Alpine n'a cru au succès d'Ocon qu'à trois tours de l'arrivée

Les données d'Alpine montraient que Lewis Hamilton pouvait revenir sur Esteban Ocon et le doubler à Budapest. Fernando Alonso a joué un rôle fondamental en ralentissant le pilote Mercedes mais le pilotage d'Ocon a également fait la différence selon Marcin Budkowski, directeur exécutif de l'équipe française.

Alpine n'a cru au succès d'Ocon qu'à trois tours de l'arrivée

Le carambolage du départ et une mauvaise stratégie de Lewis Hamilton et Mercedes ont permis à Esteban Ocon de décrocher le premier succès de sa carrière au GP de Hongrie. Le pilote Alpine a mené 65 tours, ne lâchant la tête qu'à la faveur des changements de pneus, et il a contrôlé la course de bout en bout mais son équipe a tardé à croire réellement en ses chances de s'imposer.

Huitième sur une grille de départ rendue humide par les averses, Esteban Ocon a émergé du premier virage à la deuxième place, en évitant le chaos des accidents provoqués par Valtteri Bottas et Lance Stroll devant lui. Alpine a alors vu la perspective d'un bon résultat se dessiner mais un premier doute est apparu après le drapeau rouge : fallait-il troquer les pneus intermédiaires par des slicks et renoncer à se rendre sur la grille de départ ?

"Nous étions à la deuxième place sur la grille à Budapest, où la position est très importante, on s'est demandés si on allait abandonner cette place pour un changement de pneus", a reconnu Marcin Budkowski, directeur exécutif de l'équipe française, dans le dernier épisode de This Week with Will Buxton sur Motorsport.tv. "Finalement ça n'a pas été le cas parce que tout le monde s'est arrêté, mais nous n'en étions pas certains sur le moment. Et nous sommes repartis deuxièmes."

Lewis Hamilton, seul pilote à avoir décidé de se rendre sur la grille, devançait en effet Esteban Ocon quand la course a été relancée, mais Alpine a pu commencer à rêver d'un bon résultat. "On sait que quand on est deuxième à Budapest, ça donne une chance de podium et probablement de victoire, parce que Lewis allait devoir s'arrêter", a précisé Budkowski, resté néanmoins prudent quand le Britannique a offert la tête à Ocon en changeant de gommes, puisque Sebastian Vettel a été une menace durant toute l'épreuve et tout portait à croire que Hamilton avait le temps de combler l'écart et de reprendre l'avantage.

"Il y avait des voitures derrière, comme Lewis, comme Max, avec des monoplaces bien plus rapides, et des pilotes fantastiques. Nous ne connaissions pas les dégâts de Max, et nous n'avions pas réalisé l'étendue des dégâts à l'avant de sa voitureToutes les données pour la stratégie nous disaient que Lewis reviendrait avant la fin de la course et qu'il s'imposerait. Mais les outils stratégiques sont des mathématiques, des statistiques. Ils partaient du principe que Lewis doublerait les voitures plus lentes, et il l'a fait."

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Alonso avait pour "mission" de ralentir Hamilton

Plusieurs dépassements ont néanmoins été difficiles pour Lewis Hamilton, dans son premier relais puis dans le deuxième, et il a perdu plusieurs tours – et donc plusieurs secondes – derrière certains pilotes comme Yuki Tsunoda et surtout Fernando Alonso, qui a su contenir le pilote Mercedes durant plus de dix tours. "Je pense que cette victoire, c'est aussi grâce à lui", a confié Ocon dans les instants suivant son succès.  "C'était un peu comme une mission", a ajouté Budkowski. "Chaque tour passé derrière Fernando reportait d'un tour le moment où Lewis était censé revenir sur Esteban et le doubler."

Ce n'est donc qu'en toute fin d'épreuve, quand il est devenu évident que Hamilton ne pourrait plus revenir sur le pilote tricolore, qu'Alpine a véritablement cru en ses chances de remporter la course : "À trois tours de la fin, les lignes [du graphique] ne se sont plus croisées et nous nous sommes dits 'Wahou, nous allons gagner !' Et c'était incroyable. Mais quand j'y pense, les émotions sont encore présentes, parce que jusque-là, nous ne pouvions pas y croire."

Cette offensive de Lewis Hamilton contenue par Fernando Alonso a permis à Esteban Ocon de conserver 2"736 d'avance sur le septuple Champion du monde sous le drapeau, mais ce n'est pas seulement grâce à cet élément que le Normand a pu de rejoindre le cercle des vainqueurs en Formule 1. Marcin Budkowski salue le travail d'Ocon, qui n'a jamais craqué face à la pression exercée par Sebastian Vettel tout en gérant ses pneus et sa consommation.

"Sincèrement, [chez Alpine] personne n'attribue tout le crédit à Fernando. Nous avons conscience de l'importance de la course de Fernando dans cette victoire, mais dans l'équipe il y a une grande admiration pour le pilotage de d'Esteban. Il n'a pas fait la moindre erreur. Il a tout bien fait. Nous avons senti qu'il était un peu vulnérable dans certains moments, après l'arrêt où en doublant d'autres voitures, et il aurait pu perdre cette position."

"Mais sinon, le reste du temps, il était tout simplement en gestion, il gérait son rythme. Nous lui avons demandé d'économiser du carburant dans la plus grande partie de la course. Il a dû gérer le carburant tout en se défendant face à Sebastian, il l'a fait à la perfection."

"Et les données nous faisaient penser que Lewis doublerait Fernando, puis Seb et Esteban, mais qui sait, peut-être qu'Esteban aurait pu le contenir aussi et gagner. Il n'a pas fait la moindre erreur, il a fait d'excellentes qualifications, il a fait une course excellente. Il a gardé son sang froid, il a tout bien géré. Il a fait un travail incroyable et il mérite pleinement cette victoire."

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