De Villeneuve à Vettel, les écarts de langage et la FIA

Depuis l’arrivée du Grand Prix du Mexique dimanche, la polémique autour des propos de Sebastian Vettel à la radio a largement alimenté nos colonnes. Le chapitre s’est finalement refermé dès mardi soir, à la suite d’un communiqué de la FIA.

Après avoir insulté le directeur de course Charlie Whiting à la radio, "dans la chaleur du moment" à Mexico, Vettel a rapidement présenté ses excuses puis envoyé une lettre à la FIA. Suffisant pour finalement échapper à une sanction, l’instance internationale se justifiant ainsi : "À la lumière de ces excuses sincères et de cet engagement fort, le président de la FIA a décidé, exceptionnellement, de ne pas prendre de sanction disciplinaire à l'encontre de M. Vettel."

Les critiques de Vettel en 2014

Cet épisode survenu pendant un Grand Prix et diffusé en quasi direct (la FOM retransmet les conversations radio en léger différé) dans le monde entier n’a donc pas conduit la FIA à sanctionner le pilote Ferrari. Un quadruple champion du monde repris pour son écart de langage, ce n’est pourtant pas la première fois. Il suffit de remonter deux ans et demi en arrière pour se souvenir que Vettel, alors chez Red Bull, avait provoqué l’ire de Jean Todt après avoir qualifié de "merde" les nouveaux moteurs hybrides.

"C’est de la merde (sic)", avait-il lancé dans le paddock de Sepang lors du deuxième Grand Prix de la saison. "J'étais sur le muret des stands pendant la course [à Melbourne], et c'est plus calme que dans un bar ! Je pense que ce n'est pas bien pour les fans. Je pense que la F1 doit être spectaculaire, et le bruit est l'une des choses les plus importantes."

Quelques jours après avoir tenu ces propos, le pilote allemand avait reçu un courrier de Jean Todt, président de la FIA, sous forme d'avertissement, non pas pour lui reprocher d'avoir exprimé son avis, mais pour la manière dont il l'avait fait et pour le langage utilisé.

Les deux épisodes ont en commun de mettre en scène les mêmes protagonistes, mais la comparaison s’arrêtera là. Mais on pourra remarquer que la critique du règlement, plus à froid et sans être dans l’émotion, avait peut-être davantage ému la FIA.

Villeneuve convoqué devant le Conseil Mondial

L’épisode de 2014 n’était d’ailleurs pas sans faire écho à un autre survenu dix-sept ans plus tôt. Bien sûr, à époques différentes, faire des rapprochements serait se laisser aller à des raccourcis. Mais il faut néanmoins souligner que, dirigée par Max Mosley, la FIA n’avait pas du tout apprécié l’attitude d’un Jacques Villeneuve alors en lutte pour le titre mondial et s’exprimant vent debout contre la future réglementation de la saison 1998.

En avril 1997 disputait sa deuxième saison en Formule 1 avec Williams. Dans le paddock d'Imola, il avait réagi de manière très virulente à l'annonce de la nouvelle réglementation technique pour la saison suivante, prônant l’apparition de pneus rainurés et de châssis plus étroits. Villeneuve qualifiait ce nouveau règlement de "blague" et assurait que la F1 allait "devenir un cirque" à cause d'une "idée ridicule".

Plus d'un mois plus tard, la FIA réagissait à ces propos. Alors que Villeneuve se trouvait déjà au Canada quelques jours avant de disputer son Grand Prix à domicile, il était convoqué le mercredi, deux jours avant les premiers essais libres, par la Fédération Internationale. Max Mosley, le président de l'époque, le sommait de venir s'expliquer à Paris devant le Conseil Mondial. Le Canadien n'avait d'autre choix que de faire l'aller-retour en avion pour une audience qui n’avait finalement duré que... 10 minutes !

"Le problème, ce n'est pas ce que j'ai dit, mais la manière dont je l'ai dit", expliquait Villeneuve à la sortie de l'audience. "J'aurais dû utiliser d'autres mots." Il n'empêche que le pilote Williams avait alors été sanctionné d'un avertissement officiel, qui l'exposait à une course de suspension en cas de récidive.

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Séries Formule 1
Pilotes Jacques Villeneuve , Sebastian Vettel
Type d'article Actualités
Tags fia, langage, propos, sanction