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Comment la FIA s'y prend-elle pour recruter son PDG ?

Mohammed Ben Sulayem l'avait annoncé dans son programme : il y aura un PDG au sommet de la chaîne de commande de la FIA pour gérer les affaire quotidiennes. Voici désormais que le plan entre en action. C'est en ce début avril que la FIA a mis en action les recherches formelles de son dirigeant, "susceptible d'être basé en Europe", qui aura pour mission de partager les responsabilités de haut niveau avec le président élu.

Jean Todt, FIA President, Mohammed Bin Sulayem  et Bernie Ecclestone sur la grille

C'est une révolution, et pas des moindres : alors qu'elle se restructure globalement sous l'égide de son nouveau président Mohammed Ben Sulayem, élu en décembre dernier, en rupture avec une partie de l'héritage des mandats de Jean Todt, la Fédération Internationale de l'Automobile s'affirme de plus en plus ouvertement comme un organe générateur de revenus managé comme une entreprise, et cherche désormais un PDG, rôle qui n'a jamais existé au sommet de la pyramide de cette influente institution.

Comment la FIA cherche-t-elle son dirigeant ?

Pour cette mission de recrutement élitiste, la FIA a élu le cabinet de ressources humaines Russell Reynolds, spécialisé dans les profils de cadres et dirigeants internationaux de haut vol. La mission décrite pour le futur PDG est très claire : "Les principales priorités du nouveau directeur général seront de stabiliser les finances de la FIA, rationaliser des structures de gouvernance et des processus opérationnels, et développer ses capacités de direction pour soutenir la diversification et la croissance des futures sources de revenus de la FIA".

Pour cela, l'organisation souhaite "recruter un leader orienté vers le commerce et la transformation afin de moderniser l'organisation et d'améliorer la valeur qu'elle apporte à ses divers membres dans le monde entier".

Jusqu'à quand la FIA cherche-t-elle son PDG ?

La date de recrutement reste "ouverte", indique l'offre d'emploi publiée ce lundi 4 avril. Comme pour les précédents rôles très spécialisés de premier plan renouvelés ou reconstitués ces derniers mois au sein de la structure, la FIA souhaite avant tout s'assurer de pouvoir trouver la bonne personne et ne place aucune date butoir officielle à sa recherche.

Que fait la FIA en dehors de la régulation sportive de la F1 ?

La FIA fournit une gamme de services et de soutien à ses 245 organisations membres et opère dans leur intérêt. Il est rappelé que le futur directeur général mettra les intérêts desdits membres et des parties prenantes de la FIA au premier plan de toutes ses décisions. Le président de la FIA et les dirigeants définissent la vision et la politique de la fédération. Sous les mandats de Jean Todt, la sécurité routière dans le monde, la sécurité en piste dans le cadre des compétitions, ainsi que l'électrification des sports mécaniques ont représenté des moteurs importants de la stratégie menée, soutenus par une importante influence politique.

Sous la responsabilité du nouveau président en place, le PDG sera responsable du développement de la stratégie d'organisation de la FIA dans sa nouvelle incarnation, afin de concrétiser cette vision assurément plus commerciale et transparente. Il est rappelé dans l'annonce de Russell Reynolds que le futur PDG sera attendu sur "la bonne performance opérationnelle et financière d'une administration intégrée et alignée" et qu'il rendra des comptes à ses pairs.

Quel est le profil de candidat recherché ?

Le PDG devra identifier rapidement les principaux domaines à améliorer et prendre des mesures rapides pour y remédier, parmi lesquels "la santé financière d'un environnement externe en constante évolution, l'efficacité opérationnelle et la gestion des performances, la culture organisationnelle, les comportements et les attitudes des employés, et le développement de la responsabilité personnelle à tous les niveaux".

Ainsi, un bon candidat pour la FIA est nécessairement un leader disposant d'une expérience importante de la direction d'une entreprise commerciale internationale ou d'une organisation complexe d'envergure comparable à celle de la FIA. À ce titre, la FIA précise qu'une expérience dans le management opérationnel d'une grande fédération ou entité internationale présente aussi de l'intérêt. Il est aussi précisé qu'il est nécessaire que le candidat dispose d'une "passion", et idéalement, d'une expérience ou une connaissance préalable de l'industrie du sport automobile et/ou des marchés plus larges de l'automobile et de la mobilité.

"Une connaissance spécifique de la Chine, de l'Inde et des pays africains serait un avantage certain", note-t-on. On lui demande également d'être sensible aux technologies du futur et au développement durable. Comme tout profil de ce niveau, le PDG de la FIA devra pouvoir chapeauter et trancher sur un vaste champ de compétences au niveau stratégique ou encore d'affaires juridiques, opérationnelles et comptables.

La notion qui revient le plus dans les quatre pages de l'annonce postée par la FIA demeure celle de la transformation. On y lit ainsi de manière répétée qu'une "approche entrepreneuriale et créative pour développer des idées nouvelles et innovantes qui feront progresser l'organisation et repousseront les limites du secteur" est le fil conducteur de ce nouveau rôle unique.

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