Formule 1 GP de Monaco

Comment Magnussen aborde ses courses à deux doigts de la suspension

À la suite de ses nombreuses sanctions augmentant son compteur de points de pénalités à 10, et à seulement 2 points de la suspension de course, Kevin Magnussen s'est exprimé sur la façon dont il abordait ses Grands Prix, où il devra dorénavant se tenir plus qu'à carreau.

Nico Hulkenberg, Haas F1 Team, Kevin Magnussen, Haas F1 Team, dans le parc fermé

Depuis que son permis de points de pénalités a atteint un total de 10 après ses comportements en piste à Miami, Kevin Magnussen a dû approcher le Grand Prix d'Émilie-Romagne avec la plus grande attention, puisque la menace d'une suspension de course ne tient qu'à deux petits points, la limite se trouvant à 12.

Pour que cette épée de Damoclès lui soit ôtée, le Danois devra attendre 11 mois et donc la saison prochaine, si celui-ci prolonge avec Haas, pour voir sa menace être levée puisque les points de pénalités sont enlevés 12 mois après avoir été acquis. Ainsi, Magnussen devra courir 17 courses sans effectuer la moindre erreur, aussi petite soit-elle, pour éviter de manquer un Grand Prix. Une tâche somme toute ardue au vu des inconstances entre les attributions des pénalités dont se plaignent les pilotes.

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Dans le passé, d'autres pilotes se sont retrouvés dans cette situation délicate approchant de la limite des 12 points de pénalités. Cela avait été le cas de Daniil Kvyat en 2017, Lewis Hamilton en 2020, mais aussi Pierre Gasly la saison passée. Heureusement pour eux, la sentence fatidique n'est jamais tombée. Pour ceux qui s'en souviennent, Jacques Villeneuve aussi avait dû disputer neuf courses sous la menace d'une suspension pendant la saison 1997, après avoir roulé un peu trop vite sous drapeau jaune lors du Grand Prix d'Italie.

Un exemple qui montre la facilité avec laquelle quelques kilomètres heures au-dessus de la limite peuvent vous priver d'une course et mettre dans l'embarras non seulement vous, mais également votre équipe. Interrogé au sujet de cette appréhension et de la façon dont il avait approché le Grand Prix d'Imola, Kevin Magnussen a déclaré préférer se concentrer sur ses objectifs en course.

"Je n'y ai pas pensé [à la menace de suspension]", répond-il dans une interview exclusive avec Motorsport.com. "Je dois continuer à piloter du mieux que je peux, sinon je passerai les 20 prochaines courses à me promener. Je ne le ferai pas, ça n'a pas de sens."

Kevin Magnussen et Lewis Hamilton pendant le sprint à Miami.

Kevin Magnussen et Lewis Hamilton pendant le sprint à Miami.

Photo de: Mark Sutton / Motorsport Images

Le Danois a également insisté sur les circonstances dans lesquelles ses pénalités sont tombées, notamment en sacrifiant certaines de ses courses défendant corps et âme son coéquipier Nico Hülkenberg, pour lui permettre de garder sa place dans le top 10 et d'inscrire un point pour son équipe. Le pilote se défend, indiquant ne pas être inconscient et bien réfléchir si la situation en piste mérite de prendre de tels risques ou non.

"À Imola, c'était possible pour moi de rattraper les gars [devant] et d'inscrire des points, je n'ai donc pas eu besoin de faire des folies là-bas", explique-t-il. "Ce n'est pas mon défaut [d'enfreindre le règlement]. J'essaie de peser le pour et le contre et de le faire quand cela a du sens, et je ne le fais pas quand cela n'en a pas. J'essaie au moins."

"Il y a eu quelques situations cette année où, même si je n'étais pas dans les points, cela valait la peine de se battre parce qu'en tant qu'équipe, nous étions toujours dans le jeu pour les points et ma position sur la piste avait un effet sur la façon dont nous allions marquer ces points dans ces courses. Donc c'est dur de dire que je regrette ce que j'ai fait... Je n'aime pas jouer à ce jeu, mais en même temps, j'essaie toujours de rester dans les règles. Et même quand je me bats avec certains, que je dépasse la limite et que j'ai une pénalité, j'accepte cette pénalité."

"Où est le bon sens ? Où est l'instinct ? Pourquoi avons-nous besoin de toutes ces règles ? Laissez-nous courir"

Cette stratégie visant à sacrifier la course d'un des pilotes a énormément fait parler au sein du paddock. Plusieurs équipes se sont plaintes du comportement de Magnussen en course, estimant qu'il n'était pas correct de retenir tout un peloton au point d'en venir à enfreindre le règlement à répétition, comme cela avait été le cas à Miami.

"On s'est demandé si les règles étaient adaptées à ce genre de situations, ce que je comprends tout à fait, et j'ai donné mon avis sur comment elles pourraient être améliorées", déclare Magnussen. "Je vois bien qu'il y a un problème avec les règles, mais ce n'est pas moi qui les aie établies. Il ne faut pas détester le joueur, vous savez ? C'est comme ça, c'est tout."

En plus des écuries, les pilotes aussi sont mécontents du manque de cohérence entre les pénalités suivant les courses. Beaucoup se sont exprimé sur le sujet comme Logan Sargeant ou Sergio Pérez, deuxième au classement des pilotes avec le plus de points de pénalité.

"Ils ont mis ce point dans le règlement qui dit que si vous laissez le pilote qui passe à l'extérieur vous tourner dessus, si les circonstances sont d'une certaine manière, alors il a le droit de rentrer dedans et c'est vous qui aurez une pénalité", ajoute le pilote Haas. "Où est le bon sens ? Où est l'instinct ? Pourquoi avons-nous besoin de toutes ces règles ? Laissez-nous courir et laissez-nous utiliser notre instinct, nous voulons tous finir la course, nous voulons tous être raisonnables."

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Magnussen a néanmoins admis comprendre la situation délicate dans laquelle se trouve les commissaires et la FIA, avouant qu'il aurait pu faire certaines choses autrement tout en gardant en tête qu'un simple dépassement de limite de piste pourrait lui valoir une suspension.

"Quand je discute avec la FIA, des fois je les comprends. Je n'aime toujours pas la façon dont les règles sont appliquées, mais on voit bien qu'ils essaient de faire de leur mieux", ajoute le Danois. "Je pense que ce processus m'a également permis d'apprendre quelque chose. Je pense que dans certains cas, [les commissaires] ont adopté une position différente [de la mienne] en m'expliquant que j'aurais probablement pu éviter [un incident] mieux que je ne le pouvais auparavant. Mais je pourrais toujours me retrouver dans une situation où, même si je fais quelque chose par accident, [je pourrais être suspendu]."

Avec Alex Kalinauckas, Jonathan Noble et Haydn Cobb

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