Contenu spécial
Dossier

Contenu spécial

Ce que Ferrari doit faire pour battre Mercedes

partages
commentaires
Ce que Ferrari doit faire pour battre Mercedes
Par :
30 janv. 2019 à 09:12

Alors que Ferrari aborde la saison 2019 avec l'espoir de mettre fin à une longue période sans titre mondial, voici sept tâches de grande ampleur que l'écurie italienne doit selon nous accomplir pour y parvenir.

Ferrari n'a pas remporté le moindre titre en Formule 1 au cours des dix dernières saisons. L'écurie a historiquement connu des périodes de vaches maigres entre ses ères de succès, particulièrement les 15 saisons sans sacre entre les titres constructeurs de 1983 et 1999. Il est néanmoins impensable qu'une structure de son envergure et aussi renommée passe autant de temps sans décrocher la récompense ultime. Mais Ferrari est une bête sauvage au défi unique.

La récente décision d'évincer Maurizio Arrivabene de son rôle de directeur d'équipe après quatre saisons, et de le remplacer par l'ancien directeur technique Mattia Binotto, est le prix à payer pour une relative absence de succès. C'était la bonne décision, car il n'y avait pas seulement le manque de résultats d'Arrivabene, mais aussi l'impact qu'il avait sur l'équipe. Mener une opération devant aboutir à un titre mondial n'est jamais facile, mais c'est sans doute plus dur chez Ferrari que n'importe où ailleurs, et les qualités de leadership d'Arrivabene se sont avérées incompatibles avec la pression unique qui règne à Maranello. 

Lire aussi :

Mercedes est aujourd'hui l'équipe que Ferrari était auparavant : une machine victorieuse bien huilée et féroce, qui a remporté cinq doublés consécutifs au Championnat du monde. Infliger un coup dur à Mercedes, et à son pilote vedette Lewis Hamilton, était à portée de Ferrari lors des deux précédentes campagnes. Jamais l'expression "si proche et pourtant si loin" a semblé aussi appropriée, car tandis que Ferrari a repoussé Mercedes dans ses retranchements en 2017 comme en 2018, c'était en fin de compte loin d'être le cas lors des ultimes épisodes de la bataille.

Alors que doit faire Ferrari pour combler cet écart et franchir la dernière marche lui permettant d'infliger une défaite à Mercedes ? Il est clair qu'une révolution n'est pas nécessaire, mais dans son nouveau rôle, Binotto doit mettre l'accent sur plusieurs domaines clés qui, collectivement, pourraient aider à finir le travail.

Soulager la pression

Mattia Binotto, Ferrari Chief Technical Officer in

Plus facile à dire qu'à faire. Mais ce qui est clair et ressortait de la manière de diriger d'Arrivabene, c'était une méthode davantage basée sur la pression et autorisant la culture du reproche. C'est une approche inadéquate pour tirer le meilleur d'une écurie F1, constituée principalement de personnes extrêmement motivées et intelligentes. Il y aura toujours de la pression, mais la culture de l'équipe – et de son patron en particulier – peut la réduire. 

Le nouveau directeur Mattia Binotto fait partie de ces individus extrêmement motivés et intelligents, et a démontré lorsqu'il était directeur technique qu'il pouvait tirer le meilleur des gens sous ses ordres. Il y a toutes les chances qu'il puisse le faire en prenant en charge la totalité des opérations. L'année dernière, Motorsport.com lui avait demandé comment il avait repris en main le département technique, et sa réponse en disait long sur sa méthode. 

"Je crois qu'il est juste de dire que notre équipe, en matière d'individualités, est très forte", expliquait Binotto. "Nous avons des compétences très élevées. C'est une équipe fantastique à cet égard, dans tous les domaines, de l'unité de puissance au châssis, en passant par l'aéro. Je pense que ce dont nous bénéficions ces dernières saisons, c'est d'une certaine stabilité en matière d'organisation, ce qui est très important en F1. Grâce à la stabilité, on peut commencer à définir une méthode de travail, améliorer les procédures, le processus interne."

"Personnellement, je ne pense certainement pas être un expert dans tous les domaines. J'ai 25 années d'expérience en F1, j'ai connu une époque formidable avec Ferrari sur les circuits du temps de Michael Schumacher, mais je suis toujours quelqu'un qui est lié au moteur. Lorsque j'ai évolué vers ce rôle [de directeur technique], je crois que ce qui était important pour moi était de fixer les objectifs et m'assurer que tout le monde était à l'aise dans son rôle, comprendre le processus interne et mieux travailler, pas seulement individuellement mais collectivement."

"Nous avons concentré tous nos efforts sur le fait de travailler correctement en équipe, et d'oublier les individualités. C'est pourquoi, encore une fois, nous pensons la voiture comme un package complet, sans essayer de séparer les choses en fonction des composants ou des départements, car nous sommes une équipe et nous ne faisons pas rouler une unité de puissance ou un aileron, mais une voiture entière. Une fois encore, tout l'effort consistait à construire l'équipe et fixer les bons objectifs, faire avec, essayer d'être ambitieux. Je crois que c'est ce qui s'est passé ces deux dernières années."

La disparition de la culture du reproche est essentielle. Parfois, y compris dans certaines écuries F1, cet objectif est interprété à tort comme n'encourageant pas à isoler les domaines où il y a un problème. Ce qu'il représente en fait, c'est le fait que des individus sachent qu'ils peuvent mettre en lumière des problèmes ou des erreurs, même si ce sont les leurs, avec la certitude que l'accent sera mis sur le fait de les corriger plutôt que de les blâmer. 

Tout le monde fait des erreurs. La plus grande de toutes, c'est quand les dirigeants ne le reconnaissent pas et multiplient les erreurs et la politique en pensant l'inverse.

Ne pas se concentrer uniquement sur les résultats

Engineers work on the car of Sebastian Vettel, Ferrari SF71H, in the garage

Cela pourrait paraître contraire à toute logique, mais les excellents résultats sont la conséquence de processus sains et d'une résistance à la tentation d'aller trop loin. Oui, il y a des moments où l'on peut choisir d'être un peu plus agressif, ou légèrement plus conservateur, en fonction de la situation. Mais les écuries de F1 sont à leur meilleur niveau lorsqu'elles s'appuient sur de bonnes prises de décisions et de bonnes méthodes de travail.

Techniquement, Ferrari a été très impressionnant ces dernières années, concevant une voiture performante en 2017, qui était particulièrement bonne sur les circuits lents. Puis en s'appuyant là-dessus en 2018 avec une monoplace qui était meilleure sur une plus large variété de circuits. Cela laisse penser que, dans le fond, l'équipe est sur la bonne voie d'un point de vue technique. 

Là où les choses se sont mal passées l'année dernière, c'est avec les évolutions après le Grand Prix d'Italie, où l'équipe a donné l'impression de présumer de ses forces. Non seulement les nouvelles pièces n'ont pas apporté d'amélioration, mais elles ont parfois rendu la voiture moins compétitive (la faisant chuter dans la hiérarchie derrière Mercedes mais aussi derrière Red Bull Racing). C'est également devenu un élément de distraction.

Lire aussi :

La raison pour laquelle ces erreurs (liées notamment au fond plat) ont été commises n'est pas claire. Mais il y a toutes les chances que ce soit dû à la pression de la lutte pour le titre, et au besoin de rattraper Mercedes sur le plan comptable. Dans le même temps, Mercedes a redoublé d'efforts en se basant sur les méthodes et processus qui lui avaient permis de remporter les quatre titres précédents, et a été récompensé. 

Parfois, les équipes vont trop loin. Cela s'est vu à Suzuka, lorsqu'un pari ridicule a été fait en qualifications en envoyant les deux Ferrari en Q3 avec des pneus pluie sur une piste sèche. Au final, ça n'a pas coûté grand-chose, mais il faut parfois accepter que le meilleur résultat possible est d'être deuxième, et s'assurer de ne pas se retrouver encore plus distancé suite à un pari hasardeux et inutile. Si Ferrari met l'accent sur le fait de tirer le meilleur de ce qui est entre ses mains, et qui était bon lors de la première partie de saison, alors ça lui sera très utile. 

Tirer le meilleur de Vettel

Sebastian Vettel, Ferrari

Sebastian Vettel a été critiqué à juste titre pour la série d'erreurs qu'il a commises en 2018, ce qui lui a au minimum coûté l'occasion de prolonger davantage la lutte pour le titre. Il doit endosser une part de responsabilité, mais il avait de plus en plus l'air d'un homme portant le poids du monde sur ses épaules, dans une équipe qui perdait le contrôle. 

C'est un personnage sujets aux émotions. Lorsqu'il était chez Red Bull, son ingénieur de course Guillaume Rocquelin était particulièrement doué pour parvenir à le maintenir concentré pendant les Grands Prix. Vettel se plaignait également à la radio, mais pendant cette période, cela se transformait en moyen efficace pour le motiver. La saison dernière, l'environnement Ferrari semblait parfois passer à côté du rôle de soupape de décompression dont Vettel avait besoin.

Dans une interview réalisée dans le cadre de l'Autosport Podcast, l'ancien pilote d'essais de Ferrari, Luciano Burti, a laissé entendre que Ferrari aurait pu faire plus pour ramener Vettel sur de bons rails après son accident désastreux lors du Grand Prix d'Allemagne. 

"C'était vraiment une toute petite erreur, ça arrive, et il a été malchanceux que cela se produise au mauvais moment, au mauvais endroit, avec une énorme conséquence", explique Burti. "À partir de ce moment-là, je crois vraiment que quelqu'un comme Jean Todt [le président de la FIA a dirigé Ferrari de 1993 à 2007] lui aurait dit les bons mots. Je pense que Vettel s'est peut-être senti un peu seul pour assumer son erreur."

"Une fois que vous avez cette pression, si vous êtes pilote et que vous vous dites 'Je ne peux pas faire une erreur au prochain tour ou au prochain virage', vous la faites Une fois qu'on y pense, ça arrive. Je crois que c'est ce qui lui est arrivé. Même si c'est un grand champion, il est humain, et quand on a ce genre de sentiments, ça ne fait aucun bien. Il était livré à lui-même, et quelqu'un comme Jean aurait fait la différence pour le remettre dans le droit chemin, car ce n'est pas normal qu'un quadruple Champion du monde fasse autant d'erreurs, et parfois des erreurs stupides."

Cela ne veut pas dire que Vettel est exempt de reproches pour ce qui s'est passé, mais n'importe quelle équipe doit faire en sorte de tirer le meilleur de son pilote vedette. Ils ont tous leurs particularités, et c'est dans le bon environnement qu'ils sont les meilleurs. Si Binotto peut amener Ferrari vers un fonctionnement plus rationnel, studieux et calme – à son image d'antan –, alors Vettel pourrait être de retour à son meilleur niveau. 

Nombreux sont ceux qui ont supposé que Vettel était maintenant dépassé en F1. Il est possible qu'il le soit, mais il n'a pas remporté quatre titres mondiaux pour rien, et certaines de ses performances durant la première partie de saison étaient exceptionnelles. En ramenant Vettel dans la bonne fenêtre d'opération, la plupart des points d'écart avec Mercedes et Lewis Hamilton auraient disparu. 

Laisser Leclerc saisir sa chance

Charles Leclerc, Ferrari

Malgré tous ses problèmes de l'année dernière, Vettel aborde la saison 2019 dans la peau du leader de Ferrari et de candidat au titre. Mais ça ne veut pas dire, ou ne doit pas vouloir dire, que son nouveau coéquipier Charles Leclerc ne va pas lui donner le change. 

Leclerc s'est montré à la hauteur de tous les défis qu'il a dû relever durant sa carrière, mais le pilote de 21 ans fait face à la plus grande tâche jamais rencontrée en étant lâché dans l'environnement sous pression de Ferrari dès sa deuxième année en F1. C'était la bonne décision pour Ferrari après les excellentes performances de Leclerc chez Sauber, mais tout comme l'équipe doit s'assurer de tirer le meilleur de Vettel, elle doit appliquer la même chose pour Leclerc. 

Lire aussi :

En fin de saison dernière, on a eu la preuve que Ferrari faisait tout dans ce sens, l'ingénieur Jock Clear ayant confirmé en novembre qu'il allait travailler avec Leclerc. "J'ai beaucoup d'expérience avec les jeunes pilotes, et beaucoup d'expérience aussi avec les pilotes expérimentés", disait-il. "Avec Charles qui arrive, je l'aiderai de toutes les façons possibles pour lui rendre la vie plus facile, pour soulager un peu la pression, pour m'assurer que nous ayons le meilleur de Charles et de l'équipe au cours des années à venir."

Personne ne doute du fait que Leclerc a déjà atteint un niveau élevé en F1 et sera performant avec Ferrari, mais l'équipe doit être capable de s'adapter à son efficacité dès le début. Elle ne doit pas craindre la possibilité qu'il soit plus performant que Vettel, mais doit accepter aussi le fait qu'il ait besoin de temps pour s'adapter à un top team et exploiter son prodigieux potentiel. 

Ce qu'il ne faut pas faire, c'est le considérer comme un simple numéro deux dès le départ. Ferrari a fait le bon choix et soutenu un jeune pilote de manière sérieuse, donc il faut vouloir en tirer le meilleur. Cela passe obligatoirement par la gestion des retombées que cela aura sur l'équilibre d'une équipe dont Vettel est le leader depuis quatre ans. 

Savoir prendre des décisions difficiles

Kimi Raikkonen, Ferrari SF71H and Sebastian Vettel, Ferrari SF71H

Le contraste le plus frappant entre la gestion de Mercedes et celle de Ferrari la saison dernière concerne l'approche des consignes d'équipe. L'idée même des consignes est source d'une colère compréhensible chez les fans, mais c'est parfois un mal nécessaire pour les équipes. 

Lors du Grand Prix de Russie 2018, le directeur de Mercedes, Toto Wolff, a ordonné à Valtteri Bottas de laisser passer Lewis Hamilton en raison de la menace que constituait Vettel. Au final, ce n'était pas nécessaire, mais sur le moment, c'était une décision pertinente. Wolff n'a pas aimé prendre une telle décision, et s'était montré indécis en laissant entendre avant la course que ça n'arriverait pas, espérant qu'une situation aussi inhabituelle ne se présenterait pas. Mais lorsqu'elle est survenue, il a pris cette décision difficile. 

Chez Ferrari, Arrivabene a semblé ne pas vouloir le faire. À Monza, c'était au tour de Vettel de prendre la piste avant Kimi Räikkönen pour le dernier run des qualifications, offrant ainsi au Finlandais l'aspiration suffisante pour signer la pole position. Cela a directement exposé Vettel face à Hamilton dans le premier tour de course, et ce moment a constitué un tournant dans leur lutte pour le titre. Il y avait aussi eu de l'hésitation au Grand Prix d'Allemagne pour demander à Räikkönen de laisser passer Vettel après son arrêt au stand : une réticence inutile puisqu'ils étaient sur des stratégies décalées à ce moment-là. 

Dans une bataille serrée pour le titre, la clarté des idées dans de telles situations peut avoir une importance capitale. Si Binotto ne devrait pas s'autoriser à vivre une situation telle que celle du Grand Prix d'Autriche 2002, qui fut une mauvaise utilisation flagrante des consignes d'équipe, il doit cependant avoir la volonté de prendre des décisions difficiles. Cela ne veut pas seulement dire que Ferrari devrait aider Vettel, car si Leclerc était le plus performant, il faudrait la même volonté de placer un multiple Champion du monde en soutien si le besoin s'en fait sentir. 

Les comparaisons avec l'ère Todt sont inévitables, et l'une des caractéristiques de sa manière de diriger était le refus de se soucier de ce que pensait le monde extérieur. Il prenait ses décisions pour le bien de l'équipe. Les nouveaux dirigeants ne doivent pas se laisser intimider par des choix aussi difficiles. 

Mieux travailler avec les médias

Maurizio Arrivabene, Team Principal, Ferrari in the Press Conference

Cela peut apparaître comme une suggestion très égoïste, puisque Motorsport.com est un média spécialisé dans les sports mécaniques, mais interagir avec la presse est important. Arrivabene avait une attitude étrange avec la presse, une attitude distante qui laissait imaginer une véritable peur. Il y avait surtout beaucoup trop d'inquiétudes par rapport à ce que la presse italienne disait. 

Lorsque Ross Brawn avait rejoint Ferrari, il avait mis fin à la pratique consistant à partager les coupures de presse entre tous les départements de Maranello, afin d'éliminer la pression extérieure et d'assurer une meilleure concentration interne. Faire en sorte que la presse soit heureuse ne devrait pas être un objectif pour une équipe, mais cela a de la valeur, à la fois pour avoir un poids politique dans le paddock, et aussi pour communiquer avec votre propre personnel. 

Lire aussi :

De nos jours, les écuries sont gigantesques, et il est impossible d'avoir les relations que tout le monde aimerait entre les dirigeants et le personnel. Ainsi, beaucoup de monde au sein des équipes a recours à la presse pour comprendre certaines affaires, mais aussi pour comprendre ce qui se passe au sein même de leur structure. 

C'est aussi une bonne manière de renforcer la culture d'entreprise. Chez Mercedes, les propos publics de Toto Wolff sur ce que fait son équipe correspondent généralement à ce qui se passe en interne, et cela soutient une approche qui ne repose pas sur la peur des représailles, mais sur la collaboration et la communication. Une écurie de F1 peut utiliser ses propos publics à son avantage, et c'est ce que Ferrari doit faire. 

Ne pas trop changer

Sebastian Vettel, Ferrari SF71H

Ferrari n'a pas besoin d'une révolution pour battre Mercedes. Depuis ses débuts chancelants lorsque l'ère V6 turbo hybride s'est ouverte, elle est de manière générale sur une courbe ascendante, avec des changements techniques particulièrement importants en 2016. 

L'équipe a un bon staff, un palmarès qui démontre son aptitude à produire des monoplaces compétitives, un pilote plusieurs fois Champion du monde, un des plus grands talents que la F1 a pu voir arriver dernièrement, un budget énorme, et une capacité à remporter des courses face à un adversaire redoutable lorsque la lutte est serrée. 

De nos jours, en sport de haut niveau, tout est question de gains marginaux, et avec les fondamentaux bien établis, la priorité devrait être de réaliser de petites améliorations là où c'est possible, afin de s'assurer que la culture soit la bonne pour maximiser le potentiel de l'équipe. Faites-le, et la période de disette de Ferrari pourrait toucher à sa fin. 

 

/div>
Article suivant
Le GP du Mexique se désolidarise des critiques de la FOPA

Article précédent

Le GP du Mexique se désolidarise des critiques de la FOPA

Article suivant

Mercedes annonce la présentation de sa F1 2019

Mercedes annonce la présentation de sa F1 2019
Charger les commentaires
Soyez le premier à recevoir
toute l'actu