Abiteboul : Chez Racing Point, "ils ont de super photographes !"

Cyril Abiteboul, le directeur général de Renault F1, est revenu de façon sarcastique mais interrogative sur la polémique liée à la Racing Point RP20 et sa ressemblance à la Mercedes W10.

Abiteboul : Chez Racing Point, "ils ont de super photographes !"
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Avant que le coronavirus et ses conséquences n'inondent les flux d'informations en entraînant annulations et reports d'épreuves en cascades, plusieurs sujets sportifs et techniques étaient au centre des débats de la F1 durant les essais hivernaux et dans les jours qui ont suivi. Parmi eux, la philosophie de conception de la Racing Point RP20.

Pas dévoilée officiellement, au profit d'une simple présentation de sa nouvelle livrée quelques jours avant Barcelone, la monoplace de l'écurie de Silverstone a effectué ses premiers tours de roue le 19 février dernier, au moment où débutaient officiellement les tests hivernaux. Il a très vite sauté aux yeux des observateurs et des fans que la philosophie des dernières saisons avait été abandonnée au profit d'un rapprochement des idées qui ont façonné la Mercedes W10 et, en partie, la W11. Mais cette monoplace qui s'est montrée assez performante en quelques heures, sans même avoir eu droit au moindre shakedown auparavant, était plus que le résultat d'une simple réorientation.

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En effet, comme les dirigeants de l'équipe désormais menée par un consortium à la tête duquel se trouve Lawrence Stroll l'ont rapidement reconnu et revendiqué, c'est un véritable travail de copie qui a été choisi pour ce qui devait alors être la dernière saison de la réglementation actuelle. "L'inspiration provient de la voiture la plus rapide de l'année dernière", reconnaissait en février Andrew Green, directeur technique, pour Motorsport.com"C'est de là qu'est venue notre inspiration. Pourquoi ne le ferions-nous pas ? Nous sommes dans une situation où nous utilisons leur boîte de vitesses [2019], nous avons la même unité de puissance, et la boîte est conçue pour aller avec une certaine philosophie aérodynamique."

"Nous avions une voiture qui était en gros septième du championnat. La réglementation a un an de plus, le développement que nous voyions avec la voiture à forte inclinaison n'allait selon moi pas aboutir. Ça valait le coup de prendre un risque. Et c'est un gros risque. Nous avons déchiré ce que nous avions fait avant, nous sommes repartis d'une feuille blanche. Par où fallait-il commencer ? Nous n'allions pas regarder du côté de la monoplace la plus lente de la grille. Nous avons regardé du côté de la plus rapide, et nous sommes partis de là. Si ça fonctionne, tant mieux. Si ça ne fonctionne pas, nous perdons une année, mais je ne crois pas que nous allons perdre quoi que ce soit par rapport au fait de ne pas le faire. En ne le faisant pas, le revers de la médaille était bien plus important." 

"Une vraie fierté du travail de faussaire"

Une situation assumée mais qui n'a pas vraiment fait sourire tout le monde, au point que la monoplace a vite hérité du sobriquet de "Mercedes rose", tant sa ressemblance avec la Flèche d'Argent qui a remporté le titre mondial chez les constructeurs et porté Lewis Hamilton au sacre l'an passé était frappante. Des questions se sont posées et se posent encore sur la méthode employée pour parvenir à un tel résultat, Racing Point assurant qu'il s'agissait simplement de l'utilisation d'énormément de photos.

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Une explication à laquelle Cyril Abiteboul, sur le plateau de l'émission "La grille" sur Canal+, a réagi avec ironie : "Ils ont des super photographes, ça c’est clair !", a ainsi lancé le directeur général de Renault F1, avant de poursuivre sur le même ton : "Déjà, quand même, je remarque l’espèce d’honnêteté qu’ils ont de dire qu’ils ont copié. C’est un peu la première fois, en tout cas dans ma mémoire depuis que je suis en Formule 1, que les gens ont une vraie fierté du travail de copie, du travail de faussaire. Comme quand on trouve un faussaire qui est hyper satisfait du boulot qu’il a fait. Bon, ça vaut quand même pas l’œuvre originale ou la fierté de travailler sur une œuvre originale..."

Mais au-delà du sarcasme, le Français soulève la question de la réalisation d'un tel projet, sans aller plus loin pour le moment. "Toute la question est de savoir si, sur la base d’informations publiques, il est possible de faire un boulot aussi précis, qui marche aussi bien ? Je ne vais pas aller plus loin à ce stade, mais c’est quand même une question qu’on est en train de se poser."

Si la situation autour du coronavirus venait à se stabiliser et permettre de courir de nouveau d'ici quelques mois, nul doute que le maintien de la réglementation 2020 en 2021 offrira l'opportunité d'aborder à nouveau cet épineux sujet...

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