Bilans Saison 2018
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Bilan 2018 - Sirotkin, le temps de rien

Au volant de la pire Williams de l'ère turbo hybride et non reconduit en 2019, Sergey Sirotkin n'aura pas vraiment bénéficié de conditions optimales pour démontrer son potentiel.

Bilan 2018 - Sirotkin, le temps de rien

L'arrivée du pilote russe chez Williams avait tout de la surprise. Alors que le baquet aux côtés de Lance Stroll semblait tendre les bras à Robert Kubica, les performances de Sirotkin lors des tests d'après-saison d'Abu Dhabi en 2017 ainsi que l'important soutien financier dont il bénéficiait lui ont permis de s'offrir enfin sa première saison en catégorie reine, lui qui l'avait déjà frôlée en 2014.

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Mais, de l'écurie qui avait terminé dans le top 3 en 2014 et 2015 et dans le top 5 en 2016 et 2017, ne restait finalement que le nom. La voiture, la FW41, s'est rapidement avérée être extrêmement mauvaise. Et il a été long le chemin de croix pour ses pilotes, et particulièrement pour le numéro 35 qui a été le dernier homme du plateau à inscrire des points lors du Grand Prix d'Italie, seule manche de la saison où Williams a été capable de mettre une de ses monoplaces en Q3, et ce fut celle de Lance Stroll.

La confrontation avec Stroll a justement tourné en qualifications assez largement à l'avantage de Sirotkin, même si le score est paradoxalement parmi les plus serrés sur la grille et que l'écart moyen en conditions comparables se situe autour des sept centièmes, autant dire pas forcément décisif même si la comparaison se fait entre un pilote débutant et un pilote disposant déjà d'une saison complète d’expérience. Parmi les performances notables du Russe dans l'exercice, il faut indubitablement mettre en avant son tour impressionnant à Monaco, où il aura réussi à hisser sa monoplace au 13e rang ; une performance qui sera gâchée le lendemain par un problème qui retardera la monte de ses pneus sur la grille et qui obligera les commissaires à infliger dix secondes de pénalité au Russe.

En course, les choses auront été moins à l'avantage de Sirotkin qui aura souvent souffert de mauvais départs mais aussi de difficultés de tenue pneumatique, comme en témoigne d'ailleurs son GP final d'Abu Dhabi. Quand les deux pilotes Williams ont terminé la course, il n'a devancé Stroll qu'à sept reprises. Surtout, le Canadien a inscrit des points à deux occasions (et six des sept points de Williams), en profitant des très rares opportunités offertes pour placer la FW41 dans le top 10 en Azerbaïdjan et en Italie.

Il faut dire qu'à la découverte d'une monoplace passablement mauvaise, il a également fallu composer pour Sirotkin avec un baquet et des harnais inconfortables en début d'année. Un problème qui culminera au Grand Prix d'Espagne avec un véritable calvaire vécu par le Russe, relégué à trois tours, et qui ne sera résolu qu'à partir du GP du Canada. Un certain manque de réussite, comme à Monaco ou en Allemagne, où une fuite d'huile a mis fin à une course démarrée au 12e rang sur la grille, peut aussi être noté mais il est toutefois délicat de l'évoquer comme une cause globale puisque au jeu des comparaisons avec son équipier, il n'a figuré dans le top 13 qu'à trois reprises cette année contre sept pour son équipier. Un de ses derniers faits d'armes a été sa résistance acharnée face à des adversaires bien plus rapides à Singapour.

Juger une saison est parfois difficile quand un pilote est dans la lumière, alors livrer un verdict définitif sur celle de Sergey Sirotkin n'aurait qu'assez peu de sens. Les promesses parfois faites par certaines de ses prestations en GP2, notamment, n'ont malheureusement pour lui pas trouvé l'écrin convenable pour être reproduites en Formule 1. Et le caractère profondément difficile de la discipline reine quand les conditions ne sont pas réunies, agrémenté par les discussions en coulisses entre sponsors et écurie, le prive d'une seconde saison. Aura-t-il à nouveau sa chance ? Il n'a que 23 ans, et donc assez d'années devant lui. En attendant, en 2018, il n'aura eu le temps de rien.

Le bilan de Williams
 
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