Aston Martin se voit en "élément perturbateur" des discussions

Au beau milieu de discussions qui se poursuivent encore pour définir ce que sera la motorisation F1 en 2021, Aston Martin a le sentiment d'être un "élément perturbateur". Une position revendiquée.

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Le constructeur britannique s'est dit "encouragé" le mois dernier par la direction que semble prendre la F1 sur le plan de la future motorisation. Présenté par la FIA et Liberty Media début novembre, le projet n'a toutefois pas reçu un accueil favorable de trois des quatre motoristes aujourd'hui engagés en Formule 1, à savoir Mercedes, Renault et Ferrari.

Partenaire de Red Bull Racing depuis maintenant deux ans, Aston Martin deviendra l'an prochain le sponsor titre de l'écurie autrichienne et porte dans le même temps un intérêt grandissant pour devenir motoriste en 2021. À ce titre, la marque est représentée lors des discussions destinées à trouver la bonne réglementation future.

"Nous sommes parfaitement conscients que les motoristes actuellement en place essaieront d'amener la F1 vers ce qu'ils ont en ce moment", explique à Motorsport.com Andy Palmer, PDG d'Aston Martin. "Je le ferais aussi si j'étais à leur place. Nous sortons du lot comme un élément perturbateur, ce que j'aime bien. Si nous faisons un moteur, nous ne le ferons pas nous-mêmes. Nous allons commencer maintenant à chercher des partenaires. C'est un partenariat d'un point de vue technique et de production. Nous débutons cette étude actuellement, en parallèle de l'intrigue autour de la réglementation."

Réduction des coûts et standardisation

Pour mener à bien son engagement éventuel en Formule 1, Aston Martin a depuis longtemps fixé des conditions claires. La plus importante concerne les coûts, qui doivent être significativement moindres par rapport à ce qui se fait depuis le début de l'ère hybride, mais la standardisation d'une partie des unités de puissance est également évoquée.

"Nous avons rédigé une lettre que nous avons remise à la FIA et à Liberty, qui dit 'voici ce que nous pensons' avec le point de vue d'un motoriste indépendant", insiste Andy Palmer. "Le point principal dans notre position est d'essayer de standardiser l'extrémité inférieure, de manière à ce qu'un motoriste indépendant puisse l'acheter à d'autres. Il n'y a pas de concurrence dans cette zone. Débarrassons-nous de la récupération [d'énergie] par la chaleur sur le turbocompresseur. Des centaines de personnes travaillent sur quelque chose qui n'est pas pertinent."

"Dans ce que nous avons soumis, il y a également la limite des coûts de développement, ce qui tourne principalement autour du fait de limiter les heures au banc d'essai de la même manière que ce qui est fait avec le [développement du] châssis. Ça n'a pas encore été traité. Ce qui est ressorti, c'est une bonne réflexion sur ce que nous avons demandé, c'est encourageant. Cela signifie que nous sommes toujours intéressés. Nous ne sommes pas une immense société. Nous devons dépenser notre argent prudemment, ce qui fait que la limitation au niveau du banc d'essai va être la prochaine étape clé. Si je comprends bien, nous avons un an pour faire mûrir la réglementation."

Depuis qu'il est à la tête d'Aston Martin, Andy Palmer a réussi à stabiliser la marque économiquement, mais recherche encore des investissements. Ce sera d'autant plus le cas si le projet de motorisation F1 voit le jour.

"Nous ne sommes plus l'entreprise que nous étions il y a trois ans, donc nous ne sommes pas à court d'argent, mais ce n'est pas illimité", prévient-il. "Je vois une manière de le financer [le projet F1] si tous les critères que nous avons fixés sont réunis et acceptables. Je dois encore travailler dessus. Nous comprenons ce dans quoi nous nous engageons. À la base, je suis ingénieur moteur, et nous avons deux ingénieurs F1 extrêmement professionnels, nous avons Red Bull derrière nous."

Aston Martin a en effet confié l'évaluation technique de son projet à deux anciens de la maison Ferrari, Luca Marmorini et Joerg Ross.

Propos recueillis par Lawrence Barretto

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