En quête d'un cinquième titre, Hamilton et Vettel plantent le décor

partages
commentaires
En quête d'un cinquième titre, Hamilton et Vettel plantent le décor
Par : Basile Davoine
22 mars 2018 à 06:36

Inévitablement, de par le poids de leur palmarès, les deux pilotes cristallisent l'attention avant l'ouverture de la saison en Australie. Offriront-ils un duel à suspense ? L'un deux pourrait égaler le grand Fangio dans quelques mois...

À la veille des premiers tours de roue de la saison 2018 à Melbourne, qui auront lieu la nuit prochaine avec les deux séances d'essais libres du vendredi, la FIA avait réuni en conférence de presse les deux quadruples Champions du monde présents sur la grille : Lewis Hamilton et Sebastian Vettel.

Le premier défendra son titre avec Mercedes, tandis que le second tentera d'aller conquérir sa première couronne sous les couleurs de la Scuderia Ferrari. Si l'un ou l'autre atteint cet objectif en novembre prochain, il se hissera par la même occasion à la hauteur de Juan Manuel Fangio dans l'Histoire de la Formule 1, avec cinq sacres mondiaux au compteur.

Pourtant, les deux hommes confessent ne pas avoir vraiment pensé à ce record qui a si longtemps tenu, avant d'être battu par Michael Schumacher dans les années 2000. "Non, honnêtement !" lâche Lewis Hamilton. "C’est une très, très longue saison, et l’on ne pense pas vraiment à ce genre de choses, à ce que ça pourrait être en termes de chiffres magiques. Dans mon esprit, j’essaie de passer de nouvelles barrières, de faire ma mue et de voir jusqu’où je peux aller, quelles opportunités je peux saisir, puis on verra, ça donne une capacité, un potentiel et je ne le connais pas."

Sebastian Vettel affiche un état d'esprit similaire, relativisant également la portée qu'aurait un tel chiffre alors qu'il mettrait sur le même plan deux époques que tout oppose, ou presque. 

"Je pense que c’est une réponse un peu similaire à celle de Lewis, mais j’ai eu plus de temps pour y penser que lui", convient l'Allemand, dont le quatrième titre mondial remonte à 2013. "Je n’ai pas posé les choses ou planifié, attendu ce qui pourrait possiblement arriver. Si ça arrive, c’est sûr que l’on commence à réaliser, mais là, je ne vois pas l’intérêt de penser : 'et si ?'. J’ai beaucoup à penser actuellement. Je suis heureux de voir ce qui est derrière moi déjà et pas seulement le futur, même dans 12 mois. C’est long quand on voit ce qu’il faut mettre en place pour se battre pour le championnat jusqu’en fin de saison et le remporter."

"La F1… les temps sont très différents pour mettre ce qu’a fait Fangio au niveau d’aujourd’hui et je pense que toute ère a ses défis. Ils étaient un peu différents à l’époque. Ce n’est pas dans mon esprit, je dirais."

Pas de déclin

Avec trois titres conquis ces quatre dernières années pour le compte de Mercedes, soit depuis le début de l'ère hybride, Lewis Hamilton entre dans la saison 2018 avec l'étiquette inévitable de l'archi-favori. Du haut de ses 33 ans, le Britannique considère néanmoins qu'il peut encore progresser, et que le sommet de ses capacités n'est pas encore atteint. "Je n’espère pas ! Je n’espère pas…", répond-il. "Mon niveau est bon aujourd’hui. Je ne ressens absolument pas ça aujourd’hui [le déclin]. Je suis clairement dans une bonne zone actuellement et c’est pourquoi que je dois continuer à essayer d’extraire le meilleur."

La conférence de presse avec Daniel Ricciardo, Red Bull Racing, Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1, et Sebastian Vettel, Ferrari

Un an après avoir lancé sa campagne 2017 par une victoire à Melbourne, puis avoir mené le championnat pendant plus de la moitié de l'année en donnant du fil à retordre à Mercedes, Sebastian Vettel reprend tout à zéro, mais avec un objectif qui n'a pas changé.

"Je crois que Mercedes et Lewis émergent comme les favoris pour cette année mais c’est une longue saison, bien entendu", rappelle-t-il. "Melbourne n’est qu’une course, et c’est particulier, donc je crois qu’on a hâte de poursuivre cette saison et de nous préparer avec l’auto, de faire la course. On a toutes les raisons d’être confiants : l’auto est super, des choses arrivent et on a donc toutes les raisons d’être impatients. Mais à ce stade, on ne sait généralement pas où sont les autres et c’est pour ça qu’il est difficile d’arriver ici et de dire qui va être devant. Je crois que, sur la base des tests, on pourrait être en meilleure forme, mais c’est toujours comme ça."

Quand Hamilton tacle Rosberg...

Nul ne sait encore si le chapitre 2018 du grand livre de la F1 nous réservera un duel entre les deux pilotes les plus titrés du plateau, ou peut-être même si un troisième larron s'invitera au banquet. Mais laissons le mot de la fin aux deux protagonistes.

"Je pense que c’est un privilège pour nous d’être en F1 et de courir pour les équipes pour lesquelles on court ; pour moi avec Mercedes et l’équipe qu’ils ont", insiste Hamilton avant de se fendre d'une pique à l'adresse de son ancien coéquipier Nico Rosberg. "Être dans ce sport qui progresse et change avec le temps, et être devant en pilotant contre les meilleurs pilotes contre lesquels on peut : quand on arrive à la fin de sa carrière, on veut se dire qu’on s’est battu contre les meilleurs. Il y a ceux qui s’échappent avant, plus tôt, avec peut-être un titre. Mon but est d’être le meilleur et de battre les meilleurs."

Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1, lors de la conférence de presse

"Ça a été une super expérience pour moi de courir contre Sebastian, qui avait quatre titres et plus que tout autre pilote du moment, et je pense que c’est une année excitante pour la F1 d’avoir deux Champions du Monde qui se battent devant. Mais il y a aussi Daniel [Ricciardo], et je pense que les gens vont être surpris ce week-end de voir à quel point Red Bull est compétitif. Il y a beaucoup de battage médiatique autour de leur équipe et c’est difficile de le remarquer car la piste en tests était un peu affectée, mais je suis excité de voir où l’on se situe tous en essais."

Et Sebastian Vettel de conclure : "Je suis d’accord avec Lewis, tout d’abord c’est un privilège d’avoir une chance de se prouver soi-même en F1 et d’y courir. Ensuite, une fois qu’on y est, je crois qu’il ne s’agit que de gagner, il n’est question de rien d’autre. Probablement que plus tard, après avoir gagné un peu, on commence à gagner en perspective et qu’on commence à ouvrir ses horizons et ça devient quelque chose de gagner contre les meilleurs."

"Dans mon cas, je pense que si je regarde les gens contre qui j’ai piloté au cours de ma carrière, ce sont un peu les mêmes depuis le karting, même si je n’ai pas roulé contre Lewis en kart, j’étais conscient de sa montée et on s’est rencontré plus tard en F3 où il était meilleur que moi, puis en F1. Ensuite, ça compte plus pour vous de savoir contre qui vous courez, ça signifie plus et on en tire de la satisfaction, et maintenant je veux cette satisfaction de gagner avec Ferrari, qui est la plus grande équipe de l’Histoire, du paddock. C’est mon but ultime, maintenant, gagner avec Ferrari et contre le meilleur, et il y a plein de numéros mais Lewis est clairement l’un d’entre eux."

Sebastian Vettel, Ferrari SF71H
Prochain article Formule 1