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Édito - Il y a une (belle) vie après la F1 !

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Édito - Il y a une (belle) vie après la F1 !
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Il y a une vie après la F1, et cette vie est même bien souvent un choix pour les pilotes visant une carrière et une reconnaissance plutôt qu'un parcours strié en dents de scie où se mêlent frustration et portes fermées.

Alors que les chemins de la F1 et du WEC se croisent cette semaine avec la superposition au calendrier du nouveau GP de Bakou et de la grande classique des 24 Heures du Mans, c’est avec un plaisir non dissimulé que nous retrouvons dans le paddock manceau de nombreux visages ayant aussi fait l’Histoire récente de la F1.

Nombre de grands reconvertis dans le Championnat du Monde d’Endurance ont trouvé une réelle opportunité de viabiliser leur carrière sur le long terme après avoir évolué au sommet de l’univers de la monoplace, ou orienté leur jeune carrière avec l’espoir d’y rester.

Un chemin débroussaillé pour les retraités F1 par Webber

Les line-up des trois constructeurs engagés parlent pour eux-mêmes. Chez le Champion du monde Porsche, impossible de passer à côté de la plus grosse reconversion récente en endurance. Mark Webber est devenu à lui seul l’incarnation de la réussite du passage d’une solide carrière F1 couronnée de victoires à une entrée immédiate dans le rythme, avec poles, victoires et titres à la clé. Également ambassadeur Porsche irréprochable pour les produits routiers et épanoui en raison de la stature médiatique accordée par les organisateurs à son profil, Webber revit et se ravit de son statut de star reconnue du WEC.

Bien entendu, la tâche de l’Australien a été facilitée en ce sens que le programme d’usine Porsche est sans doute l’un des plus professionnels jamais mis en place dans la discipline, et très proche des standards F1 en termes d’implication et de ressources techniques et humaines. Mais le challenge à relever était précisément des plus importants pour prouver son calibre quand tant d’attention était tournée vers lui, et ouvrir un chemin à de futurs retraités F1, plutôt que simplement aux jeunes et à ceux n’ayant pas trouvé de place de titulaire ou de volant pour une seconde saison.

 

Podium LMP1 : les vainqueurs, Porsche Team : Nico Hulkenberg, Nick Tandy, Earl Bamber, les deuxièmes, Porsche Team : Timo Bernhard, Mark Webber, Brendon Hartley, les troisièmes, Audi Sport Team Joest Audi R18 e-tron quattro : Marcel Fässler, Andre Lotterer, Benoit Tréluyer
 

Il est certain que nombre de ses homologues du paddock F1 ont eu des idées en tête en voyant notre cher Aussie Grit s’épanouir sportivement et humainement après avoir porté le masque pendant ses dernières années en F1. Si Fernando Alonso, lui aussi managé par Flavio Briatore, n’a pas reçu le feu vert de sa hiérarchie pour lui aussi tenter sa chance, Nico Hülkenberg a certainement marqué les esprits. L’Allemand n’est malheureusement pas dans la Sarthe cette année pour défendre sa victoire sensationnelle acquise au cours de sa première participation, l’an dernier, sur la troisième Porsche. Mais si le calendrier venait à ne pas percuter F1 et WEC en 2017, nombreux pourraient être ceux à frapper à la porte des constructeurs WEC pour une pige bien préparée.

Les jeunes pousses qui montent et les grands sages

N’oublions pas l’expérience importante en F1 de Brendon Hartley et Neel Jani dans des rôles de testeurs, et qui disposent de profils similaires à celui du cousin Audi Lucas di GrassiDéveloppeur accompli, le Brésilien est en position de force dans les deux championnats FIA auxquels il participe. Il fut l’un des premiers dans le format actuel du WEC à prendre la décision d’orienter sa carrière vers un top team d’endurance suite à une montée en monoplace avec le Renault Driver Development et une présence en fond de grille avec Virgin/Marussia puis un rôle de développeur pour Pirelli.

Le line-up de la Toyota TS 050 Hybrid #5 a de quoi faire rêver : Anthony Davidson, Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima aux commandes, et Alexander Wurz en réserve. Le premier est l’un des pilotes d’endurance les plus accomplis et expérimentés du plateau LMP1, résistant à la jeune génération ultra-compétitive, et a laissé un bon souvenir à ses employeurs F1. Le second est l’un des pilotes les plus complémentaires du plateau et, en dépit de son jeune âge, connaît tout du développement d’un projet F1 dans un top team (il fut la pierre angulaire du développement de Red Bull lors des années Vettel), du roulage à l’économie avec efficacité en Formule E (avec e.dams, où il se bat pour le titre depuis la création du championnat) et de la gestion du trafic et du travail d’équipe en endurance. Et, pardonnez du peu, le garçon a comme Webber un trophée de titre mondial WEC sur son étagère ! Le troisième aurait pu connaître une honorable carrière F1 en milieu de plateau s’il n’avait pas choisi d’émuler ses jeunes compagnons pour assurer une carrière sur le long terme, loin de la surmédiatisation de la F1.

 

Stéphane Sarrazin, Anthony Davidson et Sébastien Buemi, Toyota Racing
 

Enfin, le dernier, double vainqueur des 24H du Mans, n’est plus à présenter : il représente avec des Marc Gené, Allan McNish, Tom Kristensen, Rinaldo Capello ou encore Emanuele Pirro l’incarnation du pilote d’endurance moderne de la précédente génération, et s’offre le luxe de diriger le GPDA, l’Association des Pilotes de Grand Prix en F1. On pourrait en dire aussi beaucoup sur le trio Sarrazin/Conway/Kobayashi de la Toy #6, mais n’oublions pas un cas intéressant chez Audi !

Des pilotes parfaitement capables de (re)transiter vers la F1

L’Histoire récente a en effet failli voir la passerelle tendue dans l’autre sens, avec le cas d’André Lotterer. Celui que beaucoup considèrent à ce jour comme le pilote le plus rapide sur un relais prolongé en endurance et capable à lui seul de faire la différence dans les moments clés pour son équipage fut à deux doigts de prouver que le va-et-vient entre F1 et WEC peut se réaliser avec succès dans les deux directions.

Appelé à la rescousse pour le GP de Belgique 2014 par une équipe Caterham en proie à de grandes difficultés financières, celui qui a la grosse cote en endurance grâce à ses 3 victoires mancelles en LMP1 avait tout à perdre sur le papier en allant s’exposer sur un difficile tracé (par ailleurs humide !) dans une auto de fond de grille qu’il ne connaissait pas, plus d’une décennie après sa dernière expérience F1 avec Jaguar.

 

Andre Lotterer, Caterham CT05

 

Mais sa performance face au reste du pack et à son équipier d’alors [Marcus Ericsson] fut solide au point de convaincre Caterham de poursuivre jusqu’en fin de saison, ce que André s’offrit le droit de refuser, heureux qu’il était en endurance avec le constructeur Audi et ses équipiers Fässler et Tréluyer. Son plaisir en monoplace, il le trouve encore cependant en Super Formula, au Japon. Si à 34 ans, l’occasion est maintenant définitivement passée, la porte serait certainement encore ouverte en F1 dans un team comme Renault pour Buemi si ce dernier choisissait de remettre sa carrière à plat pour tenter l’aventure F1.  

Ailleurs qu’en F1 par choix (même Nelson !)

Chez les privés, difficile de dire s’il faut qualifier les équipages d’ex-F1 ou de néo-WEC tant la fusion est forte ! Nico Prost, Nick Heidfeld et Nelson Piquet Jr. représentent un line-up ultra-complémentaire chez Rebellion et partagent des expériences d’une richesse rare. Tous trois seraient des clients à un volant d’usine. Leur point commun avec Kobayashi, Di Grassi ou Buemi est qu’ils ne souhaitent justement plus être définis comme des ex-F1 mais bien comme des pilotes accomplis et bosseurs, et que cette piste demeure bien un premier choix : ces garçons n’attendent plus de coup de fil du paddock F1 et leur épanouissement sportif est réel en jonglant entre WEC et campagne mondiale en Formule E. Donnez-leur une occasion dans la Sarthe ce weekend avec une fiabilité pauvre chez les teams d’usine et ils ne manqueront pas l’occasion de monter sur le podium malgré une auto rendant plusieurs secondes au tour.

 

#12 Rebellion Racing Rebellion R-One AER: Nelson Piquet Jr.
 

Nelson Piquet Jr est par ailleurs l’un des pilotes les plus sous-estimés et incompris du moment. D’une complémentarité fascinante, le Brésilien polyglotte ne rechigne jamais face à une nouvelle expérience et cherche même à les provoquer. Go getter comme disent les anglo-saxons, Nelson est structuré mentalement et sait aussi construire ses programmes lui-même en démarchant ses partenaires et proposer des packages attractifs pour obtenir des chances dont beaucoup ne peuvent que rêver, dans n’importe quelle catégorie. Proto, Indy, Rallycross, Formule E, NASCAR : on l’a vu tout faire récemment, et même lever un lièvre en étant débouté d’une participation à la manche F3 de Pau pour des raisons d’expérience.

On pourrait continuer longtemps. Parler d’un Olivier Panis, dernier vainqueur français en Formule 1, reconverti avec son équipe LMP2. D’un Giancarlo Fisichella devenu une emblématique figure du GT avec Ferrari, heureux comme un Prince. D’un Sébastien Bourdais qui fut d’ailleurs le dernier, avant Hülkenberg, à concilier son amour du Mans et un programme F1 (2009, avec Peugeot et Toro Rosso) et qui revient chez lui cette année avec l’excitant programme d’usine Ford GT. Des parcours ambitieux de l’ingénieur français Pascal Vasselon avec Toyota, après les années F1. De Colin Kolles, jamais à court d’idées plus ou moins bancales pour aligner une LMP1 privée. Des nouveaux arrivants Graeme Lowdon et John Booth pour monter Manor LMP2 après les déboires F1 avec, tiens, Roberto Merhi ! Le jeune Espagnol retrouve d’autres profils ex-F1 en LMP2 comme Vitaly Petrov (SMP Racing), Bruno Senna (RGR Morand), Giedo van der Garde (victorieux avec G-Drive), ou encore Will Stevens (G-Drive).

En un mot, il n’y a pas que la F1 dans la vie, et si les pilotes eux-mêmes savent l’apprécier, nous sommes certains que vous aussi ! Bon week-end de sport auto à tous !

 

Marc Gene et Fernando Alonso
 
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Auteur Guillaume Navarro