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Audi estime avoir le quatrième meilleur châssis de la grille F1

Le directeur d'Audi, Mattia Binotto, estime que les données GPS recueillies lors des premières manches de la saison 2026 de F1 montrent que l'écurie allemande dispose du quatrième meilleur châssis du plateau.

Nico Hulkenberg, Audi F1 Team

Photo de : Sam Bloxham / LAT Images via Getty Images

Mattia Binotto a une vision très claire des objectifs d'Audi, notamment à long terme, un élément crucial car cela implique de disposer d'une feuille de route précise détaillant les étapes nécessaires pour transformer cette ambition en succès à l'échelle de la F1. Pour sa première saison en tant qu'écurie officielle, Audi dispose déjà d'une base solide.

Évoquant ainsi le début de saison 2026, Binotto a souligné les forces et les faiblesses de la R26, révélant que, d'après l'analyse des données et les estimations GPS, Audi semble disposer du quatrième meilleur châssis du plateau. La structure, qui occupe actuellement la neuvième place au classement constructeurs, se situe vraisemblablement derrière Ferrari, Mercedes et McLaren aux yeux de Binotto, Red Bull étant actuellement plus loin derrière mais créditée du deuxième meilleur moteur.

"Je suis très satisfait du châssis", a déclaré Binotto lors du podcast Beyond the Grid. "Même en discutant avec les pilotes, pas seulement par rapport à l'analyse de la télémétrie GPS. Tout d'abord, nous sommes parvenus à une bonne corrélation entre la soufflerie et le simulateur. C'est en termes de plateforme d'ingénierie que c'était le plus important. Encore une fois, dans nos procédures et notre méthodologie, nous avons fait un pas en avant."

"Mais je pense que notre voiture est assez rapide dans les virages. Nous pensons que nous sommes peut-être même la quatrième équipe en termes de châssis, ce qui, étant donné notre passé en tant que Sauber, est un résultat exceptionnel."

Un moteur à améliorer

Mattia Binotto (Audi)

Mattia Binotto (Audi)

Photo de: Jakub Porzycki / NurPhoto via Getty Images

Cette conclusion confirme toutefois, comme Binotto l'a lui-même souligné à plusieurs reprises, qu'Audi accuse encore du retard en matière de motorisation. L'écurie a été confrontée à des problèmes de fiabilité depuis le début de la saison, un de ses pilotes ayant toujours manqué le départ lors des Grands Prix d'Australie et de Chine. Son meilleur résultat jusqu'ici a été la neuvième place de Gabriel Bortoleto à Melbourne. 

Naturellement, le constructeur devrait pouvoir bénéficier des concessions de l'ADUO. Si l'on considère la situation dans son ensemble, la véritable surprise n'est pas qu'Audi soit à la traîne sur ce plan par rapport à d'autres motoristes plus expérimentés (après tout, il s'agit de son tout premier moteur F1), mais plutôt que Red Bull Powertrains ait réussi à produire un bloc aussi compétitif dès sa première tentative, ce qui est très impressionnant.

Avec une base solide désormais en place du côté du châssis, où il y a évidemment encore une marge de progression par rapport aux meilleures équipes, l'objectif est de faire un bond en avant décisif avec le moteur.

Forte d'un châssis performant, Audi vise désormais à améliorer ses moteurs.

Forte d'un châssis performant, Audi vise désormais à améliorer ses moteurs.

Photo de: CHARLY TRIBALLEAU / AFP via Getty Images

Binotto estime qu'il n'est pas réaliste d'envisager combler l'écart dès 2027, faisant de 2028 un objectif bien plus crédible, quelle que soit l'évolution du règlement. Et il ne s'agit pas seulement d'une question de puissance pure, mais aussi de comportement du bloc, deux éléments qui doivent fonctionner en parfaite harmonie.

"Sur la voie qui nous mènera à 2030, je pense que le prochain véritable jalon sera 2028, car pour remporter, comme vous l'avez dit, des victoires, des podiums et de bons résultats, il faut également une excellente voiture. Il ne s'agit pas seulement de l'infrastructure ou de la taille de l'équipe. Il faut une excellente voiture."

"Et si l'on mesure aujourd'hui l'écart qui nous sépare des meilleurs concurrents, le plus grand écart provient peut-être davantage des performances du groupe motopropulseur, de l'unité de contrôle et du comportement, domaines dans lesquels nous pensons qu'un effort significatif est nécessaire pour combler le retard."

"Et s'agissant du moteur, les délais sont toujours plus longs. Le temps de développement d'un moteur est plus long que celui de l'aérodynamique. C'est pourquoi je dis que la prochaine avancée significative ne pourra peut-être pas être rapide, car nous devrons modifier le matériel. Ainsi, pour améliorer notre moteur actuel afin qu'il soit meilleur ou aussi performant que ceux de nos concurrents, nous estimons que cela ne sera pas possible d'ici 2027, mais que nous atteindrons le niveau requis d'ici 2028."

Un titre possible dès 2030 ?

Audi espère jouer le titre à compter de 2030.

Audi espère jouer le titre à compter de 2030.

Photo de: Clive Mason / Getty Images

À long terme, Binotto vise l'année 2030, date à laquelle Audi devrait enfin être en mesure de se battre aux avant-postes en F1.

Sur ce plan également, en collaboration avec l'équipe et la direction de la marque, Binotto a tracé une feuille de route détaillée, car transformer l'une des plus petites écuries de F1 en termes d'effectif en une structure capable de rivaliser pour le titre prend du temps. C'est un parcours qui exigera des progrès tant au niveau des ressources humaines que des infrastructures.

"Nous en avons convenu et discuté avec l'équipe, et même si nous avons fixé un objectif pour 2030, nous disposons d'une feuille de route pour y parvenir, et nous avons des objectifs pour 2026, mais la feuille de route consiste d'abord à devenir compétitifs en tant qu'équipe et peut-être à nous positionner comme challengers", a déclaré Binotto. "Et ensuite, [comme] un véritable, disons, candidat potentiel à la victoire et au titre final."

"Maintenant, 2026 est notre toute première saison sous le nom d'Audi, et d'une certaine manière, devenir compétitifs est vraiment l'ambition et l'objectif que nous nous sommes fixés pour la saison ; il ne s'agit pas du nombre de points, ni du nombre de Q3 ou de n'importe quelle autre position au championnat. C'est une transformation de mentalité."

Nico Hülkenberg et Gabriel Bortoleto sont les deux pilotes d'Audi pour sa première saison officielle en F1.

Nico Hülkenberg et Gabriel Bortoleto sont les deux pilotes d'Audi pour sa première saison officielle en F1.

Photo de: Clive Mason / Getty Images

C'est l'un des points clés soulignés par Binotto. Pour bâtir une équipe de niveau championnat, il ne suffit pas de disposer d'installations de pointe et d'ingénieurs de haut niveau ; il faut également adopter un état d'esprit de vainqueur. Et il est tout à fait logique qu'une équipe qui, jusqu'à présent, s'est battue en milieu de tableau avec un budget serré, doive désormais faire un bond en avant significatif sur ce plan également.

"Devenir compétitifs signifie que chaque membre de l'équipe comprenne ce que signifie la compétition et ce que représente Audi", a-t-il poursuivi. "Il ne s'agit plus, comme nous l'avons déjà dit, de se contenter de participer, mais de ne négliger aucun détail, d'aller de l'avant, de placer la barre plus haut et de relever le défi de s'améliorer à chaque course."

"Et je serais très heureux si, d'ici la fin de la saison, cette mentalité, cet état d'esprit, étaient non seulement évidents pour nous, mais aussi pour les fans et les médias, qui verraient la transformation d'une équipe. De façon à ce que, d'ici la fin de la saison, tout le monde puisse voir qu'Audi est désormais de la partie et qu'elle passe aux choses sérieuses."

Ce travail est multiforme mais interdépendant, car le recrutement d'ingénieurs de haut niveau issus d'autres équipes déjà couronnées de succès peut sans aucun doute renforcer ce processus. C'est pourquoi, avant son départ, Jonathan Wheatley avait été choisi pour diriger l'équipe : non seulement pour sa connaissance du règlement et de l'identité des meilleurs ingénieurs du paddock, mais aussi pour la mentalité de gagnant qu'il a développée chez Red Bull.

Ce n'est pas un hasard si Audi a ouvert un site en Angleterre pour attirer de nouveaux collaborateurs, tout comme elle s'efforce d'agrandir ses installations à Hinwil afin d'accueillir ceux qui arrivent en Suisse. Cependant, le siège de Hinwil mérite particulièrement d'être examiné, car c'est là, dans l'ancienne usine Sauber, que sont développés le châssis et l'aérodynamique de la voiture, tandis que le moteur est conçu en Allemagne.

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