Carmen Jordá - La difficulté de faire face à la médiatisation

La pilote espagnole admet que la vie sous les projecteurs de la F1 n'est pas toujours aisée.

En acceptant d'être catapultée depuis le fond de la grille GP3 jusqu'au poste de pilote de simulateur Lotus, l'Espagnole Carmen Jordá a certes réalisé un rêve poursuivi depuis le début de sa carrière en sport automobile, mais elle s'est également exposée au dur jugement accompagnant tout pilote impliqué en F1, au sein du paddock comme vis-à-vis du public.

Pour la jeune femme, l'accueil de sa présence dans ce rôle de développement chez Lotus a été presque plus difficile à assimiler que la nature même du travail, en raison des réactions peu tendres à son égard. Avec réalisme, Jordá sait qu'elle a encore beaucoup à faire pour convaincre l'opinion de sa valeur. Et cela est rendu d'autant plus difficile que le spectateur lambda ne peut réellement suivre ses fonctions, du fait qu'elle ne se trouve pas au volant en compétition.

"Je pense que lorsque vous vous trouvez sur le devant de la scène, tout le monde dit des choses positives comme négatives à votre sujet", explique-t-elle au micro de Motorsport.com. "La F1 est beaucoup plus compliquée. Je voyage beaucoup, et maintenant, je passe ma vie dans des avions et des hôtels avec mes valises. Cette année, mon travail est basé autour du simulateur et du fait de me rendre sur les GP avec le team. C'est un travail différent".

 

Sous le feu des projecteurs... et des critiques

La médiatisation de la F1 est également une découverte que l'on ne fait réellement qu'une fois que l'on y est confronté.

"Tout ce que vous dites, toute interview à laquelle vous répondez en Formule 1 a de plus en plus d'écho et tout le monde est branché. Il faut apprendre à vivre avec… J'aimerais être un peu plus libre pour vraiment exprimer ce que je ressens", admet l'Espagnole.

Jordá s'avoue affectée par les commentaires dirigés à son encontre par certains de ses pairs. Au micro de Motorsport.com, Nicolas Prost, ancien pilote de simulateur Lotus, avait émis des réserves concernant les compétences de Jordá pour le rôle; tout comme le Champion GP3 Mitch Evans, qui a côtoyé la jeune femme dans l'antichambre du GP2. D'autres, comme Jérôme d'Ambrosio, estiment qu'il "ne faut pas cracher" sur le désir personnel de Jordá de faire de son mieux pour se tracer son propre chemin.

 

"Peut-être que certains sont jaloux de ma position, ou peut-être pas. Reste que maintenant, je suis sur la grille. Je suis Pilote de Développement Lotus. J'aimerais être celle qui pilote l'auto. C'est évident. Mais actuellement, je suis concentrée sur mon rôle. Ce fut un peu progressif dans le simulateur. J'ai eu du mal à être régulière, car l'on peut perdre le feeling dans le simulateur, et il faut adapter le cerveau. Au départ, je faisais beaucoup d'erreurs en raison de mes calculs".

"Je pense que les femmes prennent une part importante en F1. Peut-être la F1 est-elle plus restrictive à l'égard des femmes en raison du fait qu'il s'agissait d'un sport d'hommes, mais au fil des années, c'est devenu plus équilibré. Les femmes prennent des rôles plus importants en F1".

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