Vers une Ferrari 2017 à la limite de l'interprétation du règlement ?

Le retour chez Ferrari du légendaire designer Rory Byrne s'est fait dans la discrétion ces derniers mois, mais sa présence aux côtés de Jock Clear lors des Autosport Awards a démontré qu'il faisait maintenant partie de la famille.

Âgé de 72 ans, celui qui a été le chef designer de la Scuderia pendant l'ère de domination de Michael Schumacher partage désormais son temps entre Ferrari et la Thaïlande, où il se voue à sa passion pour la pêche sous-marine.

Rappelé cette année pour occuper un rôle de consultant, Byrne a travaillé étroitement avec Simone Resta sur la Ferrari de 2017, dont le nom de code est 688, et plus précisément sur ce que des sources disent être un développement de concepts qui vont à la limite de l'interprétation du règlement.

Il s'agit d'une approche agressive que Ferrari n'a pas empruntée ces dernières années, tandis que des concurrents comme Red Bull et Mercedes ont toujours été enclins à pousser leur travail à la limite des règles dans leur quête de succès. 

Un exemple qui l'illustre est la manière dont Mercedes a incorporé la suspension avant hydraulique en exploitant le règlement qui était conçu pour aider Manor à faire rouler une voiture de la saison précédente en 2015.

Cependant, avec le nouveau règlement qui entre en vigueur l'année prochaine - destiné à améliorer les temps au tour de cinq secondes -, il est possible que les efforts fournis par le directeur technique Mattia Binotto s'avèrent payants.

Lors des Ferrari Finali Mondiali, à Daytona la semaine dernière, le directeur de l'écurie, Maurizio Arrivabene, a déclaré : "Notre année 2017 a débuté en août dernier avec un changement majeur sur le plan technique." 

"Les gens attendent beaucoup de Ferrari, des victoires et des succès, alors nous ferons notre maximum pour y parvenir. Depuis que la nouvelle structure a été mise en place, avec un grand ingénieur comme Mattia Binotto aux commandes, nous avons vu des signes positifs, comme au Japon et à Abu Dhabi."

Comment est-ce toutefois concevable qu'une équipe qui n'a pas gagné la moindre course en 2016 - après trois victoires et une deuxième place au championnat constructeurs un an plus tôt - puisse espérer devenir compétitive sans un important recrutement extérieur et en ayant perdu une force vive en la personne de James Allison ?

La réponse est donnée par le président Sergio Marchionne : "Nous avons réorganisé le management en août, et j'ai toute confiance dans le travail de Mattia Binotto. Je crois que la structure est désormais très bonne, même si certains changements sont toujours possibles. Mais les fondations majeures sont en place." 

La restructuration dont il est question implique 14 groupes de travail séparés, et une structure plus horizontale, qui permet davantage de contribution du personnel. Marchionne a établi des objectifs ambitieux, tandis qu'il est déterminé à ce que Ferrari exploite au mieux l'opportunité offerte par le nouveau règlement.

À Maranello, il se dit qu'un certain optimisme règne concernant les progrès effectués, car la voiture qui voit le jour est conforme aux attentes. Néanmoins, cela ne veut pas dire que Ferrari est assurément en passe de produire une voiture capable de gagner - cela dépend de ce que font Mercedes et Red Bull -, mais cela signifie que les chiffres dans les simulateurs et en soufflerie sont encourageants.

Au sein du département course, il existe véritablement le sentiment selon lequel l'équipe "doit" revenir au sommet, et une confiance silencieuse permet de travailler vers cet objectif. Mais, avec Binotto, Ferrari peut-elle vraiment trouver les idées qui seront nécessaires afin de concurrencer Mercedes et Red Bull ?

Nous le saurons certainement pendant les premiers essais hivernaux, quand les monoplaces seront présentées à Barcelone, mais il se murmure déjà que Ferrari, sous l'œil vigilant de Rory Byrne, a trouvé les solutions qui permettent une interprétation intelligente du règlement.

Si cela est vrai, la nouvelle Ferrari devrait avoir une approche plus agressive dans son design que ce que nous avons vu avec la SF16-H.

Et y avait-il une raison cachée derrière la motivation de Ferrari à contester la décision de la FIA concernant la pénalité infligée à Sebastian Vettel à Mexico ? Était-ce un test pour voir jusqu'où il était possible d'aller dans les sanctions et dans la manière dont l'instance dirigeante répondrait à la défiance, alors que certaines interprétations pourraient surgir quant à sa nouvelle voiture ? 

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Équipes Ferrari
Type d'article Analyse
Tags maranello, rory byrne, scuderia