Analyse - Ce qui a permis à Rosberg de gagner en Autriche

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Analyse - Ce qui a permis à Rosberg de gagner en Autriche
Adam Cooper
Par : Adam Cooper
Traduit par: Benjamin Vinel
22 juin 2015 à 16:54

Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 Team
Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 W06
Podium : le deuxième, Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 avec le vainqueur, Nico Rosberg, Mercedes AMG F1
Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 Team
Le poleman Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 et son équipier deuxième, Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 in parc ferme
Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 W06 et Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W06 en lutte au départ
Départ, Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 Team et Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 Team
Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 Team et Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 Team
Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 W06 mène au départ
Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W06
Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 Team
Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 Team
Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 W06
Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 Team
Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 Team et Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 Team
Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 Team
Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W06
Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 Team
Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W06 aux stands
Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 Team
Podium : le deuxième, Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 avec le vainqueur, Nico Rosberg, Mercedes AMG F1

Le départ du Grand Prix d'Autriche allait forcément être crucial dans la lutte pour la victoire entre Nico Rosberg et Lewis Hamilton, et l'Allemand a travaillé dur pour s'assurer d'avoir l'avantage.

En Autriche, Nico Rosberg a remporté sa troisième victoire en quatre courses, mais contrairement à son succès de Monaco, celui-ci a été obtenu "à la régulière", laissant un Lewis Hamilton frustré dans son sillage.

Encore une fois, la course a peut-être eu l'air simple pour Mercedes vu de l'extérieur, mais ce n'était pas du tout le cas : pendant au moins la première moitié de la course, les deux pilotes étaient à la limites, comme l'ont montré leur entrée et sortie des stands.

En plus de cela, il y a eu du suspense dans les derniers tours lorsque Rosberg s'est inquiété d'une vibration, mais finalement, cela n'a pas eu d'impact sur le résultat final.

Le départ s'est avéré crucial, et ayant perdu ses chances de pole position avec sa sortie de piste de dernière minute, Rosberg s'est racheté. Il s'est hissé aux côtés de Hamilton dans la montée vers le premier virage, et quand le Britannique s'est décalé pour se défendre, son rival allemand était déjà là.

Rosberg a maintenu sa trajectoire au premier virage et s'est bien défendu dans la montée vers le virage 2, où Hamilton a bloqué une roue et est parti légèrement large. Rosberg a conservé l'avantage au virage 3 avant que la voiture de sécurité n'entre en action suite à l'accident entre Alonso et Räikkönen, ce qui a mis un terme aux chances de Hamilton de continuer à se battre dans ce tour.

Les réglages d'embrayage ont aidé Rosberg

Comment Rosberg est-il passé devant? Mercedes a changé ses réglages d'embrayage pour le Grand Prix d'Espagne, et depuis, l'Allemand est beaucoup plus content, Hamilton beaucoup moins.

"Nous avons développé l'embrayage et tout," explique Rosberg pour Motorsport.com. "C'est beaucoup mieux maintenant, plus constant. Donc j'ai pris beaucoup de très bons départs lors des quatre dernières courses, comme aujourd'hui, et c'est grâce aux réglages d'embrayage que mon ingénieur Evan a trouvés. Le temps de réaction, les réglages de l'embrayage, et ensuite, c'est moi qui appuie sur l'accélérateur de la bonne façon."

"Mais ce sont surtout les réglages de l'embrayage. Cela a fonctionné aujourd'hui. Et bien sûr, c'est crucial d'arriver au premier virage en premier entre nous deux. C'est presque mission accomplie, vous savez. Ok, c'était un bonus que je sois plus rapide aujourd'hui, c'était génial à voir..."

Hamilton, quant à lui, était clairement frustré. "J'ai eu un problème avec les tours moteur pendant l'attente. J'ai enlevé le pied de l'accélérateur c'était comme si je ne l'avais pas fait, puis j'ai lâché l'embrayage et j'ai énormément patiné."

"Donc, tu vois, ce n'est pas la meilleure façon de commencer la course, mais c'est quelque chose sur quoi nous allons travailler pour nous améliorer de mon côté du garage."

Directeur exécutif de l'équipe, Toto Wolff a expliqué la situation de façon un peu plus énigmatique, et a suggérer que Hamilton ne soit pas seulement victime de la technologie : "Je ne veux pas trop entrer dans les détails, mais avec la façon dont nous calibrons les départs et les embrayages, on peut faire des essais en détail, et c'est toujours un effort commun entre l'équipe et le pilote."

"Il y a eu un cas où ils ont décidé de suivre un chemin où les tours moteurs étaient un petit peu plus longs que prévu, et cela l'a pris de court, j'imagine. Le départ était tout aussi bon, mais ce qui s'est passé l'a surpris."

Il faut noter que l'Autriche est un de ces circuits où les pilotes ne sont pas autorisés à faire des essais de départ au bout de la voie des stands, ce dont Pastor Maldonado s'est plaint. À la place, ils n'en font qu'un, sur la grille, à la fin de chaque séance d'essais libres.

Cela signifie que tout le monde avait une expérience limitée comparé aux autres circuits, et la situation a été compliquée par le fait que la piste était humide à la fin des EL3 : ce départ en particulier n'était donc pas représentatif. Cependant, selon Paddy Lowe, ce n'est pas une bonne excuse.

"C'était un peu plus un défi," reconnaît le directeur technique pour Motorsport.com. "Mais je ne voudrais pas dire que cela a joué un rôle. Ce départ n'était pas un désastre ; en fait, les départs étaient très similaires."

"Je pense que la clé n'était pas le départ, Nico était simplement rapide aujourd'hui. On a vu que dans les deux relais, il était capable d'effectuer des temps au tour face auxquels Lewis ne pouvait pas rivaliser, en général..."

Le départ n'a joué qu'un rôle mineur

Bien sûr, le départ a fait pencher la situation en faveur de Rosberg, mais ce qui a vraiment fait la différence, c'est la vitesse que l'Allemand a montré. Ce n'était peut-être pas si évident au début, puisque l'écart est resté autour des deux secondes jusqu'au 16e tour. À ce stade, il semblait que Hamilton contrôle la situation, et le Britannique était en réalité plus content de ses pneus que Rosberg.

"Il y a eu une petite différence dans les pressions de pneus," explique Lowe. "Ce qui expliquerait cela, je pense. Nico avait des pressions légèrement basses, et cela l'a handicapé après le restart. Mais elles sont remontées peu après."

En effet, à partir du 17e tour, Rosberg a creusé un écart de plus de quatre secondes, avant que Hamilton ne revienne quelque peu jusqu'à l'arrêt au stand de son coéquipier au 33e tour.

Rosberg était vraiment à la limite à l'entrée des stands, toutes roues bloquées, mais a suffisamment ralenti avant la ligne blanche. C'était toutefois serré, et une erreur aurait pu lui coûter une pénalité pour excès de vitesse.

"J'étais un peu à la limite," a-t-il déclaré. "Mais j'ai tapé dans le mille. J'arrivais, j'ai fermé un oeil, j'ai vu la ligne arriver, mais cela s'est très bien passé. Je voyais ma vitesse sur la ligne, et je savais que c'était parfait. Cela a l'air un peu risqué, je suis d'accord..."

Hamilton, quant à lui, était vraiment à la limite à la sortie des stands et en a payé le prix, puisqu'il a écopé d'une pénalité de cinq secondes pour avoir franchi la ligne blanche.

"Pour moi, cela souligne à quel point Lewis et Nico sont fantastiques et ne font pas d'erreurs en général, pour être honnête," insiste Lowe. "Leur taux d'erreurs est incroyablement bas. Zéro, plus ou moins."

La pénalité de Hamilton

La pénalité de Hamilton a toutefois mis un terme à la bataille pour la victoire. Le Britannique lui-même a reconnu qu'après son erreur, il a juste fait en sorte de voir l'arrivée en deuxième place. "Cela nous a facilité la tâche sur le muret des stands," admet Lowe. Rosberg, quant à lui, n'a pas ralenti, bien que la pression sur ses épaules ait diminué.

"La principale inquiétude était la pénalité de cinq secondes de Lewis," confirme Lowe. "Et le risque de voiture de sécurité, car cela aurait généré toutes sortes de scénarios qui auraient été assez difficiles avec la pénalité de Lewis."

Cela n'a pas été facile pour Rosberg non plus, qui subissait des vibrations de ses pneus avant suite à un blocage de roue. "L'usure des pneus avant était très extrême," se souvient-il. "Des morceaux de pneus ont commencé à s'envoler, et cela a commencé à vibrer. Ensuite, cela s'est stabilisé, et ça allait, ce n'était simplement pas confortable."

"Ses pneus ont commencé à grainer," explique Lowe. "Et le graining était clairement un peu asymétrique. C'est quelque chose que nous avons déjà vu avec le graining. Il ressentait des vibrations. Mais il s'inquiétait beaucoup plus, donc il s'agissait davantage de le rassurer. C'était largement sous contrôle."

Au final, Rosberg a franchi la ligne avec près de quatre secondes d'avance sur son coéquipier, neuf secondes après ajout de la pénalité. "C'était une des victoires plus faciles," a déclaré l'Allemand. "Il n'y avait pas de pression, à part un petit peu à l'arrêt au stand, mais je me suis arrêté en premier, donc j'étais très à l'aise."

"C'est génial, parce que les compétences de course sont le domaine où j'avais besoin de progresser un petit peu par rapport à l'an dernier, et cette année, cela se passe vraiment bien, donc je suis heureux à ce sujet."

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À propos de cet article

Séries Formule 1
Événement GP d'Autriche
Lieu Red Bull Ring
Pilotes Nico Rosberg Boutique
Équipes Mercedes
Auteur Adam Cooper
Type d'article Analyse