Le coup de gueule de Piastri sur la F1 2026 : "Les ordinateurs décident de la grille"
Après avoir perdu un temps précieux en qualifications à Spa à cause de la gestion de l'énergie des moteurs 2026, Oscar Piastri dénonce une F1 où les performances dépendent davantage des logiciels que des pilotes. Un constat partagé par Lando Norris.
Photo de : Alex Bierens de Haan / Getty Images
Dès le début du week-end de Formule 1 à Spa-Francorchamps, il était évident que la gestion de l'énergie allait constituer l'un des principaux défis. Le tracé belge est particulièrement "énergivore", avec ses longues lignes droites et ses virages rapides qui offrent très peu d'occasions de recharger les batteries.
En conséquences, dans l'intégralité du deuxième secteur, les pilotes devaient se contenter du seul moteur thermique, développant environ 540 chevaux, soit moins que les moteurs Mecachrome de Formule 2, qui en produisent près de 620.
Au-delà de cette problématique, un autre sujet a fortement agacé les pilotes. Samedi soir, le directeur de McLaren, Andrea Stella, a révélé que les moteurs 2026 intégraient des éléments d'auto-apprentissage, capables d'adapter leur gestion de l'énergie au fil des tours, voire au cours d'un même tour.
Selon lui, ce système est toutefois extrêmement sensible. De très faibles variations dans les actions du pilote peuvent avoir d'importantes conséquences plus loin dans le tour, mais des éléments qu'il ne contrôle pas, comme les variations d'adhérence ou la direction du vent, peuvent également modifier son comportement.
C'est notamment ce qui aurait coûté plusieurs dixièmes à Oscar Piastri face à Lando Norris en qualifications, alors que les deux McLaren disposaient exactement des mêmes réglages moteur. Stella a également laissé entendre que George Russell avait été victime du même phénomène, incapable d'expliquer l'écart perdu face à Kimi Antonelli dans les lignes droites.
Quand les grilles de départ sont décidées par des ordinateurs qui fonctionnent... ou qui dysfonctionnent, c'est une façon vraiment médiocre de faire courir des voitures.
Sans surprise, cette situation a laissé Oscar Piastri particulièrement frustré. Interrogé par Motorsport.com sur le fait de voir sa séance compromise par le comportement de son propre groupe propulseur, l'Australien n'a pas caché son agacement : "C'est nul. Je ne peux pas vraiment le dire autrement".
Le pilote McLaren souligne qu'il est loin d'être un cas isolé et estime que, cette saison, les qualifications sont parfois davantage dictées par la technologie que par les pilotes.
"Je suis loin d'être le seul", ajoutait Piastri. "Je sais que George a beaucoup souffert de ça ce week-end, et même lors des deux derniers. En discutant avec d'autres pilotes, c'est la même histoire."
"Quand les grilles de départ sont décidées par des ordinateurs qui fonctionnent... ou qui dysfonctionnent, c'est une façon vraiment médiocre de faire courir des voitures."
Oscar Piastri est très frustré par le comportement des moteurs 2026.
Photo de: Alastair Staley / LAT Images via Getty Images
À Spa, le phénomène était particulièrement visible, mais Piastri explique qu'il est extrêmement frustrant de réaliser un tour quasiment identique à celui de son coéquipier... pour se retrouver pourtant à deux dixièmes.
"Ici, c'était évidemment encore plus marqué", a-t-il confié. "Vous revenez d'un tour de qualifications, vous regardez les données et vous voyez que vous êtes au même niveau que votre coéquipier dans tous les virages, mais vous terminez quand même deux dixièmes derrière. Ce n'est vraiment pas agréable."
Le pilote n'a plus le contrôle
Lando Norris partage entièrement ce constat. Selon le champion du monde en titre, les pilotes ont aujourd'hui trop peu d'influence sur leur propre performance, particulièrement sur des circuits comme Spa où la gestion de l'énergie est cruciale.
"En réalité, cela n'a pratiquement rien à voir avec le pilote", a déclaré le Britannique. "Parfois oui, parce qu'on parle d'appuyer quelques mètres trop tôt sur un bouton ou ce genre de choses. Cela peut faire une énorme différence. Il y a certaines choses que vous contrôlez, mais beaucoup trop d'autres échappent à votre contrôle."
Norris regrette qu'autant d'éléments extérieurs puissent décider de l'ordre des qualifications : "C'est dommage qu'il y ait autant de facteurs capables de dicter votre performance. Ce n'est pas le pilote qui fait la différence. Il faut simplement espérer avoir de la chance, que le moteur fasse ce qu'il est censé faire et qu'il ne décide pas de faire n'importe quoi."
Ironiquement, Spa a été le premier week-end où Norris s'est retrouvé du bon côté de la situation... alors qu'il subissait une pénalité de dix places sur la grille. Il assure avoir subi le problème depuis le début de la saison : "Honnêtement, ça me pénalise depuis le début de l'année. C'est le premier week-end où j'ai été compétitif dans les lignes droites. C'est la première fois que j'en suis vraiment satisfait."
À Spa, Norris a enfin été épargné par les problèmes de son unité de puissance.
Photo de: Guido De Bortoli / LAT Images via Getty Images
"J'ai eu ce problème toute la saison", assurait Norris. "Pour une fois, c'était Oscar qui était un peu désavantagé en qualifications, mais ce n'est pas de sa faute non plus. C'est simplement parce que les unités de puissances font ce qu'elles veulent."
Pas de solution miracle à court terme
La mauvaise nouvelle pour les pilotes est qu'il ne semble pas exister de remède immédiat, en particulier sur des circuits comme Silverstone ou Spa.
Même si la répartition de la puissance entre le moteur thermique et l'électrique évoluera progressivement vers un ratio de 60-40, Oscar Piastri ne pense pas que cela résoudra ce problème précis.
"Tout est lié à la façon dont les systèmes gèrent l'énergie", expliquait l'Australien. "Les changements de débit de carburant ou la réduction du déploiement électrique ne régleront pas ce problème spécifique. Cela dépend de la calibration du moteur et de la manière dont il apprend. C'est quelque chose d'ancré dans ces moteurs."
"Bien sûr, cela s'améliorera à mesure que les constructeurs comprendront mieux leurs groupes propulseurs. Ce n'est pas seulement un problème pour McLaren ou Mercedes, c'est un problème que rencontrent tous les motoristes, d'après ce que j'ai entendu des autres pilotes. Mais le simple fait que ce soit un problème est déjà très frustrant, et pas seulement pour moi."
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