Comment un désaccord a mené à la dernière victoire de Barrichello

Alors qu'il était lié à Ferrari jusqu'à fin 2006, Rubens Barrichello a fait le choix de quitter précipitamment la Scuderia pour Honda… qui s'est mû en BrawnGP en 2009.

Podium : le vainqueur Rubens Barrichello, Brawn Grand Prix, le second Jenson Button, Brawn Grand Prix, le troisième Kimi Raikkonen, Ferrari

Lorsque Rubens Barrichello a rejoint Ferrari en 2000, le Brésilien disposait d'une solide réputation dans le paddock mais courait encore après sa première victoire dans l'élite, sept ans après son arrivée dans le Championnat du monde.

Et si Barrichello a été en mesure de s'imposer avec le Cheval Cabré, à neuf reprises entre 2000 et 2004, jamais il n'a pu rivaliser avec son voisin de garage, Michael Schumacher, dans la lutte pour le titre mondial. Pire, il a plusieurs fois été victime de consignes d'équipe renforçant son statut de "numéro deux", l'exemple le plus marquant ayant été la victoire abandonnée dans les derniers mètres du GP d'Autriche 2002.

Pourtant, Barrichello est resté fidèle à la Scuderia pendant six saisons. Son dernier contrat avec l'équipe transalpine aurait dû porter ce chiffre à sept, avec l'inclusion de la campagne 2006, cependant en interne, un événement dont Barrichello a tu la nature l'a poussé à rejoindre les rangs de Honda.

"Honda m'a approché en 2005, je leur ai dit que je ne pouvais pas [signer] parce que j'avais un contrat avec Ferrari pour 2006", explique-t-il dans un entretien pour le site de la F1. "Mais il s'est passé quelque chose [chez Ferrari] au milieu de l'année, je le raconterai un jour dans mon livre ! Ça ne m'a pas plu. J'ai dit : 'Je vois que vous ne me donnez pas la liberté de courir, j'ai attendu six ans, et je vous remercie beaucoup, mais je veux rompre le contrat."

La dernière saison de Barrichello chez Ferrari a probablement été la plus amère.

La dernière saison de Barrichello chez Ferrari a probablement été la plus amère.

L'aventure chez Honda a duré trois saisons et s'est soldée par un seul podium, décroché au volant d'une voiture rétive lors d'un GP de Grande-Bretagne 2008 pluvieux. À l'issue de cette même année, le retrait surprise du constructeur japonais a mis en péril la carrière de Barrichello et celle de son coéquipier Jenson Button, et l'on pensait alors que le Brésilien n'aurait jamais plus l'occasion de remonter sur la plus haute marche du podium...

"Ce fut la période la plus difficile de ma carrière", affirme-t-il. "Après 2008, je n'ai pas eu de contrat pendant trois mois et demi. J'appelais Ross [Brawn, alors directeur de Honda F1, ndlr] toutes les semaines et il me disait : 'D'accord Rubens, je sais quelle est ta valeur mais je n'ai pas d'argent pour l'instant, tiens bon, continue à faire du sport et je t'appellerai'. Ma famille et mes amis pensaient que j'étais fou, il y avait beaucoup de ragots sur des gens en tests mais je continuais à penser que ça arriverait, puis l'appel a vraiment eu lieu."

En mars 2009, à quelques semaines de l'ouverture du championnat, Ross Brawn annonce la reprise de l'ancienne structure Honda, rebaptisée Brawn GP. Une monoplace, équipée d'un moteur Mercedes, est prête à prendre la piste et est confiée à Button et Barrichello, en dépit de rumeurs pressentant le recrutement de Bruno Senna.

Le Pauliste revient plus en détail sur sa situation précaire au sein de Brawn GP : "J'étais au Brésil lorsque Ross m'a appelé pour me dire : 'Peux-tu venir ici vendredi ?' Et j'ai répondu : 'Même si j'y vais à la nage, je serai là vendredi !' J'ai signé le contrat, je n'ai signé qu'un contrat renouvelable toutes les quatre courses parce que si quelqu'un était venu avec beaucoup d'argent, Ross aurait pu être contraint de me remplacer."

Button et Barrichello ont vécu une seconde jeunesse chez Brawn.

Button et Barrichello ont vécu une seconde jeunesse chez Brawn.

Comme dans un conte de fées, la Brawn BGP001 s'est immédiatement révélée compétitive, au point de verrouiller la première ligne au GP d'Australie, première épreuve de la saison. Si Button s'est imposé à Melbourne, ainsi qu'en Malaisie, à Bahreïn, en Espagne, à Monaco et en Turquie, Barrichello a lui aussi pu soulever la coupe réservée au vainqueur à Valence et à Monza. Une tournure inattendue plus de trois ans après son départ précipité de la Scuderia.

"Jenson [Button] a piloté [la voiture] pour la première fois, je suis allé dans son cockpit et je lui ai demandé comment c'était. Il m'a répondu : 'Coéquipier, nous allons nous amuser cette année'. Je m'en souviens comme si c'était hier. J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à piloter cette voiture", raconte-t-il concernant les premiers tours de roue de la Brawn.

"J'ai vraiment apprécié cette période, ces deux courses, Valence et Monza, étaient très difficiles à gagner et nous avions différentes stratégies pour y parvenir. Elles ont été importantes pour moi. Gagner à Monza, sans voiture rouge, et voir tous les gens en rouge sous le podium, m'a rendu très fier."

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