Bahreïn : Aperçu technique avec Pascal Vasselon

L'accident de Timo lors du Grand Prix d'Australie a-t-il suscité des problèmes techniques pour le Grand Prix suivant, à cinq jours d'intervalle ?Le châssis de la monoplace de Timo est actuellement en cours de réparation à Cologne, mais au bout du...

L'accident de Timo lors du Grand Prix d'Australie a-t-il suscité des problèmes techniques pour le Grand Prix suivant, à cinq jours d'intervalle ?


Le châssis de la monoplace de Timo est actuellement en cours de réparation à Cologne, mais au bout du compte, il n'a pas beaucoup souffert. Les dégâts mineurs constatés sont surtout d'ordre cosmétique, le gros de l'impact ayant été supporté par les éléments de suspension. Celle-ci a énormément encaissé, mais le châssis sera bientôt à nouveau bon pour la course. Nous avions fait venir un autre châssis par avion pour le Grand Prix de Malaisie.

Le rythme soutenu sur le tracé malais augure-t-il d'une bonne saison ?


Seules les statistiques seront à même de révéler toute la vérité, mais le plus gratifiant dans l'affaire, c'est notre niveau de compétitivité affiché à Sepang : parfaitement dans la lignée de notre dernier essai hivernal sur le tracé de Barcelone, alors que nous étions un cran en dessous à Melbourne. Le circuit d'Albert Park est réputé pour révéler les problèmes de performance. Il vous montre des choses étranges qui ne se reproduisent plus durant le reste de la saison. Dès lors, nous savions que nous devions restés circonspects afin de ne pas tirer de conclusions trop hâtives du premier Grand Prix. Nous n'avons pas été mauvais en Australie, mais ce qui est sûr, c'est que nous n'étions pas aussi rapides qu'en Malaisie.

Timo s'est qualifié dans les dix premiers à deux reprises : est-ce prometteur ?


On n'aurait guère pu être meilleur en termes d'essais qualificatifs. Timo n'est certes pas un parfait rookie dans le monde de la Formule 1, mais ses quelques Grands Prix disputés pour Jordan en 2004 commencent à dater. Il a prouvé qu'il était capable d'être très rapide sur un tour quand c'était nécessaire. C'est ce qu'on attend d'un pilote. Accéder à la 3ème manche des essais qualificatifs des deux premiers Grands Prix de la saison alors que le plateau était bien relevé est un très bel exploit.

Timo s'est déjà plaint de ses pneumatiques qu'il n'arrive pas à exploiter pleinement : il semblerait que ce soit toujours le cas, n'est-ce pas ?


C'est un problème de plus en plus récurrent depuis le début de la saison pour toutes les écuries et il semble que ça n'ait rien à voir avec le rythme imposé par le pilote. De l'avis de tous, il est parfois difficile de faire fonctionner les pneumatiques dans leur plage de performance optimale. Ce phénomène est certainement accentué par la disparition de l'antipatinage pour cette saison.

Timo a déclaré qu'il était arrivé à bien exploiter les gommes tendres le samedi matin, mais qu'il avait eu plus de mal avec les pneus durs en qualifications. À quoi est-ce dû ?


C'est très logique : les pneus durs sont toujours un peu plus difficiles à exploiter, tout simplement parce que leur gomme, trop dure, n'est pas adaptée aux conditions. Ils préviennent bien le phénomène de dégradation, mais leur manque d'adhérence est immédiatement perceptible. Il est difficile de maintenir un pneumatique dans sa plage de fonctionnement optimal. Par conséquent, la différence entre les deux types de gomme ressentie par Timo est logique. Les gommes optionnelles ont été utilisées à Sepang. Elles ont fonctionné au mieux de leurs performances, d'autant qu'il était plus facile de les y maintenir. Mais en dépit d'un moins bon comportement des pneus durs par rapport à la monte optionnelle, nous n'avons pas remarqué de problèmes anormaux, hormis le manque d'adhérence qui doit être maîtrisé dans les premiers tours. Malheureusement, Timo n'a pas eu la chance de le remarquer, après que Nico Rosberg l'ait percuté au premier tour, lui brisant sa suspension.

Bahreïn est le prochain Grand Prix du calendrier. Avez-vous été satisfait des performances de la TF108 sur le tracé de Sakhir durant l'intersaison ?


Je suis très content des nos essais hivernaux à Bahreïn et ce, pour plusieurs raisons. Tout d'abord, nous avons choisi ce circuit parce que nous étions sûrs d'avoir beau temps et même s'il n'a pas fait extrêmement chaud, la température était raisonnablement élevée, de sorte que ce fut une bonne préparation. Ensuite, le tracé combine idéalement des portions lentes où la motricité est un facteur déterminant et des virages très rapides, ce qui nous a permis de faire progresser l'ensemble du package sur une plage représentative de paramètres. Enfin, Bahreïn marque aussi le début de nos développements pour la saison 2008, en termes d'adaptation des réglages. Nous sommes assez optimistes pour ce troisième Grand Prix, car nous partons sur de bonnes bases grâce aux tests hivernaux que nous y avons réalisés.

La poussière est-elle un facteur déterminant sur ce tracé ?


Lorsque ce Grand Prix était le premier inscrit au calendrier de la saison 2004, le soleil et la poussière posaient d'importants problèmes et la majorité des écuries se préparaient alors intensément à ces paramètres, notamment en termes de filtrage. Nous nous attendions à une contamination importante des pneumatiques. Personnellement, je pense qu'il ne s'agit pas d'un problème très important. Lorsque nous nous sommes rendus à Bahreïn en février dernier, la piste était propre après une demi-journée de roulage. Nous ne pouvons vraiment assurer que le sable et la poussière sont des facteurs problématiques majeurs, bien qu'en présence de très forts vents, les choses peuvent empirer.

Le tracé de Sakhir met les freins à rude épreuve. Peut-on s'attendre à des problèmes de ce côté-là ?


À l'heure actuelle, nous ne devrions plus avoir de surprise. Le circuit de Bahreïn est effectivement très exigeant pour les freins, mais c'est un paramètre qui est normalement maîtrisé de toutes les écuries, grâce aux simulations et à la compréhension fine des exigences. L'on se rend immédiatement compte que le niveau des forces de freinage relevé sur ce circuit fait du Grand Prix de Bahreïn le troisième ou le quatrième circuit le plus exigeant en la matière. Ce n'est pas le plus dur du calendrier, Montréal le surclassant, mais le refroidissement et l'usure doivent être surveillés de près.

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