Le 1000e GP du Championnat du monde de F1
Dossier

Le 1000e GP du Championnat du monde de F1

Le 500e GP : Piquet résiste à l'abordage de Mansell

partages
commentaires
Le 500e GP : Piquet résiste à l'abordage de Mansell
Par :
8 avr. 2019 à 08:17

À l'occasion du 1000e GP du Championnat du monde de F1, Motorsport.com vous fait revivre les épreuves aux nombres symboliques de l'Histoire de la discipline. Voici le récit du 500e Grand Prix, celui d'Australie 1990.

Dernière manche de la saison 1990, le Grand Prix d'Australie se tient deux semaines après l'épreuve du Japon, où le titre mondial s'est joué à la faveur de l'accrochage provoqué par Ayrton Senna avec Alain Prost. Le Français, toujours agacé par cet événement et ses suites, se terre dans le silence à Adélaïde pendant que le Brésilien se montre détendu et plutôt volubile, même s'il sera passablement énervé par une désormais célèbre interview donnée à Jackie Stewart dans laquelle l'Écossais lui reproche de souvent être impliqué dans des incidents.

Lire aussi :

Les festivités pour le 500e Grand Prix de l'Histoire du Championnat du monde sont un peu gâchées par un championnat déjà joué sur le plan sportif mais également par des bisbilles entre les instances dirigeantes de la F1 et les autorités australiennes. Toutefois, une parade de voitures historiques a lieu et, pour marquer le coup, après la photo officielle de fin de saison, a lieu une photo de groupe avec quelques Champions du monde en activité ou non. Ainsi, sur un seul cliché se trouvent Ayrton Senna et Nelson Piquet mais également James Hunt, Jackie Stewart, Denny Hulme, Jack Brabham et... Juan Manuel Fangio. Prost, qui refuse d'apparaître sur la même photo que Senna, ne participe à rien de tout cela.

James Hunt, Jackie Stewart, Denny Hulme, Nelson Piquet, Juan Manuel Fangio, Ayrton Senna et Jack Brabham

James Hunt, Jackie Stewart, Denny Hulme, Nelson Piquet, Juan Manuel Fangio, Ayrton Senna et Jack Brabham

Le Français, qui clame que le Brésilien l'a volontairement sorti au Japon, trouve alors assez peu de relais pour abonder en son sens, un an avant que Senna reconnaisse lui-même le caractère volontaire de son geste. Hunt, commentateur pour la BBC, analysera la situation en expliquant que le pilote McLaren a battu le pensionnaire de Ferrari sur le plan mental.

Senna et Mansell se détachent

Quoi qu'il en soit, en Australie, Senna domine quasiment toutes les séances et signe sans problème la pole position, en 1'15"671, cinq dixièmes devant son équipier Gerhard Berger et six dixièmes devant les Ferrari de Nigel Mansell et de Prost. Le titre attribué, le Britannique va d'ailleurs pouvoir jouer sa carte pour sa dernière sortie avec l'écurie de Maranello puisqu'il n'a plus à soutenir son équipier. Jean Alesi (Tyrrell), Riccardo Patrese (Williams), Nelson Piquet, Roberto Moreno (Benetton) et Thierry Boutsen (Williams) suivent, à plus d'une seconde, alors qu'à partir de la dixième place, les concurrents accusent plus de deux secondes de retard sur Senna.

Lire aussi :

Au départ, Senna s'envole très bien, mais pas Berger. Derrière l'Autrichien, Mansell a pris un départ plutôt bon et Prost s'est élancé parfaitement, cependant la McLaren bouchonne et parvient à maintenir sa position. Mais, incapable de suivre le rythme imprimé par son équipier, Berger va ensuite commettre une erreur de débutant en coupant son allumage dans le second tour, offrant à Mansell la seconde position.

Le départ

Le départ

En revanche, Prost n'a pas la même chance et est considérablement ralenti par Berger. Piquet profite de cette situation pour recoller au duo puis pour surprendre le pilote Ferrari au bout de la plus longue ligne droite du tracé, Brabham Straight. La Benetton du triple Champion du monde brésilien est très rapide en ligne droite et il ne lui faut qu'une demi-douzaine de tours ensuite pour prendre l'avantage sur Berger. Le voici troisième.

Devant, Mansell revient sur Senna qui ne parvient pas à décramponner la Ferrari. Ce n'est qu'à la faveur d'un trafic très dense et pas toujours coopératif que le leader finit par prendre un avantage notable, à partir du 30e des 81 tours de course. Les pneus du Britannique commencent également à souffrir.

Mansell aux stands, Senna dans le mur

Au 43e tour, alors qu'il est relégué plus de sept secondes de Senna, Mansell part à la faute et se retrouve dans une échappatoire. Il repart juste devant Piquet mais est désormais à plus de 16 secondes de la tête. Surtout, il ne peut absolument pas résister à la Benetton et voit fondre sur lui le duo Berger-Prost. Quand ces derniers font la jonction, Mansell décide enfin de plonger dans les stands pour changer de pneus et aller au bout de la course.

Ayrton Senna suivi de près par Nigel Mansell

Ayrton Senna suivi de près par Nigel Mansell

Alors que Prost, à la faveur d'une erreur de Berger, finit par s'emparer de la troisième place, Mansell dispose de pneus frais et enchaîne les tours rapides. Au 57e passage, le Britannique prend l'avantage sur Berger mais la victoire semble jouée : Senna compte plus de 30 secondes d'avance sur Piquet, 40 sur Prost et 50 sur Mansell. 

Le rythme d'enfer imprimé par le Brésilien prend pourtant fin au 62e tour. Vraisemblablement victime d'un problème de boîte de vitesses, qui passe soudainement de la troisième au point mort, Senna ne peut négocier correctement le virage 13 et va s'encastrer dans les pneus à l'extérieur. Cet abandon, le troisième en trois courses, offre la tête de l'épreuve à Piquet qui n'en demandait pas tant, deux semaines après son inattendue victoire de Suzuka.

Le problème c'est que les Ferrari sont désormais plus rapides et ne sont plus très loin. Si Prost finit par renoncer et baisse de rythme devant l'usure de ses pneus, Mansell n'a lui pas à s'en préoccuper. Il fond sur son équipier, qui n'oppose aucune résistance et le laisse passer dans Brabham Straight au 73e tour. Le Britannique est plusieurs secondes au tour plus rapide que Piquet et revient rapidement au contact, d'autant que le Brésilien commet une erreur en empruntant l'échappatoire juste avant la ligne droite. Au 78e tour, la jonction est faite.

Mansell joue le tout pour le tout

 

Mansell a clairement l'avantage des pneus mais Piquet a toujours celui de la vitesse de pointe. Et le pilote Benetton hausse clairement son niveau de jeu sous la pression de la Ferrari : il tient à distance son ancien équipier Williams en signant ses meilleurs tours de la course. Une seconde sépare les deux hommes à l'entame du dernier tour.

La situation semble s'acheminer vers un finish tranquille pour Piquet mais c'est alors que la Brabham de Stefano Modena gêne le Brésilien à l'entrée de Brabham Straight. Mansell se rapproche légèrement mais surtout Modena, dont la monoplace est elle aussi très rapide en ligne droite, est sur la trajectoire idéale. Piquet finit par se replacer juste avant le freinage mais Mansell, toujours derrière le retardataire, est à l'intérieur. Il va alors tenter de faire d'une pierre deux coups en retardant au maximum son freinage. Mais la manœuvre part de loin, de très loin, de trop loin... le Britannique passe Modena, bloque les roues et au moment où Piquet tourne, frôle l'arrière de la Benetton en tirant au large. L'accrochage est évité par miracle et la victoire revient à la surprise générale à Nelson Piquet devant Nigel Mansell et Alain Prost.

Le podium

Le podium

Australia Grand Prix d'Australie 1990

Pos Pilote Voiture/Moteur Tours Écart/Cause
1 Brazil Nelson Piquet Benetton/Ford 81 1:49'44.570
2 United Kingdom Nigel Mansell Ferrari 81 +3,129
3 France Alain Prost Ferrari 81 +37,259
4 Austria Gerhard Berger McLaren/Honda 81 +46,862
5 Belgium Thierry Boutsen Williams/Renault 81 +111,160
6 Italy Riccardo Patrese Williams/Renault 80 +1 tour
7 Brazil Roberto Moreno Benetton/Ford 80 +1 tour
8 France Jean Alesi Tyrrell/Ford 80 +1 tour
9 Italy Pierluigi Martini Minardi/Ford 79 +2 tours
10 Italy Nicola Larini Ligier/Ford 79 +2 tours
11 France Philippe Alliot Ligier/Ford 78 +3 tours
12 Italy Stefano Modena Brabham/Judd 77 +4 tours
13 France Olivier Grouillard Osella/Ford 74 +7 tours
Ab Italy Emanuele Pirro Dallara/Ford 68 Moteur
Ab Brazil Ayrton Senna McLaren/Honda 61 Sortie de piste
Ab Italy Gabriele Tarquini AGS/Ford 58 Moteur
Ab United Kingdom Johnny Herbert Lotus/Lamborghini 57 Embrayage
Ab Japan Satoru Nakajima Tyrrell/Ford 53 Sortie de piste
Ab Italy Ivan Capelli Leyton House/Judd 46 Accélérateur
Ab United Kingdom Derek Warwick Lotus/Lamborghini 43 Boîte de vitesses
Ab Brazil Mauricio Gugelmin Leyton House/Judd 27 Freins
Ab Italy Andrea de Cesaris Dallara/Ford 23 Électrique
Ab France Eric Bernard Lola/Lamborghini 21 Boîte de vitesses
Ab Italy Gianni Morbidelli Minardi/Ford 20 Boîte de vitesses
Ab Australia David Brabham Brabham/Judd 18 Sortie de piste
Ab Japan Aguri Suzuki Lola/Lamborghini 6 Transmission

 

Article suivant
Wolff : Leclerc est un "champion en puissance"

Article précédent

Wolff : Leclerc est un "champion en puissance"

Article suivant

Steiner : Liberty "veille sur la F1" en protégeant le modèle Haas

Steiner : Liberty "veille sur la F1" en protégeant le modèle Haas
Charger les commentaires

À propos de cet article

Séries Formule 1
Auteur Fabien Gaillard
Soyez le premier à recevoir
toute l'actu