Bilans Saison 2022
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Bilan 2022 - Nicholas Latifi, la fin comme seule issue

Même si les attentes autour de Nicholas Latifi étaient faibles, le Canadien a produit une mauvaise saison 2022 dans laquelle les bonnes prestations ont pu se compter sur les doigts d'une main.

Bilan 2022 - Nicholas Latifi, la fin comme seule issue
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Ces bilans 2022 sont aussi l'occasion pour vous de noter chaque pilote, grâce au module situé au bas de cet article.

Nicholas Latifi a été un acteur bien malheureux de la fin de saison 2021. Sa sortie de piste dans les derniers tours du Grand Prix d'Abu Dhabi a provoqué le désormais fameux Safety Car, et cette situation a conduit le Canadien à se retrouver injustement au centre de la colère et des menaces de certains fans ayant perdu tout sens commun. Le harcèlement subi à cette époque ne l'a sans doute pas mis dans les meilleures conditions pour aborder une saison 2022 qui allait receler de nombreux défis, qu'il n'a globalement pas su relever.

Si Latifi est un pilote d'un niveau inférieur à la plupart de ses pairs, reste que sa seconde partie de saison 2021 avait été intéressante en matière de progression, à défaut d'être spectaculaire. Aussi, au moment d'aborder la nouvelle campagne avec à ses côtés un nouvel équipier chez Williams, sans dire qu'il était attendu au tournant, il était au moins en situation de susciter un peu plus d'attentes. Toutefois, elles ont vite été remisées au placard.

Le pilote au numéro 6 a globalement eu beaucoup de mal à s'accommoder des exigences de la nouvelle génération de F1. Cela s'est particulièrement et douloureusement matérialisé par des incidents évitables (notamment à Djeddah) mais également par des performances très en berne face à Alexander Albon, qui inscrivait un point dès Melbourne, troisième épreuve de la saison.

Au-delà de la lenteur, déjà inquiétante en qualifications en général (lors des neuf premiers GP, il a enregistré six fois des temps à six dixièmes ou plus de son équipier) et très handicapante en course, Latifi n'a pas su se montrer sous son meilleur jour avec notamment une sortie de piste dans l'épingle sous Safety Car à Monaco ou encore des drapeaux bleus longuement ignorés au Canada avec comme argument de défense qu'il voulait donner le DRS à Pierre Gasly dans la lutte face à Lewis Hamilton...

Silverstone aurait pu marquer un déclic, avec un changement de châssis et surtout sa seule véritable "victoire" face à Albon dans le duel interne des qualifications qui lui a permis d'atteindre la Q2, malgré le fait d'avoir été privé d'évolutions. Lors de cette seconde phase, la dégradation des conditions météo lui a permis, grâce à un bon tour initial, de se maintenir dans un inespéré top 10, l'autorisant à atteindre la Q3 (pour la première des deux de Williams cette saison). Le lendemain, toutefois, alors que son rythme était plutôt convaincant, il a commis une sortie un peu trop large à Copse qui a abîmé sa FW44 et lui a coûté toute chance de bien figurer.

Suzuka, la seule arrivée dans les points cette saison pour Nicholas Latifi.

Suzuka, la seule arrivée dans les points cette saison pour Nicholas Latifi.

En qualifications, par la suite, l'écart s'est certes légèrement resserré avec Albon mais cela n'a pas empêché le Canadien d'encaisser un cinglant 11 à 0 après la Grande-Bretagne, avec un écart égal ou supérieur à trois dixièmes lors de neuf GP. Pas véritablement de déclic donc, tout comme en course où les prestations oubliables ont été alignées comme des perles, certaines marquées par des incidents évitables (accrochage avec Magnussen en France, tête-à-queue à Spa, accrochage avec Zhou à Singapour, tête-à-queue à Austin).

Dans cette seconde partie d'exercice, il faut sans doute mettre en avant deux épreuves : côté négatif, difficile de passer Monza sous silence. Confronté à un Nyck de Vries qui a remplacé Albon au pied levé avec une connaissance très limitée de la FW44, Latifi a été battu en qualifications et en course, le Néerlandais allant même jusqu'à inscrire deux points. La place du Canadien était déjà grandement menacée, et cela n'a pas été de nature à renforcer sa position.

Côté positif, il faut évoquer le Grand Prix du Japon où le pari stratégique de s'arrêter dès la fin du Safety Car au moment du restart pour chausser des pneus intermédiaires lui a permis de se hisser dans le top 10 au terme d'une course sans erreur dans des conditions pourtant très piégeuses ; sans doute son meilleur GP de la saison. La fin de campagne sera fidèle à la moyenne de l'année : sans grande saveur et sans éclat, avec pour terminer un accrochage dont il n'était pas responsable avec Mick Schumacher à Abu Dhabi.

En conclusion, il n'y a pas énormément de choses à sauver de la saison de Latifi. Certes il a connu de rares moments forts (auxquels on peut ajouter, pour l'anecdote, son meilleur temps des EL3 en Hongrie sur piste séchante), mais ceux-ci sont presque totalement circonstanciels et surtout, la comparaison avec Albon est assassine. Le Thaïlandais a rapidement et régulièrement réussi à tirer son épingle du jeu (huit Q2 et une Q3 en qualifs, trois entrées dans les points en course) sans avoir, la plupart du temps, à bénéficier d'événements favorables.

Même s'il est affublé du qualificatif souvent péjoratif de "pilote payant" en raison de la manne financière qu'il apporte avec lui, Latifi demeure un pilote d'un calibre bien supérieur à certains de ses illustres prédécesseurs des années 1980-1990-2000. Il reste toutefois trop loin des standards actuels de la F1 pour espérer y faire une longue carrière, et ses trois saisons l'auront démontré sans l'ombre d'un doute. Il était logique que le rêve prenne fin.

 
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