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Les zones DRS raccourcies au plus mauvais moment ?

Regrettant le manque de clarté général sur les décisions prises par la direction de course et les commissaires, George Russell s'est notamment montré préoccupé par l'absence de consultation des pilotes sur le raccourcissement des zones DRS alors même qu'il juge les F1 2023 plus difficiles à suivre que celles de 2022.

George Russell, Mercedes W13

La Formule 1 semble depuis quelques années engluée dans les controverses et les polémiques, de plus ou moins grande ampleur, liées aux décisions prises par la direction de course ou les commissaires, tous deux agissant sous l'égide de la FIA. Et même si la dernière épreuve en date a eu lieu il y a un mois, personne dans le paddock n'a oublié la rocambolesque fin du GP d'Australie.

Évoquant ce problème d'illisibilité des décisions prises par les instances, George Russell, par ailleurs l'un des directeurs de l'Association des pilotes de Grand Prix (GPDA), a également tenu à lier cette question à celle de la modification des zones DRS.

Quand Motorsport.com a demandé au pilote Mercedes ce qu'il pensait des décisions prises à Melbourne, il a dans un premier temps jugé nécessaire que des discussions se tiennent entre la FIA et les pilotes : "Il est certain qu'il va y avoir beaucoup de discussions avec la FIA pour comprendre son point de vue", a-t-il déclaré.

"Nous vivons sans aucun doute une période un peu difficile à cet égard, pour nous tous, mais aussi pour la FIA. Ils ne sont pas stupides et ils essaient de faire le meilleur travail possible. Mais il faut aplanir les choses pour comprendre quelle va être leur approche."

"Nous ne pouvons pas avoir des week-ends qui sont totalement dictés par ce que décide quelqu'un dans le bureau de la direction de course. Nous avons vu quelques décisions folles ou rocambolesques être prises récemment. S'il y avait de la cohérence, ce serait très bien. Mais c'est l'incohérence qui rend les choses difficiles pour nous autres."

Et pour mieux illustrer son propos sur le manque de dialogue et de compréhension, il cite la décision des instances de raccourcir les zones DRS. S'il s'agit du genre de mesure qui crée moins la polémique, notamment auprès de fans chez qui le dispositif est peu populaire, Russell estime que le manque de consultation des pilotes, alors même qu'il juge que les conditions en piste se sont dégradées par rapport à 2022, est un véritable problème.

George Russell, Mercedes-AMG

George Russell, Mercedes-AMG

"Je trouve que les dépassements sont plus difficiles cette année qu'ils ne l'étaient l'année dernière. Je pense qu'avec l'évolution des voitures par rapport à la réglementation initiale de la F1 [en 2022], les dépassements sont devenus plus difficiles."

"Évidemment, ils raccourcissent toutes les zones DRS, ce sur quoi les pilotes n'ont eu aucun impact. J'ai encore été un peu déçu qu'on ne soit pas dans la boucle à ce sujet. Je ne suis même pas sûr que la FIA sache que nous pensons que les dépassements sont plus difficiles, alors qu'elle base le DRS sur des informations historiques."

LIRE AUSSI - La FIA raccourcit l'une des zones DRS à Bakou

Russell est convaincu que les pilotes aborderont la question du DRS avec la fédération, car ils estiment que le raccourcissement des zones ne répond pas aux besoins du moment. "Nous soulèverons la question, c'est certain. Je veux dire : ce n'est qu'une centaine de mètres [à Bakou], ça ne va pas changer le monde, mais cette direction n'est pas la bonne."

"Nous voulons simplement être tenus au courant lorsque ces décisions sont prises, et avoir une opinion ou partager une réflexion qui peut contribuer à leur décision. C'est un processus sur lequel nous devons encore travailler parce que, clairement, nous sommes tous dans le même bateau et nous ne voulons que le meilleur pour la discipline."

"Nous avons juste besoin d'un effort collaboratif un peu plus important pour améliorer la discipline du point de vue du spectacle, mais aussi du point de vue de la sécurité. Qui est mieux placé pour leur donner un retour d'information que les personnes qui pilotent les voitures ?"

Propos recueillis par Jonathan Noble

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