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Ce que les données GPS révèlent de la vitesse de Verstappen

Max Verstappen était a priori assuré de décrocher la pole position du Grand Prix d'Arabie saoudite 2023 de Formule 1, jusqu'au moment où l'arbre de transmission de sa Red Bull a lâché.

Max Verstappen, Red Bull Racing RB19

Max Verstappen, vainqueur incontesté à Bahreïn quinze jours auparavant, avait fait un sans-faute lors des séances d'essais, terminant les trois heures de roulage avec un avantage cumulé de 1,3 seconde. Cependant, après avoir dominé la Q1 avec une avance impériale de 0"483 sur son coéquipier et futur poleman Sergio Pérez, sa RB19 a connu des problèmes à l'arrière droit à la sortie du virage 10.

Cela a forcé le Champion en titre a se retirer en Q2, son élimination la plus précoce en qualifications depuis qu'il avait choisi de ne pas rouler du tout à Sotchi en 2021, quand il était pénalisé sur la grille de départ par un changement de moteur.

Mais comme l'ont prouvé de manière éclatante les GP de Belgique et d'Italie la saison dernière, Verstappen est tout à fait capable d'effectuer une remontée étonnante à l'ère de l'effet de sol en F1. Et à en juger par son attitude optimiste lorsqu'il s'est adressé aux médias juste après sa panne sur le circuit de la Corniche de Djeddah, il pense qu'un autre retour aux avant-postes est tout à fait possible.

Lire aussi :

Où se situent les forces de Red Bull à Djeddah

Verstappen a remporté la première de ses 15 victoires record la saison dernière grâce à un triomphe obtenu à l'aide du DRS face à Charles Leclerc sur le circuit saoudien, le punch du moteur Honda rebadgé s'étant avéré décisif face à l'agile Ferrari, la Red Bull se trouvant alors en tête du classement des vitesses de pointe.

Mais ces caractéristiques semblaient avoir été échangées lors de l'épreuve de Bahreïn au début du mois. La RB19, plus légère en 2023, s'était montrée rapide dans les zones d'accélération à basse vitesse, mais avait fini par manquer de souffle par rapport à la SF-23 à faible traînée lorsqu'elle dépassait les 290 km/h.

En théorie, cette appétence pour la vitesse et le fait de laisser derrière soi l'asphalte extrêmement abrasif de Sakhir, qui a mis en évidence les problèmes de dégradation des pneus de Ferrari, aurait dû favoriser Leclerc et Carlos Sainz pour ce week-end.

Toutefois, les données GPS des runs de ce samedi en Arabie saoudite révèlent l'étendue des capacités de la Red Bull, la RB19 ayant une longueur d'avance sur sa rivale peinte en rouge sur cette piste urbaine fluide. Ainsi, même le meilleur tour de Verstappen en Q1 en 1'28"761 (qui l'aurait tout de même placé troisième en Q3, Pérez ayant signé la pole en 1'28"265) l'a propulsé proche du sommet des vitesses de pointe

Le Néerlandais a en effet atteint 332 km/h avant freinage au virage 1, contre 329 km/h pour Pérez et 326 km/h pour Leclerc, qui a éclipsé de justesse George Russell. Fernando Alonso, au volant de l'Aston Martin AMR23, a quant à lui atteint la vitesse maximale de 319 km/h.

Il est intéressant de noter que l'Aston, la Ferrari et la Mercedes s'échangent les places des virages 4 à 10, car la RB19 est compromise par les changements de direction à plus grande vitesse déterminés par l'appui.

Cependant, elle est ensuite capable de considérablement déployer sa puissance dans la ligne droite arrière pour atteindre une vitesse maximale de 338 km/h, soit 6,5 km/h de mieux que la Ferrari et quasiment 10 km/h de plus que la Mercedes et l'Aston.

Alors que le tour de pole de Pérez l'a vu dominer dans le délicat virage 22, la RB19 semble en payer le prix dans la séquence suivante, la Ferrari et l'Aston prenant l'ascendant. Dans le même ordre d'idées, Red Bull n'a pas son pareil pour aborder le dernier virage, Pérez étant le plus rapide à la corde avant qu'Alonso ne puisse être rattrapé lors de l'accélération à basse vitesse.

Comment transférer cela en stratégie de course

Max Verstappen lors d'une simulation de départ.

Max Verstappen lors d'une simulation de départ.

La défaillance de l'arbre de transmission de Verstappen va permettre aux organisateurs du GP d'Arabie saoudite et aux patrons de la F1 de se frotter les mains à l'idée de compléter un triplé de courses palpitantes à Djeddah.

La course inaugurale de 2021 a été rendue tristement célèbre par les combats de rue répétés et la collision provoquée par Verstappen avec Lewis Hamilton, son rival pour le titre, qui les plaçait à égalité de points avant Abu Dhabi. L'édition de la saison dernière a fait office de deuxième partie du "duel de détection DRS" entre Leclerc et Verstappen.

Cette fois-ci, tous les regards seront tournés vers la capacité à remonter de Verstappen, en espérant toutefois qu'il lui faudra plus de temps que les 12 tours nécessaires à Spa en 2022 pour passer de la 14e à la première place.

Contrairement aux progrès réalisés sur le circuit belge, Verstappen devra certainement attendre plus longtemps sur l'étroit circuit de la Corniche, bordé de murs en béton. Bien que Verstappen soit un "dépasseur" incisif, l'accent sera mis sur sa capacité à deviner où ses rivaux placeront leurs voitures afin d'éviter tout accrochage. De même, il devra peut-être rester spectateur et laisser le premier tour se dérouler s'il y a une mêlée en milieu de peloton, dans laquelle il pourrait être pris.

Mais une fois que le premier relais se sera installé, les réglages de la RB19 seront parfaitement adaptés à sa mission, même si cette optimisation est quelque peu fortuite, aucun membre de l'équipe Red Bull n'ayant initialement prévu que Verstappen soit éliminé si tôt en qualifications.

Une fois le DRS activé, l'aide au dépassement sera associée à la vitesse de pointe déjà supérieure de la Red Bull pour permettre des dépassements simples dans les lignes droites ou pour que Verstappen se mette à hauteur de chaque adversaire avant de prendre l'avantage dans chaque zone de freinage.

Lire aussi :
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