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Bilan saison - Ericsson, l'ombre du doute

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Bilan saison - Ericsson, l'ombre du doute
Par : Fabien Gaillard
12 déc. 2017 à 13:02

Au volant d'une Sauber certes moins bien armée que les autres monoplaces, Marcus Ericsson n'a pas brillé mais n'a pas non plus été écrasé par un équipier réputé meilleur. Reste qu'au terme de la saison 2017, le doute plane...

Au moment d’aborder la saison du Suédois, il est un fait incontestable qui doit être mis en avant : il est le seul titulaire à ne pas avoir inscrit le moindre point en 20 courses. Il en a certes été très proche à plusieurs reprises, comme en Espagne ou en Azerbaïdjan (11e à chaque fois), mais sur ces deux manches non seulement il n’a pas franchi la barrière le séparant du top 10 mais Pascal Wehrlein, son équipier, l’a fait. L’Allemand a rapporté à Sauber ses cinq points lors de ces deux Grands Prix.

Évidemment, le faible nombre de points inscrits par son équipier est aussi le témoignage d’une réalité incontournable : les pilotes Sauber n’ont pas vraiment eu à disposition une monoplace performante. Au-delà du moteur Ferrari 2016, forcément dépassé, et de plus en plus à la traîne au fil des évolutions des autres motoristes, le châssis de la C36 n’a pas vraiment brillé.

Dans ces conditions, l’affrontement a rarement été, en qualifications ou en course, avec des pilotes d’autres structures. La comparaison entre Ericsson et Wehrlein, en dehors du bilan comptable, tourne en défaveur du numéro 9.

Marcus Ericsson, Sauber C36

Mais sans doute moins que ce que l’on pouvait attendre. Et notamment en qualifications : sur 18 courses disputées ensemble, Ericsson a été battu 11 fois dans l’exercice lancé, mais est en moyenne à seulement 0’’050 de son équipier (+0’’250 de moyenne quand il est battu, -0’’266 de moyenne quand il est devant). Même si cela ne tient évidemment pas compte des problèmes rencontrés par chacun, la donne ne penche pas de façon si éclatante en faveur de Wehrlein, réputé pourtant bien plus prometteur. Et ce d'autant plus que le protégé de Mercedes disposait d'un avantage de plusieurs kilos sur Ericsson, dont la taille de 1m80 est une difficulté supplémentaire.

En course, Ericsson a connu une année compliquée, avec sept abandons. Plus problématique pour lui, le fait que trois d’entre eux soient des accidents. Par nature évitables, ils teintent en négatif une saison où le Suédois a peiné à se faire remarquer, notamment celui de Monaco qui est intervenu sous régime de voiture de sécurité, quand bien même il avait des circonstances atténuantes avec des pneus et des freins pas à température, ou encore celui de Singapour, lors d'une course animée avec seulement 12 voitures à l'arrivée.

L'ombre du doute

Il a aussi connu des courses plus intéressantes. En dehors des cas déjà évoqués de l'Espagne ou encore de Bakou, où il termine à moins de trois secondes des points, le Grand Prix du Mexique est peut-être le plus frustrant pour le Suédois qui naviguait dans le top 10 en première partie d'épreuve, certes aidé par les circonstances, mais profitant également de conditions atmosphériques gommant quelque peu le désavantage moteur. Las, une Virtual Safety Car intervenant peu après son arrêt au stand et un incendie viendront porter un coup fatal à ses chances.

Comme souvent avec Ericsson, sa seconde partie de saison a été plus notable, il a même parfois semblé prendre de façon plus marquée l'avantage sur Wehrlein. Le natif de Kumla connaît souvent une progression sur le plan personnel au fil d'une année et cela s'est semble-t-il de nouveau confirmé.

Marcus Ericsson, Sauber C36

Reste le doute quant au traitement des deux hommes au sein d'une écurie qui a été en partie rachetée par des soutiens financiers du Suédois en 2016. En juin dernier, Monisha Kaltenborn, la directrice de Sauber, a quitté son poste et la rumeur veut que les raisons soient liées à un refus de traiter les pilotes de façon inégale. Wehrlein bénéficiait-il dès lors tout le temps du même matériel qu'Ericsson ? La question reste en suspens et rien ne permet d'y répondre de façon certaine.

L'avenir d'Ericsson en Formule 1 est quoi qu'il en soit assuré pour 2018, lui qui poursuivra l'aventure Sauber entamée en 2015 mais dans un contexte différent. Certes, l'écurie est toujours la propriété de Longbow Finance, mais l'influence de Ferrari, par le biais du sponsoring titre d'Alfa Romeo, est désormais importante et Maranello a semblé proche de pouvoir placer Antonio Giovinazzi aux côtés de Charles Leclerc pour un line-up 100% cheval cabré.

Nul doute que dans ces conditions, et dans un environnement sans doute moins bienveillant, le numéro 9 aura à faire ses preuves de façon plus nette pour espérer continuer une saison de plus en discipline reine, lui qui n'a toujours pas inscrit le moindre point depuis le Grand Prix d'Italie 2015.

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Auteur Fabien Gaillard
Type d'article Analyse