Championnat parallèle : Ecclestone conseille à Liberty de se méfier

Alors que Ferrari et Mercedes menacent de faire sécession si le projet de Liberty Media pour la Formule 1 leur déplaît, Bernie Ecclestone conseille aux propriétaires du championnat de se méfier.

Ancien grand argentier de la Formule 1, Bernie Ecclestone a régné de main de maître sur la catégorie reine du sport automobile pendant plusieurs décennies avant d'en être écarté au moment du rachat de la F1 par Liberty Media, à l'aube de la saison 2017.

Or, les Accords Concorde actuels, qui lient la FIA, la FOM et les écuries jusqu'à fin 2020, vont devoir être renégociés en vue de la période suivante. Et bien que ce genre de possibilité ne se soit jamais concrétisé dans l'Histoire de la Formule 1, l'éventualité d'un championnat parallèle est évoquée de nouveau, dans un contexte où Ferrari réitère ses menaces habituelles d'un départ de la discipline.

"Des gens comme Sergio [Marchionne, PDG de Ferrari] et Toto [Wolff, directeur de l'écurie Mercedes] ne sont pas idiots", déclare Ecclestone pour Motorsport.com. "Ils vont peser le pour et le contre : est-ce que c'est mieux que toute le monde parte et fasse son propre championnat, ou faut-il que la FIA examine la situation ? Les gens vont commencer à réfléchir à ce qu'ils vont faire."

"Le problème maintenant, c'est que Sergio a dit : 'La prochaine fois que je te vois, je vais te coller mon poing dans la figure'. Et quand il voit les gens, il faut qu'il soit sûr qu'il va leur coller son poing dans la figure. Sergio n'est pas du genre à menacer en plaisantant avant de fuir."

Horner : Ne sous-estimez pas Liberty !

Alors que les négociations s'avèrent difficiles au niveau de la réglementation future, des primes financières et de la réduction des coûts, Christian Horner pense qu'il ne faut pas s'attendre à ce que Liberty soit conciliant.

"Les gens sous-estiment Liberty", affirme le directeur de Red Bull Racing pour Motorsport.com. "Ils ont payé huit milliards de dollars pour un business. Ce sont des gens du marketing, de la télé. Pour eux, le sport, c'est du divertissement. Il s'agit d'attirer les fans. De créer une meilleure expérience pour le téléspectateur et pour le fan."

"Ce qu'ils doivent réussir, et ils ont des idées claires à ce sujet, c'est ce que le produit devrait être pour 2021. Je pense que ne pas être aligné avec la FIA et être en désaccord avec certaines équipes leur compliqué la tâche."

"Il faut qu'ils fassent ce qui est nécessaire pour leur business. Ils ont dépensé des sommes énormes là-dessus et ont investi énormément là-dedans, donc il ne s'agit pas de ce qui compte pour chaque équipe ou pour la FIA."

"Il faut que ce soit ce qui est nécessaire pour la F1, puis c'est aux équipes de décider si elles veulent jouer ou non. Le problème de ce processus, c'est qu'il est impossible de contenter tout le monde."

Lorsqu'il lui est demandé si Liberty devra faire des déçus pour mettre en oeuvre sa conception de la réglementation idéale, Horner répond : "Oui. Nous avons besoin d'un leadership solide à ce stade. La F1 a besoin d'une direction à la fois forte et claire."

"Il y aura toujours des détracteurs. Il y aura toujours des gens qui démolissent les choses. Mais la F1 est l'une des plus grandes marques du monde. Elle a un public immense et doit se situer au sommet de la pyramide du sport automobile."

Quant à Zak Brown, il s'attend à des discussions explosives en vue des nouveaux Accords Concorde.

"Je pense que la Formule 1 est dans une phase de croissance extrême, mais je crois que les négociations pour les nouveaux Accords Concorde vont être un feu d'artifice comme on n'en a jamais vu. Elles ont déjà commencé, mais je pense qu'elles vont devenir davantage publiques. Elles vont même être très mouvementées jusqu'à ce que nous trouvions un nouvel accord", conclut le directeur exécutif de McLaren.

Propos recueillis par Adam Cooper et Andrew van Leeuwen

Écrire un commentaire
Montrer les commentaires
A propos de cet article
Séries Formule 1
Type d'article Actualités