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Les écuries F1 ont déjà rejeté des mesures contre le marsouinage

Les espoirs des pilotes de F1 de voir le marsouinage être réglementairement éradiqué sur les voitures 2022 se heurte à une opposition de certaines équipes qui remonte déjà à l'an passé.

De plus en plus de pilotes se plaignent de l'impact sur leur corps du phénomène de rebond lié au marsouinage. À Bakou, où se trouve une pleine charge de 2,2 km sur un tracé urbain et donc bosselé, la question est vite revenue sur le tapis.

En qualité de directeur de l'Association des Pilotes de Grand Prix (GPDA), George Russell a semble-t-il directement demandé à la FIA, dont la sécurité est l'une des missions cardinales, de se pencher sur le sujet. Il s'est également ouvert à la presse, en lançant un avertissement : "Je pense que ce n'est qu'une question de temps avant qu'un incident majeur ne se produise. Beaucoup d'entre nous arrivent à peine à garder la voiture droite sur ces bosses."

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Ces inquiétudes sont partagées par nombre de pilotes, notamment sur le plan physique, mais du côté des écuries on se refuse à envisager des changements drastiques à court terme, surtout face à un problème dont l'intensité varie d'un concurrent à l'autre. Il semble même que lorsque ces questions sont apparues l'an passé, une proposition ait été faite pour essayer d'atténuer le risque de marsouinage lié au fait que les voitures devaient être réglées au plus près possible du sol.

Toutefois, ce projet qui impliquait une série de mesures techniques qui auraient notamment imposé une hauteur de caisse minimum pour contrer cela n'a pas reçu le soutien nécessaire pour être intégré à la réglementation. Dans le contexte du passage de la théorie à la réalité en 2022, certaines structures estiment que le dossier doit au moins être rouvert.

Andreas Seidl, le directeur de McLaren, juge ainsi que la violence du marsouinage devrait encourager une discussion entre FIA et constructeurs. Il suggère toutefois qu'un moyen efficace de lutter contre ce phénomène pour chacune des structures est de relever elles-mêmes la hauteur de caisse, même si cela implique de la perte de performance.

"Nous comprenons que la sévérité [du marsouinage] que nous voyons chez certaines voitures est violente pour les pilotes, et c'est pourquoi c'est un point légitime à soumettre au Comité consultatif technique, pour voir s'il est judicieux d'y remédier", a déclaré Seidl. "Mais en même temps, à l'heure actuelle, les équipes savent comment l'arrêter immédiatement."

Toto Wolff adopte pour sa part une position de recul, estimant qu'avant d'agir, il faut surtout comprendre pourquoi ce phénomène est pire chez certaines écuries. "Je pense que nous avons vu des voitures qui n'ont pas ce problème et puis d'autres pour lesquelles c'est pire, clairement. Je peux parler pour nos deux pilotes : ils ont des problèmes et cela va jusqu'à un point où même un physio ne peut pas les atténuer parfois. Donc, nous devons voir comment cela évolue. Et comprendre aussi pourquoi c'est beaucoup plus difficile dans certaines voitures que dans d'autres."

Pour Mattia Binotto, au sein d'une écurie Ferrari qui semble avoir vite maitrisé ce phénomène et mieux s'en accommoder quand il survient (même si Carlos Sainz s'en est plaint à Bakou), les voitures actuelles ne sont pas particulièrement difficiles à piloter. Il souhaite qu'un peu plus de temps soit pris pour comprendre s'il s'agit réellement d'un problème.

"Si l'on juge la Formule 1, je ne pense pas que ce soient les voitures les moins confortables à piloter, en matière de sport automobile. Je pense que c'est un défi pour les pilotes, sans aucun doute. Mais quand même, je pense que ces voitures sont assez confortables à piloter. C'est un challenge, un challenge technique, je pense que si on analyse notre situation, nous avons déjà fait quelques progrès, et je pense qu'à l'avenir, nous pourrons faire encore plus de progrès. Donc, il est certainement trop tôt pour juger."

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