Ces "bruits inhabituels" qui donnent la migraine à Mercedes

Lewis Hamilton a beau écoper d'une pénalité au GP de Turquie pour changement de moteur à combustion interne, cela ne suffit pas à rassurer Mercedes...

Auteur du meilleur temps en qualifications au GP de Turquie, Lewis Hamilton va toutefois s'élancer depuis le 11e emplacement sur la grille en raison du dépassement de son quota de trois moteurs à combustion interne autorisés. Si au terme de la journée de samedi, les dégâts ont été limités dans le clan Mercedes puisqu'il n'était pas possible de faire mieux, la question de la fiabilité demeure une préoccupation alors qu'une saison très serrée sur le plan sportif approche de son dénouement.

Au contraire de Red Bull Racing, qui a dû prendre une pénalité en Russie pour monter une quatrième unité de puissance en raison des dégâts de l'accident de Silverstone, l'ajout d'un quatrième moteur à combustion interne au pool de Hamilton suggère qu'il y a une inquiétude de fond. Honda a augmenté son niveau de jeu en avançant à 2021 l'arrivée d'évolutions moteur qui étaient prévues pour 2022, après l'annonce de son départ de la discipline, et Mercedes doit puiser dans ses réserves et repousser ses limites pour rivaliser.

Toto Wolff, directeur exécutif de l'écurie allemande, a abordé le problème qui a émergé sur le moteur, en disant que lorsque les équipes "repoussent les limites de la performance des unités de puissance", il était inévitable qu'elles "rencontrent quelques obstacles". "Nos unités de puissance ont été les plus fiables depuis l'introduction des moteurs hybrides en 2014", a-t-il par ailleurs rappelé.

"Parce que ces limites sont repoussées, nous avons vu des exemples de bruits, disons, inhabituels, dans le moteur à combustion interne qui ne sont pas encore complètement compris à ce stade, et qui ont donc causé quelques problèmes par le passé. Nous avons eu des moteurs qui sont tombés en panne, et maintenant il s'agit de contenir le problème, parce que dans cette phase, la reconception des pièces n'est pas quelque chose à laquelle on peut s'attaquer."

Dans une saison où le développement moteur a été gelé et qui touche à sa fin, difficile en effet de pouvoir introduire un correctif. D'autant que si problème il y a, Mercedes doit également se focaliser sur sa résolution d'ici 2022, quand les moteurs seront alors gelés pour plusieurs années cette fois, jusqu'à l'introduction de la prochaine génération d'unités de puissance.

"L'équilibre entre les performances et la fiabilité a toujours été la mesure clé au cours des deux dernières années, et il en sera de même à l'avenir", a précisé Wolff. "Nous ne reporterons aucun déficit sur l'année prochaine, car les déficits sont compris. Il s'agit maintenant de trouver des solutions pour les contenir."

Hamilton a déclaré après les qualifications qu'il pensait que gagner en Turquie ce dimanche en partant 11e serait "très dur, mais pas impossible", et que le fait que l'équipe n'ait pris qu'un moteur à combustion interne et non une unité de puissance complète lui permettait de ne pas se résigner à un départ en fond de grille.

"Les autres pièces comme le turbo ou les autres éléments auxiliaires sont en merveilleuse forme et vraiment bien, facilement dans les limites du kilométrage", a expliqué Wolff. "Par conséquent, nous n'avons pas eu besoin de prendre de nouveaux composants."

Hamilton a également déclaré qu'il avait "poussé en espérant garder le moteur numéro 3" pour éviter la pénalité. Wolff a reconnu que, bien que le moteur soit toujours dans le pool et disponible pour le reste de la saison, il faudrait planifier son utilisation avec soin : "La question est de savoir comment et quand nous voulons déployer le [moteur] numéro 3 qui est encore dans le pool."

"C'est quelque chose que nous devons évaluer lors des prochaines courses. Parce que nous pourrions décider de le faire tourner uniquement le vendredi, ou de le faire tourner également le samedi ou le dimanche." Puis il a ajouté : "Nous avons toujours le troisième moteur pour nous aider, mais nous ne sommes pas tout à fait sûrs de savoir jusqu'où nous voulons pousser ce moteur. Ce n'est pas nécessairement seulement le kilométrage, il s'agit plutôt de comprendre un autre sujet de fiabilité."

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