grande concentration de pilotes talentueux mais inexpérimentés, ce qui a provoqué les nombreuses apparitions de la voiture de sécurité et de fréquents accidents, parfois violents.

Mais en-dehors de ce pilotage tumultueux, c'était un superbe plateau, si bien qu'un certain nombre de pilotes méritants ont échoué hors du top 10.

Parmi eux, on retrouve Markus Pommer, qui a mené l'équipe Motopark au fil d'une saison difficile et s'est même imposé à Zandvoort ; son coéquipier Sérgio Sette Câmara, qui est monté sur le podium à deux reprises alors qu'il n'avait aucune expérience du sport automobile en Europe ; et Santino Ferrucci (Mücke) qui, malgré une saison mitigée, a montré des progrès en montant sur le podium à Spa.

Quant à notre top 10 des pilotes de F3 Europe en 2015, le voici :

10.  Callum Ilott

Carlin

12e, 65,5 points

Écart qualificatif moyen face à son meilleur coéquipier : +0.496s

En passant directement de la Formule 3 en provenance du karting, Ilott a certainement suivi la volonté de Red Bull d'émuler le succès incroyable obtenu par Max Verstappen lors de sa première saison en monoplace. Et si le Néerlandais est désormais le point de référence de l'écurie anglo-autrichienne pour évaluer les pilotes du Red Bull Junior Team, alors on peut faire preuve de compassion envers Ilott.

Bien que le Britannique n'ait pas remporté de course, la raison pour laquelle Red Bull l'a recruté si tôt dans sa carrière est désormais claire : il est très rapide.

Après avoir marqué un point pour ses débuts grâce à une manœuvre audacieuse sur Nicolas Beer, Ilott a signé un top 5 à Hockenheim. Mais le début de sa campagne a été gâché par quelques erreurs, notamment une manœuvre peu appréciable sur Mahaveer Raghunathan à Monza. Cependant, Ilott a résolu ses problèmes et a beaucoup gagné en confiance au fil de la saison.

Le temps fort de sa campagne a été un premier podium mérité au Nürburgring, et s'il reste dans la discipline l'an prochain, il pourrait être candidat au titre.

9.  Mikkel Jensen

kfzteile24 Mücke Motorsport

9e, 117,5 points

Écart qualificatif moyen face à son meilleur coéquipier : -0.001s

Parmi les pilotes Mücke, c'est probablement Jensen qui a connu la meilleure saison 2014 avec le titre d'ADAC Formel Masters. Aussi sera-t-il peut-être déçu de ne pas être celui qui a remporté l'unique victoire de l'équipe cette année, ou de ne pas avoir fait mieux au classement.

Jensen a quand même fait forte impression lors de sa première année en F3, et si la chance avait été de son côté, il serait monté sur la plus haute marche. À Monza, il menaçait Felix Rosenqvist pour la tête de la course mais a dû lâcher du lest après avoir endommagé son museau. À Spa, il a mené deux fois et s'est fait percuter les deux fois.

Jensen a enterré les derniers espoirs de titre d'Antonio Giovinazzi avec une manœuvre peu inspirée au Nürburgring, mais s'est montré fiable la plupart du temps et semblait être le meilleur pilote Mücke en qualifications.

Les liens qu'il semble entretenir avec Mercedes laissent espérer qu'il reste chez Mücke pour 2015, et c'est peut-être Jensen qui pourrait mener l'équipe vers l'avant de la grille.

8.  Alexander Albon

Signature

7e, 187 points

Écart qualificatif moyen face à son meilleur coéquipier : -0.452s

Albon n'a pas eu la vie facile lors de ses deux premières années en monoplace : l'ancienne star du karting a peiné à être performant en Formule Renault, a dû quitter le Red Bull Junior Team et a subi des problèmes familiaux de notoriété publique.

Les deux autres années ont été superbes, et tandis que sa première et unique victoire en monoplace a été remportée en 2014, sa première campagne en F3 a été encore plus solide.

Albon a mené l'équipe Signature et a dominé un coéquipier très prometteur en la personne de Dorian Boccolacci. Le pilote thaïlandais a excellé en qualifications et a régulièrement signé des résultats remarquables. Qu'il n'ait pas gagné de course est vraiment difficile à expliquer, puisqu'il est parti de la pole position à deux reprises et a fini deuxième trois fois.

La Signature était clairement rapide, mais Albon n'a pas été très chanceux : il a manqué plusieurs séances de qualifications et s'est souvent immobilisé en piste, en proie à des soucis mécaniques. Sans cela, il aurait probablement été le deuxième meilleur rookie de l'année.

7.  Maximilian Günther

kfzteile24 Mücke Motorsport / Prema Powerteam

8e, 152 points

Victoires : 1 (Norisring C2)

Écart qualificatif moyen face à son meilleur coéquipier : +0.203s

La bataille entre Günther et Jensen était plus qu'appropriée après celle que les deux hommes se sont livré en ADAC Formel Masters, un championnat allemand grandement sous-estimée. Mais en passant en F3, c'est Günther qui a marqué plus de points, et c'est Günther qui a remporté une course.

Tout comme Jensen, Günther n'a pas été particulièrement régulier, mais lorsque tout se passait bien pour lui, il a brillé. Cela dit, il est miraculeux que sa confiance n'ait pas été irrémédiablement entamée par une série de cinq courses qu'il a débutées depuis la troisième place de la grille, avec un seul podium pour récompense.

Le temps fort de la saison du pilote allemand est évidemment sa victoire du Norisring, remportée depuis la 12e place de la grille : Günther a dépassé trois candidats à la victoire dans le même virage.

Le pilote Mücke courait pour l'équipe basée à Berlin depuis 2013 mais a décidé de partir chez Prema pour le dernier meeting. Au volant de ce qui était clairement la meilleure voiture du plateau, Günther a joué les premiers rôles et pourrait être un candidat au titre s'il rejoint l'écurie italienne à temps plein pour 2016.

6.  George Russell

Carlin

6e, 203 points

Victoires : 1 (Silverstone C2)

Écart qualificatif moyen face à son meilleur coéquipier : +0.413s

Champion de BRDC F4, Russell avait déjà sa réputation en arrivant en F3 Europe. Par conséquent, personne n'a été surpris de le voir s'imposer à Silverstone dès son premier weekend dans la discipline.

Ce qui est beaucoup plus surprenant, c'est que le jeune Britannique ne s'est jamais vraiment battu pour la victoire lors du reste de la saison. Il aurait pu en remporter une autre au Nürburgring, mais ses superbes performances lors des deux performances qualificatives ont été gâchées par une pénalité pour changement de moteur.

Après Silverstone, Russell a quelque peu peiné en qualifications, mais a impressionné en course, notamment en finissant les 32 premières courses de la saison avant d'être victime de l'optimisme d'un concurrent dans la toute dernière épreuve.

La constance étant de son côté, s'il reste en F3 et s'améliore en qualifications, il fera partie des favoris pour le titre.

5.  Lance Stroll

Prema Powerteam

5e, 231 points

Victoires : 1 ( Hockenheim II C1)

Écart qualificatif moyen face à son meilleur coéquipier : +0.430s

À mi-saison, la situation de Lance Stroll était presque critique. Le champion en titre de F4 Italie et de Toyota Racing Series a vu ces succès éclipsés par les crashs spectaculaires qu'il a provoqués à Monza et à Spa, si bien qu'il a écopé d'un ban d'une course.

Cette sanction était méritée mais n'est pas représentative de sa saison : le Canadien est revenu beaucoup plus fort. Et lorsque son coéquipier de longue date Brandon Maïsano, seul autre débutant chez Prema, a décidé de quitter la F3 au beau milieu du championnat, il était loin derrière Stroll au classement général.

Quand Prema est devenu dominateur lors des dernières manches, Stroll a continué ses progrès et a signé onze top 5 dans les quinze dernières courses, avec une première victoire à la clé.

Il semble parti pour rester en F3 l'an prochain, et si l'équipe Prema débute la saison 2016 de la même façon qu'elle a fini 2015 et que le Canadien reçoit le statut de premier pilote, il aura de bonnes chances de dominer cette saison-là.

4.  Jake Dennis

Prema Powerteam

3e, 377 points

Victoires : 6 ( Pau C1, C2, Spa-Francorchamps C2, C3, Spielberg C1, Algarve C1)

Écart qualificatif moyen face à son meilleur coéquipier : +0.216s

Soutenu par Racing Steps Foundation, Jake Dennis était certainement suffisamment rapide pour se battre pour le titre cette année. Mais la malchance ainsi que des erreurs l'ont contraint à devoir rattraper son retard pendant la majeure partie de la saison, et il n'y est jamais parvenu.

Le Britannique a fait le spectacle à Pau et se serait mêlé à la lutte pour le titre avec un triplé de victoires si sa suspension ne s'était pas cassée à la fin de la course 3. Il était juste derrière le trio de tête après deux victoires à Spa, mais n'a pas marqué le moindre point lors des quatre courses suivantes.

Il a fini par rattraper et dépasser Charles Leclerc au classement, et a presque menacé Antonio Giovinazzi aussi, mais le gain en performance de Prema à la fin de la saison l'a certainement aidé, et Rosenqvist était intouchable.

Avec seize podiums et une troisième place au championnat, Dennis a certainement justifié le soutien que lui apporte Racing Steps Foundation. Mais le programme de jeunes talents britanniques souhaitera probablement qu'il retrouve ses résultats de 2011 et 2012 rapidement : il avait remporté les titres en InterSteps et en FR2.0 NEC.

3.  Antonio Giovinazzi

Jagonya Ayam with Carlin

2e, 412,5 points

Écart qualificatif moyen face à son meilleur coéquipier : -0.202s

Victoires : 6 ( Hockenheim I C1, Pau C3, Norisring C3,  Zandvoort C1, Spielberg C3,
Hockenheim II C2)

Lors de sa carrière en formules de promotion, Giovinazzi est passé du statut de jeune pilote italien sous-estimé à celui de vraie star de F3 : il a entamé sa troisième saison avec une série impressionnante de neuf podiums consécutifs.

Carlin et lui n'ont jamais semblé être les plus rapides en vitesse pure, quel que soit le circuit, mais étaient toujours présents aux avant-postes, ce qui lui a permis d'engranger les bons résultats.

Quelques incidents évitables au fil de la saison l'ont privé de points qui auraient peut-être pu lui permettre de se battre face à Rosenqvist en fin de saison, et tandis que Giovinazzi a été le seul à s'imposer face à Prema Powerteam lors des quatre derniers meetings de la saison, à ce stade de la saison, il était impossible de faire mieux que deuxième.

Sa saison impressionnante lui a permis d'être le choix n°1 pour remplacer Timo Scheider, suspendu, pour le meeting DTM de Moscou. Espérons qu'il ait suffisamment fait ses preuves pour être envisagé comme pilote titulaire l'an prochain.

2.  Felix Rosenqvist

Prema Powerteam

1er, 508 points

Victoires : 13 ( Silverstone C1,  Hockenheim I C2,  Monza C1, C2, C3,  Zandvoort C2, Spielberg C2, Algarve C2, C3,  Nürburgring C1, C2, C3, Hockenheim II C3)

Écart qualificatif moyen face à son meilleur coéquipier : -0.105s

Il est facile de critiquer Rosenqvist parce qu'il court en F3 depuis 2010, mais ce serait lui faire du tort : le Suédois s'est montré rapide d'emblée, et maintenant qu'il a eu sa chance avec une écurie Prema qui a remporté tous les titres, il a obtenu les résultats nécessaires.

En-dehors de quelques moments de faiblesse sur les circuits urbains, Rosenqvist était clairement le pilote le plus rapide du plateau. Tandis que des points perdus en début de saison, quasiment jamais par sa faute, l'ont forcé à se battre pour remonter, un calendrier de onze meetings allait forcément lui laisser le temps de le faire.

En fin de saison, il était un véritable rouleau compresseur avec une série de 14 podiums consécutifs après le Norisring. Impossible d'arrêter Rosenqvist, impossible d'arrêter Prema.

Si cela ne lui permet pas de décrocher un volant en DTM ou en GP2, rien ne le lui permettra jamais.

1.  Charles Leclerc

Van Amersfoort Racing

4e, 363,5 points

Victoires : 4 ( Silverstone C3, Hockenheim I C3, Spa-Francorchamps C1, Norisring C1)

Écart qualificatif moyen face à son meilleur coéquipier : -0.585s

Dennis, Giovinazzi et Rosenqvist sont tous trois de fantastiques jeunes pilotes. Mais Leclerc est une véritable star en devenir. Son potentiel a éclipsé tous les pilotes qui ont couru en F3 Europe cette saison.

En succédant à son ancien rival de karting, Max Verstappen, chez van Amersfoort Racing, Leclerc s'est ouvert aux comparaisons. Mais il la tient, la comparaison, face au brillant Néerlandais. Tandis que Verstappen était occasionnellement foudroyant et dominateur, Leclerc a été régulier et fiable. Le fait qu'il soit monté sur le podium huit fois dans ses neuf premières courses face à un plateau aussi relevé tient du miracle.

Certes, le partenariat Leclerc/VAR a semblé perdre quelques dixièmes en deuxième moitié de saison, mais il a continué à engranger des points quand il le pouvait, et malgré la présence de deux coéquipiers inexpérimentés mais bien cotés, le Monégasque a été le pilote VAR le mieux placé sur la grille pour 32 courses sur 33.

Leclerc semble être prêt pour le GP2, mais il semble que le GP3 ou une autre année en F3 soient ses options. Et c'est une bonne chose : si on le laisse se développer à un rythme stable, Leclerc deviendra un pilote automobile exceptionnel.

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Séries F3 Europe
Pilotes Felix Rosenqvist , Antonio Giovinazzi , Jake Dennis , Mikkel Jensen , Lance Stroll , George Russell , Callum Ilott , Charles Leclerc , Alexander Albon , Maximilian Günther
Équipes Carlin , Prema Powerteam , Van Amersfoort Racing , Signature , Mücke Motorsport
Type d'article Analyse