Les écuries prêtes à s'opposer à la FIA sur le marsouinage

La réunion de la Commission F1 prévue cette semaine, entre deux Grands Prix, s'annonce plutôt brûlante entre les écuries et la FIA.

Les écuries prêtes à s'opposer à la FIA sur le marsouinage
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Le projet de la FIA d'instaurer une valeur limite pour le marsouinage, mais aussi de serrer la vis concernant les planchers flexibles, va se heurter cette semaine à la contestation des écuries lors d'une réunion de la Commission F1. De nombreux dossiers chauds seront à l'ordre du jour à cette occasion, avant le Grand Prix d'Autriche prévu en fin de semaine. Car il y a également la problématique du plafonnement budgétaire, à l'heure où l'inflation plus forte que prévu met certaines équipes dans l'embarras pour respecter le Règlement Financier.

Cependant, le marsouinage sera vraisemblablement le sujet le plus brûlant alors que les écuries contestent l'approche de la FIA et les deux Directives Techniques récemment publiées. Plusieurs d'entre elles estiment que le législateur n'a pas à intervenir pour limiter le phénomène d'oscillation des monoplaces, et sont mécontentes du fait de voir la FIA s'immiscer dans la manière dont seraient réglées les autos. Le tout dans un sport où la quête de la performance maximale est théoriquement valorisée. "Quelle sera la prochaine étape ? Une métrique pour les pistes mouillées qui nous oblige à passer des slicks aux intermédiaires lorsqu'une certaine quantité de pluie est tombée ?", s'interroge d'ailleurs un directeur d'équipe.

Chez Red Bull Racing, Christian Horner estime qu'il est important que toute la situation soit évoquée de manière transparente, plus particulièrement dans la manière dont la FIA peut intervenir. "Je pense qu'il faut discuter du processus", a prévenu le Britannique le week-end dernier. "Les Directives Techniques ne devraient pas contenir des changements de réglementation, il y a une gouvernance et un processus pour ça. Je pense donc que nous devons simplement discuter de la raison exacte pour laquelle [elles ont été publiées]. Il ne semble pas y avoir eu beaucoup de marsouinage lors de cette course [à Silverstone]. Les équipes règlent le problème. Je ne pense pas que cela nécessite une intervention via une Directive Technique."

Alors qu'elle a énormément souffert du marsouinage en début de saison, l'écurie Mercedes est elle aussi perplexe devant l'intervention de la FIA. Les ingénieurs de l'équipe allemande ont d'ailleurs expliqué que la W13 n'aurait pas pu respecter à Bakou la valeur que l'instance veut mettre en place.

"Ce que nous avons dit à la FIA, et nous soutenons leurs efforts, c'est que nous allons résoudre ces problèmes pour le bien de nos propres performances", explique Andrew Shovlin, directeur de l'ingénierie piste à Brackley. "Franchement, la valeur que la FIA établit n'est pas une distraction particulière pour nous. Nous espérons sincèrement que, peu importe la valeur qu'ils proposent, nous ne la dépasserons pas et nous ferons rouler la voiture comme nous le souhaitons, car c'est exactement ce que nous essayons de faire pour améliorer les chronos."

Quid des planchers flexibles ?

Alors que la FIA a récolté énormément de données lors des deux derniers Grands Prix, elle souhaite désormais freiner une pratique découverte chez certaines écuries : celle du recours à des planchers trop flexibles. Cette suspicion entoure certaines monoplaces dont le plancher se déformerait de manière trop prononcée en se rapprochant du sol, offrant un gain de performance évident. La FIA souhaite serrer la vis à ce sujet à partir du Grand Prix de France, fin juillet.

Sur ce point, Red Bull considère que la FIA ne peut pas modifier un règlement au nom du fait que certains concurrents ont réussi à le contourner intelligemment. "Il faut que ce soit tout noir ou tout blanc dans le règlement", estime le directeur de Red Bull. "Sinon, je pense qu'on se retrouvera avec une encyclopédie parfois trop complexe. Et il n'y a pas d'intention non plus dans un règlement : c'est quelque chose de binaire. Je pense donc il y a beaucoup de choses à l'ordre du jour de la réunion de la commission, et deux heures ne suffiront peut-être pas."

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