Il y a 40 ans : Ayrton Senna, une star est née à Monaco
Le 3 juin 1984, Ayrton Senna se révélait au grand public en rivalisant avec les ténors de l’époque sur sa modeste Toleman, lors d’un Grand Prix de Monaco baigné par la pluie et écourté par un drapeau rouge, et qui a aussi mis en lumière le jeune Stefan Bellof.
Ayrton Senna, la légende
Un dossier spécial pour retracer la carrière d'Ayrton Senna, pilote légendaire qui a marqué de son empreinte l'histoire de la Formule 1.
Début 1984, Ayrton Senna n'était encore qu'un jeune pilote prometteur encore timide mais déterminé, débutant en Championnat du monde de Formule 1.
Certes auréolé de ses succès dans les formules de promotion, après avoir atomisé la concurrence en F3 britannique en 1983, saison conclue par la victoire au Grand Prix de Macao -, le natif de São Paulo, alors âgé de 24 ans, avait encore tout à prouver.
S'il avait eu l'opportunité d'effectuer ses premiers tours de roue en F1 lors d'un essai privé sur une Williams, c'est sur une Toleman qu'il mit le pied à l'étrier en Grand Prix. Contraint à l'abandon pour ses débuts chez lui (ou presque) au Brésil, sur le circuit de Jacarepagua, Senna allait marquer ses premiers points en Afrique du Sud (6e) puis en Belgique (6e), avant d'être privé du Grand Prix de Saint-Marin à Imola en raison d'une brouille entre son équipe et Pirelli. Contraint à l'abandon au Grand Prix de France, le Sud-Américain rongeait son frein avant de se disputer son premier Grand Prix de Monaco.
Ayrton Senna, un jeune pilote encore peu connu avant Monaco.
Photo de: Rainer W. Schlegelmilch / Motorsport Images
À l'issue des premiers Grands Prix de la saison, Alain Prost et Niki Lauda, les deux équipiers de chez McLaren, pointaient en tête du championnat avec deux victoires chacun, seul Michele Alboreto ayant su contrer l'hégémonie de l'écurie britannique en imposant sa Ferrari à Spa-Francorchamps.
Senna prend ses marques dans les rues de la Principauté, mais ne peut faire mieux que le 13e temps des qualifications, à plus de deux secondes de la pole signée par Prost. Mais les conditions climatiques allaient se dégrader pour la journée du dimanche, et les cartes allaient être grandement redistribuées.
Sous une pluie battante, le départ était retardé de 45 minutes, avant que le peloton ne soit finalement lâché, Prost emmenant la meute dans des conditions de visibilité très difficiles, alors que les deux Renault de Derek Warwick et Patrick Tambay restaient déjà sur le carreau.
Parti deuxième au volant de sa Lotus, Nigel Mansell finissait par passer Prost au neuvième tour pour s'emparer du commandement. Mais le Britannique partait à la faute six tours plus tard, tapait le rail et abandonnait. Alain Prost reprenait la tête.
Alain Prost, McLaren, devance la révélation Ayrton Senna
Photo de: Ercole Colombo
Alors que la pluie s'intensifiait, la surprise vint du jeune Senna, qui remontait ses adversaires les uns après les autres. Après avoir disposé de la Ferrari de René Arnoux, puis de la McLaren de Niki Lauda, lesquels étaient longtemps en lutte pour la deuxième place, la Toleman fondait sur le leader Alain Prost.
Mais cela faisait plusieurs tours que ce dernier faisait signe aux officiels de stopper la course, à chaque passage sur la ligne droite des stands. Et au 32e tour de course, la direction de course brandissait le drapeau rouge en raison des conditions trop difficiles, et l'épreuve était définitivement stoppée.
Prost stoppait dans la ligne droite des stands, et Senna passait la ligne d'arrivée en vainqueur mais, après quelques minutes de flottement, le Français était déclaré vainqueur, le classement ayant été pris au tour précédent comme le voulait le règlement.
Frustré, Ayrton Senna s'était révélé au grand public, et décrochait son premier podium en F1 derrière celui qui allait devenir son rival numéro un quelques années plus tard. Il signait aussi son premier meilleur tour en course.
Stefan Bellof, l'autre révélation du GP de Monaco 1984
Photo de: Rainer W. Schlegelmilch / Motorsport Images
Derrière, un autre jeune pilote se révélait : parti 20e et bon dernier sur sa Tyrrell, Stefan Bellof avait également profité des conditions pour démontrer son talent. Remonté à la troisième place, il voyait en revanche son résultat annulé en fin de saison suite à la disqualification de l'écurie Tyrrell pour irrégularité technique.
Promis à un bel avenir lui ausi, le jeune Allemand se tuait l'année suivante sur une Porsche 956B lors des 1000 km de Spa.
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires