Bilan F1 2017

Bilan saison - Pérez, un sombre héros entre en résistance

Devant l'arrivée d'un Esteban Ocon rapide en piste comme dans son apprentissage, Sergio Pérez a dû entrer en résistance chez Force India en 2017 : avec succès.

Devenu le pilier de Force India en 2016 face à Nico Hülkenberg, Sergio Pérez l'est resté cette saison, malgré les changements autour de lui. À commencer par l'arrivée d'un nouveau coéquipier, jeune et affamé, en la personne d'Esteban Ocon. Le Mexicain, capable d'offrir deux podiums à Force India l'an passé, n'a toutefois rien changé pour entamer sa campagne, et bien lui en a pris.

D'une implacable régularité, il s'est très vite accaparé la place de "meilleur des autres" lorsque les trois top teams étaient inaccessibles. Avec un package efficace d'emblée et exploité de manière optimale, ainsi que des repères évidents au sein d'une écurie dont il portait les couleurs pour la quatrième saison consécutive, l'ancien pilote McLaren a su se montrer solide dès l'ouverture de la saison avec des points importants amassés, jusqu'à se payer le luxe d'une belle quatrième place en Espagne.

Son ascendant sur le néophyte Esteban Ocon en début d'année était attendu et logique, mais passé le premier tiers de la saison, Sergio Pérez a dû faire face à la pression tout aussi croissante que constante de son voisin de garage. Il y a eu des tensions, perçues par exemple une première fois au Canada, et qui sont montées crescendo après la trêve estivale, pour atteindre le point de non-retour de Spa-Francorchamps.

Sergio Perez, Sahara Force India, Esteban Ocon, Sahara Force India

Bien que toujours un cran devant, Pérez a été poussé dans ses retranchements, et de nombreuses fois on a vu les deux monoplaces roses rouler de concert, ou afficher des chronos extrêmement proches en qualifications. Il n'y avait parfois pas plus d'une feuille de papier à cigarette pour départager des duellistes de plus en plus observés !

Un pré carré farouchement défendu

En cette année 2017, Sergio Pérez a parfois pu être perçu comme un vieux routier (27 ans, rendez-vous compte !) que l'on tentait de pousser sur la touche, mais sa tenue de bouclier a été plutôt admirable. Tout juste a-t-il plié, parfois, et fait quelques erreurs aussi – la plus évidente étant son insistance trop importante à Spa face Ocon, avant son mea culpa –, mais il n'a jamais perdu la face. La fin d'année lui a été moins favorable dans son opposition directe et mathématique contre Ocon, mais les résultats d'ensemble sont là pour rétablir le bilan largement positif.

Avec 100 points inscrits, soit un de moins qu'en 2016 mais avec également un Grand Prix de moins au calendrier, Sergio Pérez a réussi son pari : celui de réaliser sa meilleure saison en Formule 1 sur le plan comptable. Présent à 17 reprises dans le top 10, il affiche une moyenne de cinq points inscrits par course qui rendrait jaloux plus d'un de ses pairs.

Les années Force India bonifient celui qui avait explosé chez Sauber avant de payer les pots cassés d'une aventure ratée chez McLaren, au sortir de laquelle l'étiquette de pilote à budget et trop agressif en piste lui a longtemps collé à la peau. Pourtant, Sergio Pérez fait incontestablement partie des plus rapides et des plus solides du plateau actuel. Une (re)considération qui arrive cependant peut-être trop tard pour celui qui, il ne s'en cache pas, est certes ravi de rempiler chaque année avec Force India mais aimerait avoir l'opportunité de retrouver un top team.

Que faire de plus ?

Approché par Renault il y a douze mois, le natif de Guadalajara a sans doute fait le bon choix à court terme ; en témoigne son classement final au championnat, ainsi que celui de son équipe. Mais chaque saison qui passe semble le repousser dans un cercle de pilotes pour qui l'on craint d'avoir vu la plus belle chance être déjà dépassée, à l'instar d'un Romain Grosjean chez Haas F1. À 27 ans, Sergio Pérez a encore de belles années devant lui et mériterait sans aucun doute d'être revu dans une écurie en lice pour le podium, mais la réalité du marché semble jouer contre lui, à moins d'une belle surprise.

Sergio Perez, Sahara Force India F1 VJM10, Esteban Ocon, Sahara Force India F1 VJM10

Il reste aussi difficile de savoir s'il sort totalement renforcé du duel qui l'a opposé à Esteban Ocon, mais la poursuite de ce mano a mano l'an prochain a de quoi nous faire déjà saliver. On aimerait que cela se passe sans consignes d'équipe, auxquelles l'équipe indienne a eu légitimement recours pour préserver ses intérêts, mais rien n'est moins sûr. On peut avoir perçu de l'arrogance ou de la mauvaise foi dans certaines de ses réactions en piste lorsque la situation était tendue avec son coéquipier, mais à froid, le Mexicain paraît plutôt avoir logiquement préservé son statut et ses intérêts, sans pour autant nuire à ceux de son écurie.

La plus grande question aujourd'hui est de savoir ce qu'il a encore à prouver et à gagner en 2018 : battre Ocon n'apparaitrait pas comme un incroyable exploit en dépit de la cote énorme du Français, tandis que s'incliner face à lui sonnerait probablement le glas de ses infimes espoirs de rejoindre un top team à terme. Véritable héros dans son pays, pour lequel il n'a d'ailleurs jamais hésité à s'engager au-delà de son simple statut de pilote, Sergio Pérez pourra en tout cas compter sur ce soutien indéfectible de son peuple pour tenter de ramener davantage de lumière vers lui.

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