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Le cadeau du grand Fangio à Stirling Moss, vainqueur pour la première fois

Il y a 69 ans jour pour jour, Stirling Moss décrochait sa première victoire en Formule 1 au Grand Prix de Grande-Bretagne. Une course qu'il remporta depuis la pole position... mais avec la bénédiction de son équipier Juan Manuel Fangio !

1955-british-gp-stirling-moss--1

Stirling Moss vainqueur devant Juan Manuel Fangio au GP de Grande-Bretagne 1955

Photo de: LAT Images

Rétro : Dans l'Histoire des sports méca

Sur deux ou quatre roues, replongez-vous dans l'Histoire des sports mécaniques, celle qui a écrit la légende des hommes et des machines durant des décennies.

C’est sur le tracé bordant l’hippodrome d’Aintree, près de Liverpool, en Grande-Bretagne, que Sir Stirling Moss a remporté le premier de ses 16 succès en Formule 1. Une victoire qui concrétisa tout le bien que l’on pensait du talent de Stirling Moss, et qui fit figure d'adoubement par le grand champion de l'époque, Juan Manuel Fangio.

Aligné sur son premier Grand Prix dans la discipline reine en 1951 au volant d'une Hersham and Walton Motors (HWM), un constructeur britannique de voitures de course en activité au début des années 1950, Stirling Moss est devenu une figure régulière et respectée du plateau dès la saison 1952, lors de laquelle il disputa cinq manches.

Le Londonien était monté en force lors des deux dernières éditions de son GP national, en 1953 et 1954, décrochant la seconde place derrière l’illustre Juan Manuel Fangio. Alors que Moss avait 25 ans, la légende argentine allait devenir son équipier chez Daimler-Benz (Mercedes) en 1955, dans la nette position de n°1 de l’écurie allemande. En passe de remporter son troisième titre mondial, Fangio s’inclina cependant à Aintree, laissant Moss décrocher son premier succès en championnat du monde, la première d’un pilote britannique dans l’Histoire de la Formule 1.

Le monde avait conscience du retentissement que pourrait avoir une victoire anglaise sur le circuit où flottait fièrement l’Union Jack, et la presse s’interrogea à l’époque sur de possibles consignes appliquées par Mercedes pour permettre à Moss de signer cette victoire symbolique qui ne compromettait pas réellement les chances de titre de Fangio.

Stirling Moss, Mercedes Benz W196

Stirling Moss (Mercedes Benz W196) à Aintree lors du Grand Prix 1955.

Photo de: Motorsport Images

Avec le recul...

Une domination Mercedes

Quoi qu’il en soit, c’est bien en première place que se qualifia Moss, auteur de la pole position, sur ce tracé de près de cinq kilomètres. Le dimanche, pour l’heure du départ, le légendaire temps anglais était clément : il faisait beau, et très chaud. Entre 100 000 et 150 000 spectateurs, selon les sources, étaient venus assister à l’épreuve.

C’est entre Moss et Fangio qu'allait se jouer le Grand Prix, long de 90 tours. Fangio s’empara des commandes au départ, suivi de près par Moss. Les deux Mercedes échangèrent les positions dans le premier tiers de course et se détachèrent du reste du plateau, tandis que les abandons ou échanges de voitures, habituels à cette époque, s’enchaînaient. Ainsi, Mike Hawthorn, malade, céda son le baquet de sa Ferrari à son équipier Eugenio Castellotti, qui avait lui-même dû abandonner plus tôt dans la course en raison d’une panne de transmission ! Seuls neuf des vingt-cinq engagés virent le drapeau à damier de jour-là.

Arrivés dans le dernier tour, Moss apparut en tête. Personne, en dehors de l'équipe, ne sait définitivement si Fangio a reçu l'ordre de se ranger ou non, mais les propos de Moss après la course laissèrent peu de doutes quant au fait que l'initiative, encouragée ou non par Mercedes, vint de la volonté du champion. Dans le dernier virage du 90e tour, Fangio s’aligna à côté de Moss, mais le Britannique l'emporta d'une courte tête devant la tribune principale, terminant avec 0,2 seconde d'avance sur le champion argentin ! Une seule autre auto termina dans le tour de tête, avec plus d’une minute de retard. Ultra-dominateur, Mercedes avait scellé les quatre premières positions à l’arrivée.

L’on rapporte qu’après la course, Moss s'adressa à la foule et déclara avec humilité : "Fangio − le plus grand pilote du monde − aurait facilement pu venir et raconter une histoire différente de la course, mais en bon sportif qu'il est, il m’a donné l’opportunité de réaliser mon ambition de remporter le Grand Prix."

Grâce à cette victoire, Moss se retrouva à 11 points de Fangio au classement des pilotes, alors qu'il restait quatre courses à disputer. Les Grands Prix d'Allemagne, de Suisse et d'Espagne furent cependant annulés en réaction à la tragédie survenue au Mans, plus tôt dans l'année. Il ne resta ainsi plus que le Grand Prix d'Italie à disputer en septembre et le titre revint à Fangio avant même que les équipes n'arrivent à Monza…

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