Ben Sulayem veut supprimer la limite de mandats pour le président FIA
L'actuel président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, souhaite proposer une abolition de la limite du nombre maximal de mandats qu'une personne peut passer à la tête de l'instance.
Photo de : Sam Bloxham / Motorsport Images
Selon des informations de la BBC, depuis confirmées par Motorsport.com, Mohammed Ben Sulayem s'est lancé dans le projet de faire tomber la limite de mandats de président de la FIA. L'Émirati âgé de 64 ans est lui-même dans son second mandat après avoir été réélu sans aucune opposition fin 2025.
Selon les règles actuelles dans le domaine, il n'est pas possible d'exercer plus de trois mandats. C'est l'article 20.10 des statuts de la FIA qui l'impose en disposant que "le président de la FIA ne peut exercer plus de trois mandats, consécutifs ou non, soit une durée maximale de 12 ans".
Cette limite a été fixée sous la précédente présidence, celle de Jean Todt. Le Français s'est tenu à cette règle puisqu'il avait pris les rênes de l'instance en 2009 et a terminé son troisième et dernier mandat fin 2021.
Avant lui, Max Mosley avait été aux manettes entre 1993 et 2009, et ce n'est qu'en raison de désaccords profonds avec les écuries et sur fond d'affaire de mœurs qu'il avait décidé de ne pas briguer un cinquième mandat.
Le projet de Ben Sulayem de faire sauter cette limite devra passer par une modification des statuts de la FIA, qui sera discutée et soumise au vote de l'Assemblée générale de la fédération le mois prochain. Une approbation de cette modification est attendue.
Interrogé par Motorsport.com, un porte-parole de la FIA a indiqué : "Une proposition a été présentée afin de mettre en place une approche cohérente en matière de mandat au sein de toutes les instances de la FIA, à l'instar de ce qui existe actuellement pour les Conseils mondiaux et le Sénat."
"Cette proposition doit être approuvée par le Conseil mondial et par l'Assemblée générale. Les instances de la FIA conservent toute autorité pour élire démocratiquement leurs responsables."
Si les membres du Sénat ou du Conseil mondial ne sont effectivement frappés d'aucune limite, d'autres rôles au sein de la FIA sont soumis à la limite qui touche le président, comme celui de président du comité antidopage ou encore celui de président du comité sur le plafond budgétaire F1. Là aussi, elle devrait être révoquée pour ces postes.
Quand la BBC a demandé pourquoi le choix était fait de supprimer cette limite au lieu de la généraliser à tous les postes de responsabilité, le porte-parole de la FIA n'a pas donné de réponse spécifique. Il a cependant renvoyé vers l'exemple de la NFL, le championnat états-unien de football américain, où Roger Goodell occupe le poste de commissaire depuis 2006, en ayant "fait de ce sport une marque mondiale, avec un bilan remarquable en matière de gouvernance".
Vers un nouveau durcissement des règles de candidature
Laura Villars avait tenté, comme d'autres, d'accéder à l'élection présidentielle de 2025, sans succès.
Photo de: Laura Villars
La BBC rapporte également que - dans la foulée des changements qui avaient été mis en place avant l'élection de l'an passé et qui ont grandement contribué à réduire le nombre de candidats potentiels à la tête de la FIA - d'autres mesures pour durcir les conditions d'accès à la candidature sont envisagées.
Ainsi, l'ajout d'une exigence, de la part des candidats, de "justifier d'une expérience suffisante au sein d'un organisme membre de la FIA ou d'une instance de la FIA" devrait être proposée. La date limite pour que tout candidat détaille la liste de ses vice-présidents pourrait également passer de 49 jours avant l'élection à 100 jours.
Ces deux mesures, si elles étaient bien validées, sont évidemment de nature à rendre plus difficile encore la possibilité pour des personnalités de s'opposer au président en exercice.
Pour rappel, l'élection pour la présidence de la FIA de l'an passée avait été jouée avant même le vote puisqu'une règle impose de fournir une liste des vice-présidents envisagés dans le domaine du sport, qui doivent être sélectionnés parmi les membres du Conseil mondial et dans chacune des six régions mondiales de la fédération.
Or, il n'y avait qu'une personne éligible à ce poste pour la région Amérique du Sud - à savoir Fabiana Ecclestone -, qui était déjà dans l'équipe de Ben Sulayem. De fait, aucun autre candidat ne pouvait donc respecter la règle, qui avait toutefois été mise en place avant le premier mandat de l'Émirati.
Laura Villars, candidate à l'élection, a d'ailleurs saisi la justice sur ce sujet en fin d'année passée, contestant ainsi l'élection de Ben Sulayem devant les tribunaux.
Avec Jake Boxall-Legge
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