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Comment un camion du Dakar peut-il aider Hamilton à garder son titre ?

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Comment un camion du Dakar peut-il aider Hamilton à garder son titre ?
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Traduit par: Basile Davoine
8 mars 2016 à 08:00

Le monde de haute technologie de la Formule 1 semble être très loin du Dakar, alors comment le camion qui s’est imposé en Amérique du Sud peut-il avoir quelque chose à voir avec le succès de Mercedes dans la catégorie reine ?

Qu’est-ce qui peut rapprocher la victoire de Gerard de Rooy sur son Iveco "bison" lors du dernier Dakar de la monoplace sophistiquée pilotée par Lewis Hamilton ? Une réponse courte : la puissance. Ces deux machines développent près de 900 chevaux. 

En F1, la Mercedes est propulsée par un moteur V6 turbo à essence, couplé à un système hybride équipé de deux générateurs électriques. Par opposition, l’Iveco développe le même niveau de puissance grâce à son Powerstar Strator Torpedo, un moteur diesel de 12,9 litres avec un turbo Holset. 

L’autre facteur qui les rapproche, c’est l’utilisation du carburant et des lubrifiants Petronas, qui n’est pas seulement un sponsor des deux équipes. Le pétrolier joue un rôle de fournisseur exclusif et intégral dans un domaine qui affecte à la fois la fiabilité et la performance. 

Lewis Hamilton, Mercedes Petronas AMG F1
Lewis Hamilton, Mercedes Petronas AMG F1

Photo by: XPB Images

L’expertise R&D

À Turin, au centre de Recherche & Développement de Petronas, les experts étudient les exigences du carburant, des lubrifiants et des additifs pour répondre aux besoins extrêmes qui existent en sports mécaniques. Les opérations, dirigées par Andrew Holmes, sont menées dans le même laboratoire pour développer les produits spécifiques qui sont utilisés aussi bien dans la chaleur du désert que dans le temple de la vitesse en F1, à Monza, où la pédale d’accélérateur est enfoncée pendant 67% du tour avec une vitesse maximale de 350 km/h. 

Cette intégration complexe entre l’industrie chimique et l’ingénierie est coordonnée par Andra Dolfi, Motorsport Technical Manager de Petronas, avec une approche spécifique basée sur la coopération. 

"Cette méthodologie et l’interdisciplinarité peuvent fournir les meilleures solutions technologiques, à la fois pour l’utilisation sur route et pour les applications les plus extrêmes", explique-t-elle. "Basé sur un changement dynamique constant de notre formule de savoir-faire, cela nous permet d’identifier les points de contact significatifs entre les deux mondes, de la piste à la route [dans le cas de la F1] et de la route à la piste [pour le Dakar]."

#501 Iveco: Gerard de Rooy, Moises Torrallardona, Darek Rodewald
#501 Iveco : Gerard de Rooy, Moises Torrallardona, Darek Rodewald

willyweyens.com

Dakar : un rallye des extrêmes

De Rooy, Néerlandais de 35 ans qui a gagné cette année son deuxième Dakar au volant d’un Iveco Powerstar, a dominé l’épreuve en Argentine et en Bolivie sur un parcours considéré comme facile durant la première semaine, mais devenu bien plus difficile durant la seconde. Les étapes les plus coriaces ont conduit les concurrents à évoluer à une altitude de 5000 mètres, avec des températures extrêmes. 

"Dans la cabine", explique de Rooy, "nous avions plus de 60°C, tandis que la température dans l’air était environ de 50°C. Respirer devenait de plus en plus dur et c’était compliqué de maintenir la concentration, et en plus cela affecte les moteurs !"

À haute altitude, l’air se raréfie et cela provoque une perte de puissance qui est estimée à 40%, ce qui, dans ce cas de figure, représente pas moins de 360 cv… 

"En plus d’une chute de performance significative, il y a aussi moins de refroidissement pour le moteur. Et pour rendre les choses plus compliquées, il y avait des buissons et de la petite végétation qui pouvaient obstruer les radiateurs."

"En fait, à un moment donné, le système de refroidissement a eu une défaillance : nous aurions dû nettoyer les sorties des radiateurs, mais nous ne voulions pas nous arrêter afin de ne pas perdre notre avantage. L’électronique s’est mise en mode sauvegarde, et nous avons dû ralentir. Le moteur avait surchauffé et il y avait des risques pour la fiabilité des six cylindres, mais le lubrifiant Petronas Urania nous a permis de gagner en préservant la mécanique. C’est là que nous partageons la base de notre succès avec Petronas."

Mercedes AMG F1 W06 Mercedes PU106-Type Hybrid
Mercedes AMG F1 W06 PU106-Type Hybrid

Photo by: Mercedes AMG

Le transfert vers la F1

Affronter la chaleur dans le désert est une bonne chose pour aider la recherche en F1. À Turin, l’année dernière, les chercheurs ont développé un nouveau brevet pour un fluide qui a permis à Mercedes d’améliorer les performances de son système hybride.

Les ingénieurs de l’écurie F1, au département moteur de Brixworth, ont réussi à maintenir les températures du système ERS, permettant au MGU-G [le système de récupération qui utilise la chaleur provenant du turbo], de tourner plus vite. Petronas apporte son soutien à Mercedes avec cinq types de fluides qui sont utilisés dans la monoplace : le carburant, l’huile moteur, le liquide de refroidissement moteur, l’échangeur de température de l’ERS et le système de refroidissement. 

Durant la première année des nouvelles motorisations F1, en 2014, Petronas a ainsi permis à Mercedes de prendre un avantage estimé à trois dixièmes de seconde au tour. Andy Cowell, directeur général de Mercedes AMG High Performance Powertrains [le département moteur de l’écurie allemande], insiste sur la manière dont l’efficience de l’unité de puissance a bondi à 45%, tandis qu’elle n’excédait pas 34% avec les V8 atmosphériques de 2,4 litres en 2013. 

En deux années de recherche autour de l’hybride, il y a eu un gain technologique énorme qui a significativement augmenté la performance, tout en réduisant la consommation et les émissions. L’objectif d’une efficience moteur de 50% en F1 n’est pas une utopie, et Petronas apporte de nouveaux carburants et lubrifiants cette année pour tenter de l’atteindre miraculeusement. 

Giuseppe D’Arrigo, PDG de Petronas Lubricants International, a expliqué à Motorsport.com : "Les premiers essais en laboratoire ont été très encourageants, et nous croyons avoir gardé un avantage - à la fois sur le carburant et avec les fluides pour l’hybride - qui permettra à Mercedes de rester devant la concurrence."

Une tendance que les essais hivernaux de Barcelone semblent avoir confirmé. 

Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W07 Hybrid
Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W07 Hybrid

Photo by: XPB Images

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Séries Formule 1
Pilotes Lewis Hamilton Boutique , Gerard de Rooy
Auteur Franco Nugnes