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Bilan mi-saison - Force India, rebondir après avoir frôlé le pire ?

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Bilan mi-saison - Force India, rebondir après avoir frôlé le pire ?
Par : Benjamin Vinel
8 août 2018 à 17:30

C'est sous administration judiciaire que Force India a abordé la trêve estivale, mais l'écurie peut désormais se tourner vers l'avenir grâce à son rachat par un consortium mené par Lawrence Stroll.

Avec le plus petit budget de la grille en 2016 comme en 2017, Force India faisait des merveilles. La structure de Silverstone avait accroché la quatrième place lors des deux dernières années, mais ses primes de fin de saison n'ont pas vraiment suivi en conséquence, en raison des nombreux bonus accordés aux grandes équipes.

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Force India reçoit 52,4M£ (58,4M€) pour ses résultats de 2017, soit moitié moins que Red Bull (110,7M£ – 124M€), qui s'est classé juste devant au championnat. Williams est également plus fortuné en ayant fini derrière, avec 57,5M£ (64,4M€), alors que McLaren, avant-dernier du classement général, gagne bien plus que Force India : 61,7M£ (69,1M€)1. L'argent apporté par les pilotes d'essais, Nicholas Latifi et Nikita Mazepin, ne suffit plus.

Dans ces circonstances, il n'est pas surprenant que l'équipe anglo-indienne peine à tenir le rythme, malgré les bénéfices qu'elle tire d'une extrême stabilité aussi bien dans le département d'ingénierie que chez les pilotes. Andy Green, directeur technique, soulignait d'ailleurs que l'intégralité de la monoplace était différente de sa devancière, mais cela n'a manifestement pas suffi à améliorer les performances autant que nécessaire.

Il n'a fallu que quelques Grands Prix à l'écurie pour se rendre compte que la VJM11 avait un "problème fondamental" selon les dires de Green, n'ayant marqué qu'un point lors des trois premières manches, avec des données qui n'étaient pas corroborées entre la voiture d'un côté et la soufflerie et le CFD [mécanique des fluides numériques, ndlr] de l'autre. Sergio Pérez a pointé du doigt le manque d'appui de la monoplace, et pour couronner le tout, les problèmes financiers retardaient les évolutions, avec notamment un nouvel aileron avant attendu de longue date qui n'est arrivé qu'au début de l'été.

Dans ce contexte, les résultats de Force India n'ont rien de honteux. Certes, les Q3 se font rares, et il arrive même qu'Esteban Ocon et Sergio Pérez se retrouvent éliminés dès la première partie des qualifications, comme ce fut le cas lors d'une séance catastrophique en Hongrie. En course, en revanche, les deux hommes capitalisent sur les opportunités qui se trouvent à leur portée. Pour preuve, sur les neuf derniers Grands Prix, Force India est la quatrième force – c'est le cas de le dire – du plateau avec 58 points contre 57 pour Renault, 55 pour Haas… et seulement 24 pour McLaren.

Rien n'en témoigne mieux que la superbe performance de Sergio Pérez au Grand Prix d'Azerbaïdjan. Dans les rues traîtresses de Bakou, le Mexicain a certes profité des incidents mais aussi accompli une course impeccable pour monter sur la troisième marche du podium – justement son cinquième top 3 pour Force India, quand ses coéquipiers Nico Hülkenberg (2014-2016) puis Esteban Ocon (2017-2018) n'en ont jamais accroché un, pourtant sans démériter ! Ocon a également eu droit à ses coups d'éclat, sixième au départ comme à l'arrivée à Monaco puis septième à Silverstone, alors que les Force India ont signé de beaux tirs groupés au Red Bull Ring (sixième et septième) et à Hockenheim (septième et huitième). En somme, la VJM11 brille là où les virages rapides sont rares.

Quant à la confrontation entre les deux hommes, elle demeure aussi équilibrée que l'an dernier, mais Ocon semble prendre l'ascendant. En qualifications, l'avantage va au Français avec un score de 9-3 et un écart moyen de 59 millièmes de seconde – sur les 12 séances, il y en avait sept où les Force India se tenaient en moins de 0"150. Le bilan comptable est équilibré – 30-29 à l'avantage de Pérez – ce qui peut paraître étonnant quand on se rappelle que ce dernier a engrangé 15 points à Bakou quand son coéquipier laissait filer une belle opportunité en s'accrochant avec Kimi Räikkönen dès le premier tour. Il est assez significatif que l'écart entre les deux pilotes soit inférieur à cinq secondes sous le drapeau à damier lors de la plupart des courses où ils sont tous deux à l'arrivée. Et lorsque l'écart est supérieur, c'est souvent à l'avantage d'un Ocon peut-être un poil plus constant dans ses performances.

Heureusement, Force India peut désormais aller de l'avant, racheté par un consortium mené par Lawrence Stroll, père de Lance. À court terme, cela signifie que l'écurie peut reprendre le développement de la VJM11 – la quatrième place reste à sa portée avec 23 longueurs de retard sur Renault et sept sur Haas – mais aussi la conception de son bolide 2019, avec un changement de réglementation à négocier. Surtout, les 405 emplois de l'équipe sont sauvés.

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Forcément, cette acquisition chamboule complètement le jeu de chaises musicales que sont les transferts pour la saison prochaine. On peut logiquement s'attendre à ce que Lance Stroll fasse partie des titulaires de la structure de Silverstone, qui devrait changer de nom la saison prochaine. Quid de Sergio Pérez et d'Esteban Ocon ? Le Français a déjà vu de belles portes se fermer chez Mercedes, qui s'est montré conservateur mais raisonnable en prolongeant le contrat de Valtteri Bottas, et chez Renault, qui ne pouvait laisser passer l'aubaine de recruter Daniel Ricciardo. S'il venait à se retrouver éjecté de Force India, la marque à l'étoile pourrait n'avoir d'autre option que de le placer chez Williams...

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À propos de cet article

Séries Formule 1
Pilotes Sergio Pérez Boutique , Esteban Ocon
Équipes Force India
Auteur Benjamin Vinel
Type d'article Analyse