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Bilan 2018 - Magnussen, ange et démon

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Bilan 2018 - Magnussen, ange et démon
Par :
26 déc. 2018 à 09:00

La saison de Kevin Magnussen peut facilement être coupée en deux, tout comme le comportement en piste du Danois peut être séparé entre des courses parfois très bonnes et des manœuvres parfois au-delà de la limite.

Armé d'une Haas qui avait sans doute largement les moyens de pouvoir offrir à l'écurie la quatrième place du classement constructeurs, Magnussen aura été l'un des hommes de la première partie de saison. Sur le plan des résultats, d'abord, puisque, en dehors des pilotes Mercedes, Ferrari et Red Bull, il sera souvent parmi "les meilleurs des autres" avec un score intéressant de quatre top 6 sur les neuf premiers Grands Prix.

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Bien sûr, ce qui a aussi énormément compté dans l'impression laissée par Magnussen sur le plan des résultats est indubitablement le fait que, pendant ce temps-là, de l'autre côté du garage de l'écurie américaine, Romain Grosjean vivait des courses calamiteuses (Bahreïn, Chine, Grande-Bretagne) et commettait des erreurs coûteuses (Azerbaïdjan, Espagne, France).

Il serait toutefois assez injuste de tout mettre sur le plan de la faillite du Français car, dans l'exercice des qualifications, le Danois a clairement dominé son équipier pourtant réputé rapide. Sur les 12 premiers GP et en retirant les problèmes mécaniques de Grosjean, Magnussen lui a tout de même infligé un 7 à 3.

Mais, en dehors des résultats, pour lesquels il a été plutôt salué (même si tous les week-ends n'ont pas été brillants), le pilote au numéro 20 s'est également fait remarquer par certaines manœuvres. La plus emblématique, et la seule pour laquelle il aura reçu une pénalité en temps, étant bien entendu celle à l'encontre de Pierre Gasly à Bakou. Particulièrement dangereuse sur une piste urbaine où les vitesses atteintes sont démentielles, elle cristallisera autour du pilote Haas de nombreuses critiques, parfois sans doute elles-mêmes excessives. Une communication non maîtrisée ensuite, avec une déclaration où il affirmera être "absolument" prêt à "mettre sa vie" en jeu, le placera dans l’œil du cyclone, avant qu'une nouvelle incartade, cette fois en essais libres à Barcelone, face à Charles Leclerc, ne finisse d'asseoir cette phase (et lui vaille une réprimande).

Il se rappellera au bon souvenir du Monégasque au moment de leur accrochage au Japon, qui aura d'ailleurs été précédé par une manœuvre exceptionnelle du Danois par l'extérieur dans le 130R (pas diffusée à la télévision), même si la responsabilité du #20 ne sera pas engagée, à tort selon Charlie Whiting. Il aura également plusieurs fois maille à partir avec Fernando Alonso, en Grande-Bretagne lors de la course et en Italie au moment des qualifications, même si dans les deux cas il est bien difficile de clairement établir d'infraction et/ou de responsabilité.

Globalement, il sera par la suite plus calme et moins impliqué dans ce type d'incidents. On pourrait pousser le vice jusqu'à dire qu'il paraissait même moins impliqué tout court. Si la première partie de saison, au soir de la Hongrie, se terminera sur le plan des points par un 45 à 21 infligé à Grosjean et une huitième place au classement pilotes à sept unités de Nico Hülkenberg, avec le statut de pilier d'une écurie Haas qui aura rarement saisi toutes les opportunités, la deuxième partie de l'année ne tutoiera pas les mêmes hauteurs.

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Il n'inscrira que 11 points sur les neuf épreuves restantes contre 16 pour son équipier – même s'il faut noter que Grosjean en a perdu huit suite à la disqualification de Monza et Magnussen deux après celle d'Austin – mais c'est surtout en qualifications qu'il sera éteint par le numéro 8. Sur une série de 13 Q3 consécutives entre l'Autriche et Abu Dhabi, Grosjean infligera à partir de la Belgique un 8 à 1 cinglant à Magnussen. Et même si, sur le plan des points, la différence n'est pas aussi nette, il y aura clairement eu un rebasculement du rapport de force au sein de l'écurie vers le Français.

En conclusion, il est assez difficile de dire quelle facette entrevue cette saison correspond le plus à Magnussen. Est-ce le Magnussen solide lors de certaines courses ? Le Magnussen aux manœuvres discutables ? Le Magnussen effacé ? Certainement un mélange de tout cela, mais la lecture n'est pas facilitée par le fait que son équipier, habituellement régulier, n'a vraiment pas été au niveau en début de saison, pour diverses raisons. Est-ce alors par un simple jeu de vases communicants que le Danois a brillé avant d'être un peu plus sous l'éteignoir ? On ne se risquera pas à une réponse tranchée mais, vu que les deux hommes seront à nouveau équipiers chez Haas en 2019, il sera intéressant de voir comment la dynamique des résultats va s'enclencher.

 
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À propos de cet article

Séries Formule 1
Pilotes Kevin Magnussen
Équipes Haas F1 Team
Auteur Fabien Gaillard