Comment apprivoiser le virage 8 à Istanbul

Demandez à n’importe quel pilote une question concernant Istanbul Park et il parlera rapidement du virage numéro huit

Demandez à n’importe quel pilote une question concernant Istanbul Park et il parlera rapidement du virage numéro huit. C’est une montagne russe prise à 260km/h avec quelques bosses et qui exerce des forces latérales importantes sur la voiture et le pilote. Venir à bout de ce virage requiert une bonne mise au point et une grande compétence de pilotage.

Bien que le virage huit soit souvent décrit comme étant un virage à quatre points de corde, les pilotes le traite comme étant une courbe à deux points de corde. Et, comme pour tout virage, les ingénieurs traitent le virage huit en trois phases : l’entrée, le milieu et la sortie. La seule différence, c’est que cette courbe est une des plus longues de la saison et prend huit secondes de l’entrée jusqu’à sa sortie. Sur 600 mètres de ce virage, la voiture se déplacera à une vitesse maximale de 270 km/h.

Les statistiques des forces latérales sont tout aussi impressionnantes : les pilotes seront sujets à une force latérale d’une moyenne de 4,3 G durant ces huit secondes, avec un pic à 5,2 G. Le virage met le cou des pilotes à rude épreuve ; il ne sera donc pas étonnant de voir des coussinets supplémentaires sur l’appuie-tête des pilotes ce weekend pour mettre ces derniers un peu plus à l’aise lors de cette course qui comptera 58 tours.

Concernant la mise au point, l’équipe se concentrera sur l’équilibre aérodynamique pour que les voitures restent bien ‘collées’ au passage de ce virage très rapide. Les ingénieurs vont également privilégier un bon set-up de l’aileron pour une bonne stabilité de l’avant. Un autre paramètre important est la hauteur de caisse, comme l’explique Alan Permane, chef ingénieur de l’équipe : "Il y a quelques bosses au virage huit, il faut donc s’assurer que la voiture ne talonne pas, surtout en début de course avec les lourdes charges d’essence. La priorité sera de trouver une bonne hauteur de caisse, qui fonctionne à la fois pour la séance de qualifications et la course. Le challenge sera de mettre au point la voiture de manière à ce qu’elle soit adaptée à toutes les conditions."

Ce sont ces bosses sur la trajectoire de course qui présenteront un réel défi pour les pilotes lorsqu’ils prendront le virage huit à fond, même en configuration de séance de qualifications. "Ce virage a toujours été difficile à cause des bosses qui ont un impact sur l’équilibre," dit Robert Kubica. "L’an passé, on le prenait presque à fond alors cette année nous verrons. Je ne pense pas qu’il sera particulièrement difficile en qualifications mais le vrai challenge sera en début de course lorsque les pressions des pneus seront basses et la voiture lourde avec l’essence embarquée."

Si les premiers tours de la course seront un pas dans l’inconnu, les pilotes savent que le virage huit sera plus facile à négocier au fur et à mesure que les charges d’essence diminueront. Et, en assumant que les pneumatiques ne se dégradent pas trop, ils pourraient prendre le virage à fond vers la fin de la course.

En parlant des pneumatiques, le virage huit est réputé être un ‘tueur’ pour le pneu avant droit qui est sujet à de lourdes charges à chaque tour et cela peut entraîner du grainage. Une bonne compréhension de la performance des pneus sera donc une priorité des le début des essais libres du vendredi.

[Communiqué de Renault F1 Team]

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