Mayländer : "Parfois, c'est difficile avec Hamilton derrière…"

Après déjà 20 ans dans le rôle de pilote de la voiture de sécurité en Formule 1, Bernd Mayländer évoque la tâche difficile qui lui incombe.

Mayländer : "Parfois, c'est difficile avec Hamilton derrière…"
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C'est un personnage de l'ombre et pourtant essentiel au bon déroulement d'un Grand Prix. Bernd Mayländer est le pilote de la voiture de sécurité en Formule 1 depuis 2000 et a ainsi été présent lors de près de 400 Grands Prix. Quand la course est neutralisée, c'est cet ancien vainqueur des 24 Heures du Nürburgring qui prend la piste pour donner le rythme à l'avant du peloton, actuellement au volant d'une Mercedes-AMG GT R.

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"Le mieux pour moi – j'ai été pilote de course – c'est toujours d'aller aussi vite que possible, c'est le plus simple, car on est toujours concentré sur son tour personnel, on a un bon rythme de course", analyse Mayländer dans le podcast Beyond The Grid. "Mais la voiture de sécurité est toujours trop lente pour la Formule 1 !"

"S'il faut ralentir, c'est guidé par la direction de course, qui a une vue d'ensemble sur le circuit entier, ils savent précisément dans quelle position se trouve la dernière voiture, disons. Ils me guident : 'Bernd, il faut que tu ralentisses un peu, la dernière voiture vient juste de rejoindre l'avant-dernière'. Voilà comment on gère la vitesse. Dans les virages, aux points de freinage, je suis toujours à la limite. Mais en ligne droite, je lève le pied, parfois énormément, pour n'aller qu'à 150 km/h ou 140 km/h."

Bernd Maylander dans le paddock

Si le rythme de Mayländer est donc dicté par de nombreux facteurs, il est malgré tout fréquent de voir certains pilotes s'impatienter derrière lui. "Parfois, c'est assez difficile avec Lewis [Hamilton] derrière moi, car il attaque toujours : il accélère, il freine, parfois il se rapproche beaucoup de la voiture", poursuit l'Allemand de 49 ans. "C'est son style de pilotage, il fait tout pour maintenir ses pneus dans la bonne fenêtre de température. Parfois, je le perds dans mon rétroviseur, je ne sais pas s'il est à ma gauche ou à ma droite, car il est dans mon angle mort. Mais cela dépend des pilotes, en fin de compte. Je fais attention autant que possible."

"Michael [Schumacher] était assez calme, mais aussi assez dur. Valtteri Bottas est vraiment cool, il utilise toujours la même distance, il maintient cette distance avec la voiture de sécurité. Max [Verstappen], je dois dire, ne me pousse pas trop non plus. Nico Rosberg était aussi très calme derrière moi, toujours à la bonne distance. Sebastian [Vettel] était parfois dur également, similaire à Lewis, mais Lewis est certainement le plus dur. Pour moi, ça ne change rien, même si avec Lewis, je dois peut-être regarder un peu plus mes rétroviseurs, parfois."

Mayländer tient toutefois à préciser que les commentaires des pilotes sur son rythme ne lui parviennent pas directement, et selon lui, c'est mieux ainsi : "Je pourrais dire aux gars de la communication, 'laissez-moi écouter les pilotes aussi'. Mais ce que disent les pilotes n'a pas de sens."

"Parfois, mes amis m'envoient des messages pendant la course : 'Lewis se plaignait déjà que tu allais trop lentement, c'est vrai ?'. Je ne les lis pas pendant que je pilote, je les lis après la course ! Je peux le comprendre parfois, absolument : s'il est leader avec dix secondes d'avance, perd son avantage et que la voiture de sécurité va lentement, il est frustré. Mais en fin de compte, il comprend parfaitement que si c'est une voiture de route rapide, ce n'est pas une voiture de course."

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