Analyse

Ce que disent les règles si Alpine décide de changer de moteur

Alors que l'idée d'abandonner purement et simplement le moteur Renault 2026 fait son chemin, voici comment le règlement garantit à Alpine de bénéficier d'une unité de puissance.

Esteban Ocon, Alpine A524, devant Fernando Alonso, Aston Martin AMR24

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L'hypothèse d'un abandon par Renault du projet moteur 2026 étant clairement sur la table, Alpine pourrait devenir un simple client d'un motoriste existant ou à venir. L'occasion de rappeler comment fonctionnent les règles de fourniture moteur en Formule 1.

Si une telle décision était prise par le constructeur français tout en maintenant son écurie en discipline reine, il faudrait donc trouver un accord pour disposer d'une unité de puissance de nouvelle génération. Si l'on retire Renault de l'équation, il y a à ce jour cinq autres motoristes engagés pour 2026 : Honda, Ferrari, Mercedes, Red Bull Ford et Audi.

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Toutefois, il n'est pas certain que, si de réelles négociations sont entamées, un accord soit trouvé, ne serait-ce que pour des raisons logistiques alors que les nouveaux moteurs doivent débuter en compétition dans un peu plus d'un an et demi.

Cette situation est prévue par le règlement de la F1, afin de s'assurer qu'aucune équipe ne soit privée de moteur. Ainsi, si jamais aucun accord n'est mis en place à la date du 15 mai 2025, les règles sont très claires et la discipline aura un moyen de déterminer lequel des motoristes engagés va devoir être contraint de fournir son produit à Alpine.

Le Règlement Technique 2026 sur les moteurs prévoit, comme actuellement, qu'un motoriste peut être sollicité par la FIA pour offrir une telle fourniture. En réalité, la réglementation fixe, selon une formule que nous allons détailler, le nombre de clients qu'un motoriste doit pouvoir fournir (appelé "T").

Voici la formule : T = (NTOT-A)/(B-C).

Dans le détail : 

  • T est arrondi au nombre entier supérieur.
  • A = le nombre total d'écuries sur la grille qui ont un accord pour l'année en question avec un nouveau motoriste.
  • B = le nombre total de motoristes homologués pour l'année en question.
  • C = le nombre total de nouveaux motoristes pour l'année en question.
  • NTOT = cette valeur est fixée à 11 et équivaut au nombre total d'écurie pour l'année en question, qui n'est pas connu avant novembre de l'année précédente. Ce nombre peut être révisé si le nombre de concurrents dépasse 12.
Pierre Gasly, Alpine A524

Pierre Gasly, Alpine A524

Photo de: Sam Bloxham / Motorsport Images

Dans l'hypothèse où Renault n'est plus un motoriste en vue de 2026, voici comment le calcul serait opéré : T = 11 équipes moins 3 (Red Bull, VCARB et Audi) / 5 motoristes moins deux nouveaux motoristes (Red Bull Ford et Audi). Le résultat de T est de 2,66, arrondi à 3.

Cela veut donc dire qu'un motoriste doit pouvoir fournir jusqu'à trois écuries. À l'heure actuelle, seul Mercedes remplit ce critère avec son équipe d'usine, ainsi que McLaren et Williams (Aston Martin ne sera plus motorisé par la marque allemande après 2025).

Les règles ne s'arrêtent cependant pas là puisque dans le cas où plusieurs motoristes avec moins d'écuries clientes que requis sont disponibles, le premier choix doit se porter sur le motoriste qui équipe le moins de clients. En vue de 2026, Ferrari fournit ses moteurs à sa structure officielle ainsi qu'à Haas et Red Bull Ford va équiper l'équipe d'usine et VCARB.

Cela laisse donc comme options possibles Honda et Audi, qui ne fournissent de moteur qu'à une structure (respectivement Aston Martin et l'équipe Audi d'usine). Mais là encore, le règlement prévoit que les nouveaux motoristes sont exclus de l'obligation de fourniture de moteurs.

Cela écarte Audi d'emblée, ne laissant donc comme seule possibilité une alliance potentielle entre Alpine et Honda.

Pierre Gasly, Alpine A524

Pierre Gasly, Alpine A524

Photo de: Alpine

Cela reste malgré tout de l'ordre, à ce stade, de la pure hypothèse car l'option d'une fourniture par Mercedes en 2026 reste plausible. Le constructeur allemand, dont l'usine moteur est basée à Brixworth, est actuellement à la limite du nombre d'écuries qu'il peut fournir si l'on suit le cadre de la future réglementation moteur.

En effet, une limite a été imposée quant au nombre d'écuries maximum qu'un motoriste peut équiper. L'article 1.2.3 de l'Annexe 5 du Règlement Technique sur les unités de puissance dispose que : "Sauf accord contraire de la FIA, chacun des fabricants d'une unité de puissance homologuée ne peut fournir directement ou indirectement des unités de puissance à plus de (T+1) équipes, T étant défini à l'Article 1.2.2."

Si l'on s'en tient à l'idée que Renault est bien engagé en tant que motoriste en 2026, il y aurait six motoristes et donc le calcul de T donnerait (11-3)/(6-2), soit T = 2. Donc, en appliquant +1, l'on arriverait à 3, soit le nombre d'écuries que Mercedes équipe déjà.

Avec le retrait de Renault, paradoxalement, T passerait donc à 3 et Mercedes aurait donc le droit d'accueillir une quatrième écurie dans son parc si le constructeur le souhaitait. Au-delà des questions de logistique, avoir beaucoup d'équipes clientes peut avoir un double intérêt : à la fois dans la récolte de données, ce qui peut s'avérer crucial pour le début d'une nouvelle ère réglementaire, mais également dans l'influence qu'il est possible d'exercer sur la discipline, d'autant plus face à de nouveaux acteurs comme Audi.

Bien entendu, tout cela reste dépendant des décisions pour l'avenir qui seront prises chez Renault et Alpine.

Avec Jonathan Noble

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