Le défi des arrêts au stand en F1 en 2017

L’arrivée de nouveaux règlements techniques en Formule 1 va rendre les changements de pneus un peu plus complexes à exécuter cette saison.

Le défi des arrêts au stand en F1 en 2017
Jolyon Palmer, Renault Sport F1 Team RE16
Sergio Perez, Sahara Force India F1 VJM09 effectue une simulation d'arrêt aux stands
Des pistolets pneumatiques
Red Bull Racing effectue un arrêt aux stands
Kimi Räikkönen, Ferrari SF16-H s'arrête aux stands
Un pistolet pneumatique
La pièce d'entrainement aux arrêts aux stands dans l'usine Scuderia Toro Rosso
Red Bull Racing s'entraîne aux arrêts aux stands
Daniel Ricciardo, Red Bull Racing RB12 makes a pit stop
Sahara Force India F1 pit stop

Nous avons discuté des changements qui touchent les arrêts au stand en F1 et de la façon dont les écuries se préparent à ce challenge avec Greg, ancien chef mécano d’une écurie de F1, qui a pris sa retraite du monde des Grands Prix il y a quelques mois de cela.

Il est évident que l'exécution des arrêts au stand représentera un gros challenge cette saison,” explique-t-il à Motorsport.com.

Cette année, les roues sont plus larges, surtout les roues arrière, et les pneus sont plus lourds. Le poids à manipuler est plus important que l’an dernier. Les quatre mécanos qui installent les roues neuves sur les porte-moyeux feront face à un nouveau défi. L’écrou sera désormais situé un peu plus loin au centre de la roue. Les gars qui retirent les roues devront modifier leurs gestes afin de ne pas gêner ceux qui manipulent le pistolet pneumatique. Même chose pour ceux qui installent les roues neuves d’un seul geste. Ils ne devront pas retarder les gars aux pistolets.”

Sachez que les mécanos n’attendront pas d’être à Melbourne en Australie au premier Grand Prix de la saison pour commencer à s’entraîner. “Je sais que les gars ont déjà commencé à s’entraîner aux arrêts au stand. Les premières simulations ont débuté peu de temps après le retour de la pause de Noël. Les gars effectuent deux entraînements par jour ; un le matin et l’autre durant l’après-midi, cinq jours par semaine,” ajoute-t-il.

Près de 600 répétitions

Le rythme des entraînements ne faiblit pas, ce qui, d’une certaine façon, les détourne de leur véritable boulot. “Ils effectuent environ 15 arrêts lors de chaque séance, soit 30 par jour, cinq jours par semaine et ce, jusqu’au départ pour l’Australie, ce qui représente à peu près un total de 600 entraînements de arrêts au stand. Cela épuise les gars. Ils préfèrent nettement bosser sur les voitures que de perdre une bonne trentaine de minutes à répéter les mêmes gestes deux fois par jour. Ça peut devenir très frustrant, car il faut non seulement être ultra rapide, mais surtout super constant. Ce n’est pas du tout facile. Il est primordial de les garder motivés à effectuer le meilleur travail possible. Il faut leur présenter des défis à relever, rendre cela amusant, sinon ils perdent vite l’intérêt.”

À noter que dans les séries de la NASCAR, les équipiers qui effectuent les arrêts au stand ne sont pas les mécanos habituels, mais des athlètes expressément entraînés pour effectuer cette tâche. En F1, ce n’est pas le cas.

Notre interlocuteur précise que des véritables pit stops, presque en conditions de course avec la voiture qui roule, doivent normalement être effectués avant que l’équipe se rende en Australie. “Le team manager nous met beaucoup de pression pour en effectuer, mais il est difficile d’avoir tous les véritables acteurs des arrêts au stand présents en même temps, disponibles sur un même circuit,” précise-t-il.

L’an dernier, nous avons profité d’une journée de tournage vidéo à Silverstone pour nous entraîner. Idéalement, les équipes tentent d’effectuer le déverminage de la nouvelle voiture sur un circuit près de leur base avant les véritables essais de pré-saison et elles en profitent pour tourner de la vidéo et effectuer des entraînements de arrêts au stand.”

Vitesse et précision

La rapidité des changements de roues est vite devenue un facteur déterminant dans l’issue des Grands Prix. À tel point qu’on ne parle plus de l’importance jouée par les secondes, mais par les dixièmes de seconde, soit le bref instant d'un clignement d’œil.

Nous avons deux équipes de arrêts au stand, l’équipe A et la B. L’équipe A est composée des meilleurs membres de l’écurie et est celle qui sera certainement en action lors du Grand Prix d’Australie à Melbourne,” nous explique-t-il. “L’équipe B est celle de réserve, qui inclut parfois des nouveaux venus et quelques anciens. On effectue aussi des permutations de tâches. Par exemple, un gars qui manipule le pistolet pneumatique va devenir celui qui retire la roue. On leur donne des tâches différentes, et on peut voir s’ils sont meilleurs, ou plus à l’aise, dans une autre position. On tente de trouver les meilleures personnes pour chaque tâche."

“On analyse beaucoup la morphologie des mécanos pour savoir lequel est le mieux disposé à travailler à chaque poste. Je crois que Williams a beaucoup travaillé sur ce point. Ils ont engagé un spécialiste qui a analysé la façon de bouger des mécanos et effectué des changements.”

En effet, Williams a travaillé en collaboration avec son partenaire informatique. En somme, Avanade a équipé les mécaniciens de capteurs biométriques (comme un moniteur de fréquence cardiaque et des accéléromètres) et amassé une somme impressionnante de données qui ont servi à mieux adapter les programmes d’entraînement physique et à confier les bonnes tâches aux bonnes personnes.

L’équipement des arrêts au stand a aussi énormément évolué. L’ingénierie a permis de modifier la façon dont l’écrou maintient la roue en place, la façon dont l’écrou reste fixé à la roue, la rapidité à positionner le pistolet sur l’écrou, ce genre de trucs,” ajoute Greg. “Il y a deux ans de cela, Williams avait probablement la pire équipe de arrêts au stand. Elle était très inconstante et effectuait de nombreuses erreurs. En 2016, elle est devenue incroyable ; la plus rapide et, surtout, la plus régulière de toutes,” conclut-il.

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