Bientôt 500 GP F1 mais aucune victoire : la drôle de carrière de Bernd Mayländer
Le Grand Prix d'Australie 2026 marquera la 500e épreuve du championnat du monde à laquelle Bernd Mayländer participera en tant que pilote du Safety Car, pour les 30 ans de Mercedes en tant que fournisseur officiel.
Photo de: Andre Vor / Sutton Images
À 54 ans, il est de loin le pilote le plus vieux et le plus expérimenté en piste quand il s'y trouve et également celui qui peut se targuer d'avoir mené 100% des épreuves lors desquelles il a pris la piste... Oui, mais voilà, son rôle le contraint à n'inscrire aucun point et à ne signer aucune victoire, et même parfois à rester sagement au stand pendant toute une course.
Ce pilote, c'est bien sûr Bernd Mayländer, conducteur officiel de la voiture de sécurité depuis désormais plus de 25 ans. Évolution de la Formule 1 oblige, l'Allemand, ancien pilote en tourisme, et notamment en DTM, a été toujours plus sollicité au fil des années dans une discipline où les neutralisations ont été de plus en plus fréquentes depuis l'instauration officielle du u Car dans le règlement au cours des années 1990.
Outil de sécurisation des opérations en piste mais également - et d'aucuns diront que ce n'est pas qu'une fonction accessoire - arme de relance sportive d'une course un peu figée, la voiture de sécurité est entrée dans l'ADN de la F1 ces 30 dernières années et Mayländer est devenu une figure connue et appréciée des amateurs de la discipline.
Bernd Mayländer (les bras levés) lors de la parade des pilotes au GP de São Paulo 2025 de F1.
Photo de: Sam Bagnall / Sutton Images via Getty Images
Le Grand Prix d'Australie 2026 de F1 va marquer un double anniversaire : à la fois les 30 ans de Mercedes en tant que Safety Car officielle de la discipline et, pour Mayländer, son 500e Grand Prix en tant que pilote de la voiture de sécurité depuis 2000.
Il faut noter que, pendant toutes ces années, Mayländer n'a pas conduit que des Mercedes - puisque le constructeur a partagé la fourniture de la voiture de sécurité officielle avec Aston Martin entre 2021 et 2025, la marque britannique ayant toutefois décidé de ne pas renouvelé cette expérience en 2026, laissant donc Mercedes à nouveau seule dans ce rôle.
À l'occasion de cette célébration particulière, Mayländer - qui joue également le rôle de pilote du Safety Car dans les catégories junior - a été interrogé par Mercedes.
Pour la marque, il se souvient comment tout a commencé : "En 1999, j'étais encore moi-même actif en sport automobile. Je courais en Porsche Supercup, qui était déjà à l'époque organisée dans le cadre de la Formule 1. Avant ça, j'avais été pilote pour Mercedes-Benz en DTM pendant quatre ans, puis aussi en championnat FIA GT."
Bernd Mayländer lors du GP de Malaisie 2002.
Photo de: James Bearne
"Lors du Grand Prix de Saint-Marin à Imola, le vendredi après-midi, j'ai reçu un appel du directeur de course de l'époque en F1, Charlie Whiting. Il m'a demandé si je pouvais remplacer au pied levé le pilote officiel de la voiture de sécurité en Formule 3000. Ce remplacement avait été organisé par Norbert Haug, alors responsable du sport automobile chez Mercedes-Benz."
"Oliver Gavin, qui pilotait la voiture de sécurité en Formule 1 et en F3000 à l'époque, participait lui-même à la F3000 en tant que pilote. La FIA cherchait donc un remplaçant, et j'ai d'abord repris son rôle en F3000. Un an plus tard, on m'a finalement proposé le poste de pilote de la voiture de sécurité en F1. J'ai accepté avec grand plaisir."
"Cette période est très spéciale et importante dans ma vie", a-t-il ajouté. "Pour exercer cette fonction pendant tant d'années, il faut posséder certaines qualités. Il ne faut pas imaginer qu'en tant que pilote officiel de la voiture de sécurité, on gagne une course, même si l'on est en tête de toutes les courses dans lesquelles on est déployé."
"Il est également essentiel de suivre précisément les instructions de la direction de course, d'être en dialogue constant avec elle et de savoir exactement quelles informations sont attendues et comment les transmettre avec précision. En tant que pilote de la voiture de sécurité, on fait partie de la FIA, ce qui est bien sûr quelque chose de spécial."
"Enfin, vous devez absolument être passionné par le sport automobile et le rester au fil des ans. Vous devez comprendre l'ADN de la course et réaliser que vous êtes responsable de mener le peloton en toute sécurité, puis de le restituer à la direction de course de manière ordonnée."
Objectif 750 Grands Prix
Bernd Mayländer n'en a pas fini avec la F1.
Photo de: Mark Sutton / Motorsport Images
Quand il lui est demandé de quelles situations il se souvenait particulièrement et lesquelles il aurait aimé éviter, Mayländer préfère une réponse trop précise, lui qui a accompagné - impuissant - certains moments difficiles voire tragiques, comme par exemple les quelques tours sous Safety Car avant le drapeau rouge qui ont suivi l'accident mortel de Jules Bianchi au GP du Japon 2014.
"Peut-être qu'à ma retraite, j'envisagerai d'écrire un livre sur mon expérience en tant que pilote officiel de la voiture de sécurité", a-t-il lancé. "Mais bien sûr, je me souviens encore très bien de ma première course à Melbourne en 2000. Je me tenais sur la grille de départ de l'Albert Park au volant de la Mercedes-Benz CL 55 AMG, avec tous les pilotes de Formule 1 derrière moi. C'est un moment que je n'oublierai jamais."
"Au fil des ans, il y a eu d'innombrables autres moments mémorables, tels que les nouveaux modèles de véhicules et les développements techniques. Mais il y a aussi eu des moments négatifs. Je pense principalement aux accidents graves en Formule 1, Formule 2 et Formule 3. Je me serais bien passé de tels événements. Mais même dans de telles situations, je devais fonctionner et faire mon travail. Je ne veux pas citer de scènes particulières, je préfère les oublier."
Il est impossible de le prédire, mais je vise clairement les 600 courses, voire les 700, et les 750 seraient un chiffre formidable.
"Mais il existe de nombreux exemples de la façon dont nous avons travaillé ensemble pour tirer le meilleur parti de situations difficiles. Une fois, par exemple, nous avons reçu le mauvais carburant. Nos mécaniciens AMG ont dû retirer les réservoirs en un rien de temps et faire venir des pièces de rechange par avion. C'était évidemment extrêmement stressant, mais grâce à un travail d'équipe parfait, nous avons pu maîtriser même de telles situations."
Et après les 500 GP, l'ambition de Mayländer n'est clairement pas de mettre un point final à cette si particulière carrière : "On me demande souvent combien de temps je souhaite continuer à exercer cette fonction. Bien sûr, il est impossible de le prédire, mais je vise clairement les 600 courses, voire les 700, et les 750 seraient un chiffre formidable."
"Pour y parvenir, je dois évidemment rester en pleine forme, car une saison de 24 courses demande beaucoup d'énergie. Mais tant que j'apprécie autant mon travail et que je peux maintenir le niveau avec Mercedes-AMG et la FIA, il y en aura certainement encore quelques-unes."
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