Faux départ pour le Safety Car...

Ces dernières années, le fameux "Safety Car" (voiture de sécurité) aura neutralisé bon nombre de courses

Ces dernières années, le fameux "Safety Car" (voiture de sécurité) aura neutralisé bon nombre de courses. Si son utilisation fait souvent débat parmi les passionnés de Formule 1, elle reste néanmoins moins chaotique que lors de sa première apparition officielle, voici 40 ans...

En 1973, la mort rôdait encore à chaque course... Les images de l'incendie de la March de Roger Williamson à Zandvoort (Pays-Bas), enfermé dans ce brasier malgré les efforts de David Purley, auront marqué les esprits. De par la tragédie même, mais aussi par le manque d'organisation des secours. En effet, ceux-ci n'ont pu apporter le matériel nécessaire étant donné que les voitures tournaient encore à pleine vitesse. Bernie Ecclestone -déjà- suggéra alors la présence d'une voiture de sécurité, suivant l'exemple des courses américaines.

Le Grand Prix du Canada à Mosport donna l'opportunité à celle-ci de faire sa première apparition. Jody Scheckter et François Cevert s'accrochèrent, et la présence de la Tyrrell du Français en pleine trajectoire nécessita la sortie de la dite voiture de sécurité. Hélas la course avait sombré dans la confusion : la piste détrempée au départ avait séché, nécessitant des changements de pneus qui étaient une denrée rare à l'époque. L'étroitesse de la ligne des stands et l'inexpérience des mécaniciens ont provoqué une belle pagaille qui fit perdre le fil aux chronométreurs, que ce soit ceux des équipes ou les officiels...

Ainsi, lorsque le Safety Car fut sorti, le directeur de course informa le secrétaire de l'association des constructeurs (qui était à l'intérieur de la voiture) du mauvais leader : il nomma Howden Ganley, alors huitième, plutôt que le vrai leader, Jean-Pierre Beltoise. Pire, le temps que Ganley vienne derrière la Safety Car, il avait fait signe aux trois premiers (Beltoise, Jackie Oliver et Peter Revson) de le dépasser. Ainsi ceux-ci ont pu faire un tour complet, ce qui leur donna un tour d'avance sur les autres ! Aux yeux des observateurs, le leader restait Ganley quand le Safety Car s'effaça, mais dans les faits, ce fut tout autre chose...

Au final, Peter Revson (Mclaren) gagna alors la course devant Emerson Fittipaldi (Lotus) qui avait refait une partie de son retard et qui semblait être le vainqueur désigné après avoir pris la tête. Colin Chapman lança même sa fameuse casquette en l'air, puisque tel était le rituel du génial ingénieur en cas de victoire d'une de ses voitures. Mais malgré ses protestations, la victoire de Revson fut entérinée après quatre heures de délibérations, le temps de parcourir le tour par tour... Encore aujourd'hui, il est difficile de dire qui a "vraiment" gagné la course...

Ayant plus perturbé la course qu'autre chose, le Safety Car se fit alors oublier avant de réapparaître vingt ans après. Le Grand Prix du Brésil 1993 fut marqué par un orage qui avait provoqué une foule de sorties de piste, notamment celle d'Alain Prost. Cette fois, la voiture se posa devant le bon leader et n'entraîna aucune méprise. Quelques mois après, pour le Grand Prix de Grande Bretagne, elle intervint de nouveau pour faciliter l'évacuation de la Lola de Luca Badoer... qui ne gênait pas spécialement ses collègues...

Et ainsi commença pour de bon l'ère de la Formule 1 avec le Safety Car...

Abonnez-vous à la newsletter

Écrire un commentaire
Montrer les commentaires
A propos de cet article
Séries Formule 1
Pilotes Luca Badoer , Roger Williams , Alain Prost , Emerson Fittipaldi , Jackie Oliver , Jody Scheckter , Bernie Ecclestone , Jean-Pierre Beltoise , François Cévert , Howden Ganley , Peter Revson , Colin Chapman
Équipes Williams
Type d'article Actualités