Les 13 rivalités internes les plus toxiques de la F1

Depuis que les équipes de course comptent plus d'une voiture, le meilleur baromètre pour chaque pilote doit être son équipier. Alors que certains parviennent à coexister en harmonie, d'autres empruntent une autre voie, transformant la compétition en conflit. Voici 13 des associations les plus toxiques de l'Histoire de la F1...

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13. Niki Lauda & Carlos Reutemann (Ferrari)

13. Niki Lauda & Carlos Reutemann (Ferrari)
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Photo de: LAT Photographic

Après son terrible accident au Nürburgring en 1976, Lauda est revenu furieux en voyant que Ferrari avait réussi à embaucher Reutemann en avance, puisque le pilote Brabham devait de toute façon remplacer Clay Regazzoni pour la saison 1977. L'Autrichien, de retour de l'enfer, obligea la Scuderia à engager trois voitures à Monza, avant de rapidement surclasser ses coéquipiers. L'année suivante, à la question de savoir s'il considérait Reutemann comme un coéquipier ou un rival, Lauda répondit malicieusement : "Ni l'un ni l'autre". Reutemann remporta la deuxième course de 1977, mais Lauda s'adjugea le championnat, son coéquipier finissant à la quatrième place.

12. Esteban Ocon & Sergio Pérez (Force India)

12. Esteban Ocon & Sergio Pérez (Force India)
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Photo de: Manuel Goria / Motorsport Images

Comme des frères et sœurs se chamaillant à l'arrière de la voiture familiale, ces deux pilotes n'ont tout simplement pas su se tenir tranquilles. Suite au Grand Prix de Singapour 2018, où Perez s'est montré très efficace pour écarter Ocon dans le mur lors du premier tour après que ce dernier ait osé lui faire l'extérieur, l’écurie a – de nouveau – dû leur interdire de se battre en piste. Mais il ne s'agissait là que du dernier épisode d'une série de contacts coûteux et inutiles. Ocon affirma même avoir reçu des menaces de mort sur les réseaux sociaux après les collisions des Grands Prix d'Azerbaïdjan et de Belgique, en 2017.

11. Nigel Mansell & Alain Prost (Ferrari)

11. Nigel Mansell & Alain Prost (Ferrari)
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Photo de: Sutton Motorsport Images

Il y a deux courants de pensée : soit Prost était un maître dans l’art de faire se plier une équipe à sa volonté au détriment de son coéquipier, soit il était un génie absolu de la guerre psychologique, ce qu'un Mansell paranoïaque pouvait difficilement gérer. Lorsque Prost rejoignit Ferrari en 1990, en fuite après son partenariat turbulent avec Senna chez McLaren, Mansell était déjà bien installé et croyait être "sur un pied d’égalité". Vers le milieu de la saison, le Britannique a jeté ses gants – littéralement – et annoncé qu'il allait se retirer de la discipline, furieux, pensait-il, que Prost (qui avait pris la peine d'apprendre l'italien, contrairement à lui) ait retourné l'équipe contre lui pour obtenir un traitement préférentiel et un meilleur matériel.

10. Ayrton Senna & Elio De Angelis (Lotus)

10. Ayrton Senna & Elio De Angelis (Lotus)
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Photo de: Sutton Motorsport Images

Comme un prélude à un avenir proche, Senna a abattu ses premières cartes politiques dès 1985 en intimidant la direction de l'équipe Lotus pour qu’elle concentre son énergie sur lui plutôt que sur le charismatique pilote et historique de l’écurie, De Angelis. Le Brésilien a réussi à persuader l'équipe de lui attribuer l'ingénieur Nigel Stepney et quelques mécaniciens qui travaillaient alors avec l’Italien, et ce dernier s'est rapidement senti mal à l’aise dans ce qui était autrefois sa "maison".

Les pilotes en vinrent presque aux mains à Kyalami, lors de l'avant-dernière course de la saison, car Elio, malgré son charme, avait également le sang chaud. Suite au départ de l'Italien pour Brabham (une association qui se terminera dans des circonstances tragiques), Senna insista pour disposer d'un coéquipier qui soit un simple subordonné et a donc mis son veto au choix de Derek Warwick. Son chantage étant que si Warwick était engagé, il rejoindrait Brabham à son tour. Imaginez la joie de De Angelis si cela s'était produit !

9. Sebastian Vettel & Charles Leclerc (Ferrari)

9. Sebastian Vettel & Charles Leclerc (Ferrari)
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Photo de: Glenn Dunbar / Motorsport Images

En associant au sein de la Scuderia un multiple Champion du monde installé mais en difficulté, Vettel, et un espoir qui a franchi une à une et haut la main les étapes menant vers les sommets, Leclerc, Ferrari a pris un risque, sous la direction de Mattia Binotto, fraîchement nommé directeur. Surtout en faisant de l'ambitieux Monégasque un numéro 2 dans certaines circonstances.

Et rapidement, dans une saison 2019 bien plus décevante que prévu sur le plan sportif, avec un Vettel toujours en proie au doute et pas beaucoup plus performant que son équipier, cette rivalité a progressivement pris de plus en plus de place. D'abord avec quelques consignes, puis avec des interventions plus marquées et des messages radio colériques et polémiques. Au GP du Brésil, les deux hommes iront au contact, entraînant pour la première fois de l'Histoire de la F1 un double abandon sur accrochage de deux monoplaces du Cheval cabré.

8. Lewis Hamilton & Fernando Alonso (McLaren)

8. Lewis Hamilton & Fernando Alonso (McLaren)
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Photo de: Steven Tee / Motorsport Images

Le double Champion du monde Alonso est arrivé chez McLaren en s’attendant à une promenade de santé en interne, car son coéquipier, Champion GP2 en titre, allait forcément mettre du temps à apprendre les ficelles du métier, n'est-ce pas ? Loin de là, Hamilton a été une épine dans le pied dès le premier virage de leur premier GP ensemble, à Melbourne. Et après avoir mis plus de pression à Alonso qu'il ne l'aurait souhaité à Monaco et l'avoir contenu lors d’un combat direct pour la victoire à Indianapolis, les choses ont mal tourné en Hongrie, où Alonso a saboté la dernière tentative de qualification de Hamilton après que ce dernier ait refusé de le laisser passer en piste.

Leur combat s'est terminé, sur le plan sportif, par une égalité de points (avec avantage Hamilton au nombre de deuxièmes places), permettant à Kimi Räikkönen (Ferrari) de s'emparer du titre pour une petite unité – ce qui n'a pas semblé trop embêter Alonso sur le podium au Brésil. L'Espagnol fuira McLaren pour retrouver le cocon protecteur de Renault.

7. Mark Webber & Sebastian Vettel (Red Bull)

7. Mark Webber & Sebastian Vettel (Red Bull)
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Photo de: LAT Images

Après leur accrochage en piste lors du Grand Prix de Turquie 2010, la relation a toujours été tendue entre les deux hommes, et notamment au moment de l'épisode de l'aileron avant au GP de Grande-Bretagne, quelques semaines plus tard. Une fois la domination de Vettel clairement démontrée sur un Webber qui s'est progressivement éteint, est alors survenue la débâcle des consignes d’équipe du GP de Malaisie 2013. 

L'Australien, leader de la course, après avoir eu l'assurance que les positions étaient figées (le fameux "Multi 21") avait diminué la puissance de son moteur après le dernier arrêt au stand. En dépit de ces consignes claires, l’Allemand a ignoré cet ordre et impitoyablement attaqué pour gagner la course. Après l'épreuve, un Webber incrédule lança "Multi 21, Seb... Oui, Multi 21" dans la cool room avant le podium à destination d’un Vettel qui n’avait nulle part où se cacher et qui mettra deux semaines à reconnaître ce que tout le monde avait compris. Depuis qu'il a pris sa retraite de la F1, Webber a accusé Vettel, dans son autobiographie, d'arrogance, affirmant qu'il était aussi sujet à des "pétages de plomb" et qu'il accusait souvent l'équipe en cas de défaite.

6. Alan Jones & Carlos Reutemann (Williams)

6. Alan Jones & Carlos Reutemann (Williams)
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Photo de: LAT Photographic

Ce n’était pas la première fois de la carrière de Regazzoni qu'il était remplacé par Reutemann dans une équipe gagnante. Et ce n'était pas la première fois que Reutemann ne se voyait pas dérouler le tapis rouge par un pilote déjà installé. Jones n'aimait pas l'idée de partager les points avec un coéquipier aussi rapide, même si l'Argentin avait dans un premier temps accepté de jouer le rôle du numéro 2. Puis Jones, bien conscient de la force de sa Williams FW07B en 1980, en est venu à regretter que son coéquipier se soit effondré, en "mode 90%", et n'ait pas pris plus de points à son rival pour la couronne mondiale, Nelson Piquet (Brabham).

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Finalement, la tension a explosé après la deuxième épreuve de 1981, au Brésil, lorsque Reutemann a désobéi aux ordres de l'équipe, ignoré le rappel à l’ordre sur le panneau Williams et battu Jones pour la victoire. Dès lors, même s'il sera le plus rapide en piste, Reutemann n'aura jamais le plein soutien de ses patrons et de son équipier, et il perdra le titre lors du dernier GP, face à Piquet, victime d'une boîte de vitesses défectueuse à Las Vegas.

5. René Arnoux & Alain Prost (Renault)

5. René Arnoux & Alain Prost (Renault)
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Photo de: LAT Images

En 1979-1980, Arnoux avait confirmé l’immense potentiel entrevu dans les formules de promotion en remportant ses deux premières victoires, en signant plusieurs poles et en jouant le rôle du jeune loup aux côtés du rapide et doué techniquement Jean-Pierre Jabouille, chez Renault. Quand Jabouille s'est cassé les jambes dans un accident, Renault a engagé le jeune Prost pour 1981 et, dans sa deuxième année de F1, il a immédiatement éclipsé Arnoux au niveau des victoires, du rythme et de la régularité.

Entre les Français au sein de la seconde équipe tricolore (après Ligier), une rivalité a commencé à émerger. En 1982, Arnoux retrouva sa forme mais resta malchanceux, et les espoirs de titre de l'équipe reposaient à nouveau entièrement sur Prost. Mais à domicile, au Paul Ricard, Arnoux ignora sciemment un accord d'avant-course qui aurait dû permettre à Prost de le dépasser et l’emporta avec un grand sourire malicieux. Il s'en fichait ; il se dirigeait vers Ferrari en 1983.

4. Lewis Hamilton & Nico Rosberg (Mercedes)

4. Lewis Hamilton & Nico Rosberg (Mercedes)
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Photo de: Steve Etherington / Motorsport Images

Hamilton et Rosberg étaient de bons amis en karting. Malgré leurs origines très différentes, ils traînaient aussi ensemble hors des circuits, jouant au football, aux jeux vidéo et au tennis de table. Mais quelques années plus tard, ils sont devenus équipiers chez Mercedes en F1, et tout a mal tourné... À partir du moment où Rosberg a tiré tout droit dans une échappatoire à Monaco lors des qualifications en 2014, déclenchant un drapeau jaune qui a empêché Hamilton d’améliorer son temps, leur relation s'est dégradée jusqu’à leur accrochage du GP de Belgique la même année. Bien que ce contact ait directement profité à Rosberg à l'époque, Hamilton en est revenu plus fort.

Au fil du temps, ils ont semblé de plus en plus agacés l'un par l'autre, Rosberg renvoyant la fameuse casquette qu'Hamilton lui avait lancé dans l'euphorie du troisième titre d'Austin 2015. Le paroxysme de leur affrontement a été leur accrochage du GP d’Espagne 2016. Mais en Autriche, quelques courses plus tard, Rosberg essaya de sortir Hamilton de piste, manœuvre dans laquelle il cassa son propre aileron. Ils se parlaient à peine lorsque Rosberg a finalement battu Hamilton pour le titre en 2016 lors de la finale d'Abu Dhabi, où le Britannique, leader, a défié les ordres de l'équipe et roulé à un rythme qui a mis son coéquipier sous la menace des poursuivants, sans succès. Même depuis la retraite de Rosberg, la relation entre les deux hommes ne semble pas vraiment s'être réchauffée.

3. Nigel Mansell & Nelson Piquet (Williams)

3. Nigel Mansell & Nelson Piquet (Williams)
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Photo de: LAT Images

Piquet a rejoint Williams en 1986 en tant que multiple Champion du monde, juste au moment où Mansell avait trouvé son rythme en F1 et rejoint la liste des pilotes de pointe. Ils ont vite appris à se détester et le garage Williams s'est divisé en deux. Avec Frank Williams à l'hôpital après son grave accident de voiture et dans l'incapacité de gérer la situation, ses pilotes se prirent suffisamment de points l’un l’autre pour permettre à Alain Prost de leur chiper le titre lors d’une finale à suspense à Adélaïde.

Piquet a ensuite eu le dernier mot en remportant le titre en 1987, malgré un terrible accident à Imola, car Mansell a également subi une grosse sortie de piste à Suzuka, le faisant déclarer forfait pour les deux derniers GP. Et juste au moment où on pensait que c'était fini (Piquet rejoignant Lotus), une interview dans Playboy est apparue dans laquelle le Brésilien a lancé : "La différence entre lui et moi, c'est que j'ai gagné trois Championnats du monde et qu'il en a perdu deux" – avant de dénigrer l'intelligence de Mansell, ses capacités techniques et même... son épouse !

2. Alain Prost & Ayrton Senna (McLaren)

2. Alain Prost & Ayrton Senna (McLaren)
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Photo de: LAT Images

Mettez deux géants de la discipline dans les voitures les plus dominatrices de leur époque... Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ? Plein de choses ! Les premières étincelles ont commencé à jaillir en 1988 lorsque Senna a poussé Prost vers le muret des stands au début du Grand Prix du Portugal, et quelques mots amers ont été prononcés devant la presse. Mais ce n’était pas grand-chose par rapport à la saison 1989.

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À Imola, les pilotes McLaren se sont mis d’accord sur un pacte de non-agression, mais Prost estimait que Senna l’avait brisé lors du second départ de la course, le Brésilien l’attaquant au virage de la Tosa et réécrivant dans son sens les termes de l’accord initial. La fureur de Prost s'est étendue jusqu'à l'affrontement pour le titre à Suzuka, lorsqu'il a sèchement fermé la porte à Senna au freinage de la chicane pour essayer de s'assurer son troisième titre mondial. Par la suite, Senna accusera la FIA, qui l'a disqualifié de la course, d’avoir manipulé le championnat. Leur animosité s'est même renforcée après le départ de Prost chez Ferrari puis son refus de faire équipe avec le Brésilien chez Williams. Ce n'est que suite à la retraite du Français que Senna a soudainement fait volte-face et s’est montré amical.

1. Gilles Villeneuve & Didier Pironi (Ferrari)

1. Gilles Villeneuve & Didier Pironi (Ferrari)
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Photo de: LAT Images

Le très prometteur Pironi est arrivé chez Ferrari en 1981 pour remplacer Jody Scheckter, à la retraite, et rejoindre l'éblouissant Villeneuve pour ce qui aurait dû être l'un des duos les plus impressionnants des années 1980. Même si le Canadien était un collègue accueillant et qui aimait s'amuser, Pironi a d'abord eu du mal dans son nouvel environnement, surtout avec le turbo capricieux de Ferrari et la 126CK limitée. Le Français fut soufflé d'être mis à un tour par son équipier victorieux à Monaco. Mais le domaine dans lequel Pironi excellait était l'intelligence : plus calculateur, il s'était rapproché des responsables Ferrari. Cela s'est avéré crucial après le GP de Saint-Marin 1982, qu'il a remporté en dépassant Villeneuve dans le dernier tour, en dépit d'un panneau "slow" montré aux deux pilotes et d'une croyance que l'équipe souhaitait que le leader d'un doublé soit le vainqueur. Villeneuve, qui avait battu Pironi de 1,5 seconde en qualifications et menait au moment où les Renault ont abandonné, ne s'attendait pas à voir son équipier l'attaquer. Il avait tort.

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Entré dans une sorte de paranoïa vis-à-vis de Pironi, non seulement jugé fourbe (car il avait sa propre version de la signification du panneau "slow") mais également vu comme tentant de retourner l'équipe contre lui (le manager de l'écurie Marco Piccinini déclarant après coup que Didier n'avait rien fait de mal), Villeneuve emportera sa colère dans sa tombe. Après avoir juré qu'il ne parlerait plus jamais au Français, le Québécois n'accepta pas de voir Pironi le devancer lors des qualifications à Zolder. Dans sa seconde tentative lancée, une incompréhension avec un pilote dans un tour lent, une décision fatale prise en un quart de seconde, et soudainement l'un des pilotes les plus spectaculaires du monde n'était plus. 

Avec David Malsher 

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