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Domenicali : "Je ne vends pas l'âme de la F1"

Le PDG de la Formule 1, Stefano Domenicali, assure ne pas seulement s'intéresser à l'aspect financier au moment d'établir le calendrier de la discipline.

Stefano Domenicali, PDG, Formula 1

La Formule 1 se trouve dans une situation paradoxale : sa popularité est en nette progression depuis plusieurs années, en grande partie sous l'impulsion d'une politique d'ouverture, notamment sur les réseaux sociaux et les médias contemporains, et de valorisation de ses atouts par rapport à la précédente gouvernance. De nombreux nouveaux fans affluent donc, mais en parallèle les aficionados plus anciens peinent à accepter une partie des changements qui accompagnent ce mouvement.

Qu'il s'agisse des évolutions sportives (avec en point d'orgue l'arrivée des courses sprints), du calendrier (avec le choix assumé de multiplier les destinations de grande valeur commerciale face aux circuits historiques) ou encore des événements de la finale d'Abu Dhabi l'an passé, ces éléments ont pu créer parmi une frange des spectateurs de la discipline reine le sentiment que le sport perdait rapidement en importance face à la logique spectaculaire et commerciale.

De là à dire que la discipline, sous le commandement de Liberty Media depuis 2017 et sous la présidence de Stefano Domenicali depuis 2021, est en train de vendre son âme ? Une accusation que l'Italien réfute, dans le contexte du départ fortement pressenti de Spa du calendrier au profit de destinations comme l'Arabie saoudite, le Qatar ou encore Las Vegas. 

"Je ne vends pas l'âme de la Formule 1", a-t-il lancé, pour Bild. "C'est un changement naturel, nous nous ouvrons au monde entier. L'argent est important partout. Pour nous aussi. Mais nous ne nous contentons pas de regarder cet aspect, le package complet doit être bon. Si nous ne nous intéressions qu'au compte en banque, le calendrier des courses serait assurément différent."

Plus jamais de Grand Prix en Russie ?

Le départ du GP de Russie 2021

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Interrogé par la publication d'outre-Rhin au sujet d'un éventuel avenir pour une épreuve classique du calendrier, à savoir le Grand Prix d'Allemagne, qui ne s'est plus tenu depuis 2019 et peinait à être organisé en alternance par Hockenheim et le Nürburgring au début des années 2010, Domenicali a répondu : "Si je ne passe pas de coup de fil moi-même, je vois et j'entends peu de choses en provenance de l'Allemagne. Ils parlent, parlent, parlent, mais au final, il faut des faits."

Le dernier Grand Prix d'Allemagne en date, organisé à Hockenheim, l'avait été grâce à la couverture financière exceptionnelle assurée par Mercedes alors que le Grand Prix de l'Eifel, couru sur le Nürburgring en 2020, devait surtout au contexte sanitaire et au fait que la F1 tentait de garnir son calendrier par tous les moyens.

"C'est un mystère pour moi que l'on ne puisse pas mettre en place de business autour d'un Grand Prix [d'Allemagne] de nos jours", a-t-il ajouté en référence notamment aux huit années de domination de Mercedes. "Mais s'ils font bien les choses, nous aurons à nouveau une course en Allemagne. Le Grand Prix doit être intéressant pour toutes les parties. Nous ne pouvons pas couvrir tous les coûts."

Si la porte reste donc ouverte, moyennant finances, à l'Allemagne, l'avenir du Grand Prix de Russie semble de son côté s'être irrémédiablement assombri, sur fond d'invasion toujours en cours de l'Ukraine par le régime dirigé par Vladimir Poutine. "Je dis toujours qu'il ne faut jamais dire jamais, mais dans ce cas, je peux le promettre", a déclaré Domenicali. "Nous n'aurons plus de négociations avec eux. Il n'y aura plus de course là-bas."

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