Aston Martin ne regrette pas le pari de Vettel sur les slicks

Sebastian Vettel a peut-être perdu un point en tentant de chausser les pneus slicks sur la piste humide de l'Istanbul Park, mais Aston Martin ne regrette rien.

Aston Martin ne regrette pas le pari de Vettel sur les slicks

C'était un pari audacieux, qui est loin d'avoir porté ses fruits : sur une piste assez peu humide qui semblait de surcroît sécher tout doucement, Sebastian Vettel a tenté de troquer ses pneus intermédiaires pour des slicks au 36e tour du Grand Prix de Turquie, alors qu'il occupait la dixième place sous la menace d'Esteban Ocon.

Au début de ce tour-là, son ingénieur de course Tim Wright a signalé "Ricciardo est très rapide avec ses intermédiaires plus frais", avant de demander dans le virage 11 : "Nous envisageons un arrêt au stand. Est-ce que tu aimerais essayer un dur – pardon, un tendre pour le sec ?" Vettel a répondu sans l'ombre d'une hésitation : "Mediums. Mediums, on y va." Le quadruple Champion du monde n'a toutefois pas tardé à comprendre son erreur, laissant filer plus d'une minute en une multitude de glissades et un nouvel arrêt au tour suivant pour repasser en intermédiaires.

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Vettel a ainsi fini la course 18e, loin derrière le peloton (et loin devant les Haas), mais malgré tout, chez Aston Martin, il n'y a manifestement pas de regrets. "Lui-même voulait faire un pari, nous ne lui avons pas dit non", indique le directeur d'équipe Otmar Szafnauer à Motorsport.com, avec par la suite une version des faits légèrement différente de la réalité. "Seb nous a dit à la radio : 'Je veux des pneus secs, mettez les mediums', et nous ne l'avons pas contesté, nous avons fait ce qu'il a dit. Cela s'est fait relativement vite, nous n'avons pas débattu si longtemps avec lui."

"Souvent, nous disons que dans de telles conditions séchantes, c'est au pilote de décider. Nous l'avons donc fait. Dans l'autre sens, c'est plutôt à l'équipe, mais sur une piste séchante, c'est le pilote qui a la sensation en piste. Je pense juste que ce circuit ne sèche pas normalement, alors c'est dur à prédire. Il a su d'emblée que l'adhérence n'était pas au rendez-vous, alors il est rentré au stand au tour suivant, mais il a perdu beaucoup de temps."

Otmar Szafnauer, team principal et PDG, Aston Martin F1, est interviewé

L'équipe a-t-elle le moindre regret d'avoir laissé filer cette dixième place ? "Il faut faire confiance [à Vettel]", assure Szafnauer, "et l'autre chose à laquelle il faut croire, c'est qu'il est bon sous la pluie et dans des conditions délicates – et c'est exactement ce qu'il a été lors de cette course. Alors s'il dit qu'il en est capable, qui sommes-nous pour débattre ? Mais je pense que ce n'était pas la norme, c'est un circuit différent sous la pluie."

"Aurait dû, aurait pu… Si cela avait fonctionné et qu'il avait fini quatrième ou sur le podium, nous aurions été contents. Pas de risque, pas de récompense", assure l'Américain. Mais dans les faits, il était extrêmement invraisemblable que Vettel se hisse ainsi sur le podium : au moment de ce pari, l'Allemand avait six secondes de retard sur Lando Norris, neuvième, 22 sur Carlos Sainz, huitième, et 45 sur Max Verstappen, troisième. À ce stade, Vettel tournait à 12 secondes de son meilleur temps du week-end, réalisé sur une piste parfaitement sèche, et même s'il avait pu tourner 12 secondes plus vite, nul doute que ses rivaux l'auraient remarqué très rapidement et seraient rentrés au stand dès le tour suivant.

"Ce n'est pas que l'arrêt supplémentaire qui l'a tué, car on perd environ 20 secondes dans les stands ici, ce sont les 30 secondes qu'il a perdues dans ce tour", ajoute Szafnauer. "En intermédiaires, il a fait des chronos vraiment bons une fois qu'il a passé la phase de grainage."

Lance Stroll, quant à lui, a marqué les deux points de la neuvième place en doublant aisément Ocon, qui avait les mêmes pneus depuis le départ, au 53e des 58 tours au programme. Le Canadien a toutefois perdu gros en laissant filer 12 secondes à cause d'un problème lors de son arrêt au stand, dont sept sur son principal adversaire Carlos Sainz, qui a également connu un souci dans la pitlane. Or, justement, sept secondes les séparaient après leurs arrêts respectifs…

"Une bonne performance, solide, il a fait de bons chronos pendant toute la course", se satisfait Szafnauer. "Je pense que nous l'avons fait rentrer au stand au bon moment. Malheureusement, nous avons fait un arrêt un peu lent, et c'est dur de dire où il se serait retrouvé. [Carlos] Sainz était très rapide une fois qu'il a passé la phase de grainage, mais Lance aussi, alors c'était une bonne performance."

Aston Martin reste néanmoins à bonne distance d'Alpine et d'AlphaTauri au championnat des constructeurs, avec 43 et 31 points de déficit sur ces deux écuries.

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